Philippe Juvin, le modéré qui détonne à droite – Le Figaro, 10 juillet

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PORTRAIT – Le député Les Républicains des Hauts-de-Seine défend une ligne désormais minoritaire au sein de sa famille politique.

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Attablé, l’œil vif et ayant à peine touché au café – court – commandé plus tôt, Philippe Juvin croit bon de le préciser une bonne fois pour toutes: «Je suis un homme de droite et un homme libre.»
 

En théorie, une telle déclaration n’a rien de surprenant, elle est même raisonnable. La mettre en pratique est, en revanche, une tout autre affaire. Le député Les Républicains (LR) en sait quelque chose – lui qui défend la ligne d’une «droite modérée», qu’il reconnaît volontiers «minoritaire» au sein de sa famille politique. «Je l’assume», affirme le chef des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou.

Philippe Juvin fait partie de ces parlementaires LR ayant prôné un pacte de gouvernement avec la majorité présidentielle. Faut-il y voir une forme de bienveillance à l’égard de la macronie? Quand certains élus se montraient peu tendres à l’égard d’Élisabeth Borne, Philippe Juvin, lui, s’était bien gardé de toute critique. «Ce qu’elle a dit me plaît dans la méthode. Elle veut travailler avec tout le monde? Chiche!» Plus récemment, le député des Hauts-de-Seine affirmait au Figaro avoir été approché par l’exécutif pour entrer au gouvernement – ce que l’entourage présidentiel a ensuite démenti. Une proposition qu’il aurait refusée par «fidélité» à sa famille politique et considérant «inefficaces» les «prises de guerres». Avant d’insister: «Je suis dans l’opposition. Ce qui ne doit pas nous empêcher de travailler avec la majorité.»

Ciotti: «Nous ne sommes pas un parti centriste»

Un discours qui détonne tandis que, dans son propre camp, et à quelques mois de l’élection du nouveau président de parti à laquelle il n’exclut pas de participer, d’autres lignes idéologiques se dessinent. Éric Ciotti, qui a récemment déclaré ne pas «dire non» à la présidence des Républicains, estime le moment venu de porter un «message beaucoup plus à droite». «Nous ne sommes pas un parti centriste. Nous avons trop dérivé», a-t-il déclaré sur BFMTV. «Je suis pour une droite plurielle et non monomaniaque. Sinon elle meurt, rétorque Philippe Juvin. Il est plus complexe d’être modéré que d’être radical.»

Alors, combien de temps cet ancien soutien de Valérie Pécresse peut-il tenir? «Je ne suis pas si isolé que cela. Un certain nombre de députés et de sénateurs me font savoir qu’ils partagent mon positionnement», argue-t-il. Dans le parti, certaines voix se font même entendre pour le défendre, à l’instar du député des Ardennes, Pierre Cordier. Malgré un positionnement idéologique différent, il considère que «Juvin a vraiment sa voix chez nous». «C’est bien qu’il soit là même s’il pense différemment. C’est cela notre richesse.» Ce que Pierre-Henri Dumont confirme, en estimant que «chacun peut avoir son opinion sur le travail à mener avec la majorité». «La question est: est-ce qu’on joue collectif ou sa carte personnelle? Pour l’instant, Philippe Juvin ne nous a pas fait défaut.»
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