Le 10 juin dernier, j’ai organisé un colloque parlementaire relatif au contrôle des investissements étrangers en France.
Un constat en ressort : les investissements étrangers sont une richesse pour notre pays, à condition de les choisir avec rigueur.
Un investissement étranger est d’abord une marque de confiance. Quand des capitaux venus d’ailleurs choisissent la France, ils témoignent de son attractivité et soutiennent son tissu économique. Cette réalité, il faut savoir la défendre, tant elle est trop souvent éclipsée par les seuls réflexes défensifs.
Mais de la confiance à la naïveté, il n’y a qu’un pas. Dans un monde où les rapports de force entre nations se sont considérablement durcis – de l’invasion de l’Ukraine aux guerres tarifaires imposées unilatéralement – certains investissements dissimulent une logique de captation plutôt que de coopération. Acquérir une entreprise française stratégique pour éteindre ses capacités ou s’approprier ses savoir-faire : telles sont les logiques d’investissement prédatrices que nous ne pouvons laisser prospérer.
C’est précisément ce que ce colloque parlementaire s’est attaché à nommer et à contenir.
Ce travail a commencé il y a vingt ans avec les décrets « Villepin ». Il s’est poursuivi sous tous les gouvernements successifs, au fil d’un consensus rare traversant l’ensemble du spectre politique. Cette continuité transpartisane s’incarnait dans la salle : Roland Lescure, Arnaud Montebourg, Michel Barnier, Aurélie Trouvé, François Jolivet, Hervé de Lépinau. Peu de sujets réunissent autant de personnalités différentes autour d’une même cause.
Laurent Wauquiez a ouvert nos travaux en convoquant Georges Pompidou : la France, rappelait-il, ne vend pas la vache qui la nourrit. Une formule qui résume à elle seule cet enjeu crucial. Forte de son expérience au ministère des Armées, Michèle Alliot-Marie a témoigné avoir identifié très tôt, bien avant que le sujet ne s’impose dans le débat public, la menace stratégique que peuvent représenter certaines prises de participation étrangères. Damien Levie, conseiller à la Direction générale du commerce et de la sécurité économique, est venu rappeler que la vigilance ne s’arrête pas aux frontières nationales : la Commission européenne joue désormais un rôle croissant dans ce dispositif de protection collective, et c’est une bonne nouvelle.
Les tables rondes, animées par Pascal Dupeyrat, conseiller en transactions sensibles, et Patrick Hetzel, député et ancien ministre, ont donné toute leur substance à nos échanges.
Ce colloque a aussi été l’occasion de rendre hommage à Olivier Marleix, qui s’était profondément engagé sur ces questions. Son combat pour l’indépendance de la France, mené avec intégrité et constance, irrigue visiblement tous les mouvements politiques représentés ce 10 juin.
Vingt ans après les premiers décrets, les réponses existent. La volonté politique aussi. Mais le travail n’est pas fini. Protéger la France sans se fermer au monde est un équilibre permanent, pas une victoire définitive. Charge à nous, responsables politiques, de transformer cette volonté en actes. C’est le sens de ma proposition de loi, déposée en mars, qui élargit les secteurs contrôlés dans le cadre des investissements étrangers.






Vous pouvez trouver ci-dessous ma proposition de loi déposée fin mars à l’Assemblée, et visant à mieux protéger les intérêts stratégiques de la France.

