Pourquoi je n’ai pas voté la censure ?
Car les Républicains ont obtenu des victoires concrètes.
Soyons clairs : ce budget n’est pas celui que nous aurions adopté si une majorité de droite existait à l’Assemblée nationale. Mais l’alternative n’était pas un « meilleur budget ». L’alternative, c’était l’absence de budget pour la France.
Dans ce contexte, nous avons fait un choix de responsabilité : empêcher le pire et protéger l’essentiel.
Si certains clament que l’absence de budget aurait été préférable à celui qui a été adopté, ceux-là se gardent bien de dire que les classes moyennes auraient été assommées par deux milliards d’euros d’impôts supplémentaires : en effet sans budget, pas de relèvement du barème de l’impôt sur le revenu. 18 millions de foyers auraient alors vu leurs impôts augmenter, et 200 000 nouveaux foyers auraient été assujettis à l’impôt sur le revenu.
Plus grave encore : faute de budget, la France serait entrée dans une période d’incertitude et d’instabilité, avec des conséquences délétères pour l’économie. L’instabilité est mortifère pour les chefs d’entreprise dont le premier réflexe est de geler investissements et embauches. La France aurait également dû emprunter sur les marchés financiers à un coût beaucoup plus élevé, alors même que la charge de la dette nous a coûté déjà 52 milliards d’euros en 2025.
Ensuite, il faut rappeler que c’est un budget de compromis. Avec le groupe Droite républicaine, nous avons pesé et décroché plusieurs victoires : l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est maintenu, tout comme la réduction d’impôt pour frais de scolarité. Les pourboires demeurent exonérés d’impôts. Enfin, nous avons également protégé les familles, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap en préservant le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile.
Nous avons également baissé des crédits de nombreux ministères hors missions régaliennes, plafonné des taxes affectées aux opérateurs de l’État, réduit les dépenses de fonctionnement, ajusté le budget de France 2030 pour tenir compte de trésoreries excédentaires, baissé l’aide publique au développement. Grâce à ces choix nous pourrons tenir l’objectif d’un déficit public à 5 % du PIB.
Il y a également les victoires que l’on ne voit pas, celles qui ont empêché la gauche d’alourdir la fiscalité sur notre pays, et en particulier sur la classe moyenne. Grâce aux députés de la Droite Républicaine, il n’y a pas de nouvelle fiscalité sur le vapotage, pas de durcissement du malus automobile, pas de hausse sur les droits de succession ou de la fiscalité sur l’assurance vie. Surtout, nous avons empêché la taxe Zucman, qui aurait mis au tapis nos entreprises. La gauche comptait également supprimer le pacte Dutreil, nous nous sommes battus pour le préserver parce que nous savons que ce dispositif est indispensable à la transmission des entreprises familiales, et donc à la bonne santé économique du pays. De nombreuses autres propositions d’alourdissement de la fiscalité ont été proposées et nous avons été en mesure de les repousser.
Oui, il subsiste une ombre au tableau : la surtaxation des plus grandes entreprises. Nous y étions opposés et aurions préféré davantage d’économies sur la dépense publique. Nous n’avons pas obtenu gain de cause sur ce point.
Mais sans notre présence et notre fermeté, le résultat aurait été bien pire.
En conclusion, ce budget n’est ni de gauche, ni de droite. Il est le fruit des négociations entre chacun des partis politiques. Nous l’avons dit, il n’est pas parfait, mais il a un mérite que les précédents n’ont pas : en faisant travailler le Gouvernement et les parlementaires comme rarement auparavant, le texte final est particulièrement démocratique. Rarement dans la Vè République les députés n’ont autant pesé dans les négociations. Ainsi ce budget illustre la vitalité démocratique qui anime notre pays, cela nous invite à reconnaître les efforts déployés
Ce budget porte aussi une bonne nouvelle pour notre pays : l’augmentation du budget de nos forces armées de 6,7 milliards d’euros leur permettant de mieux anticiper et affronter les menaces extérieures, comme la Chine ou la Russie, mais aussi des États-Unis. Il aurait été irresponsable de ne pas accroître leurs moyens, au vu du contexte actuel. C’est un effort en faveur de notre souveraineté, de notre sécurité et de notre crédibilité internationale Dans ce monde instable, la France ne peut pas se permettre d’être un bateau ivre, sans Gouvernement ni budget.
Ce budget n’est pas un aboutissement. C’est un budget de transition, dans un contexte contraint. Notre responsabilité, aujourd’hui, est d’éviter le chaos. Demain, notre responsabilité sera de proposer un véritable budget de redressement, fondé sur le travail, la compétitivité, la maîtrise de la dépense publique et la souveraineté nationale — avec une majorité claire pour le porter.

