Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes
Président de la fédération Les Républicains des Hauts-de-Seine

Philippe Juvin Maire de La Garenne-Colombes Député européen - Part 2

L’Europe, 60 ans après le traité de Rome – LCP – 23/03/2017

L’Europe, 60 ans après le traité de Rome – Europe hebdo (23/03/2017)

L’Europe, 60 ans après le traité de Rome – Ça vous regarde (23/03/2017)

Meeting de François Fillon à Courbevoie – 21/03/2017

Résultat de la Question de la Semaine

Meeting de François Fillon à Caen

Ce jeudi 16 mars, François Fillon a été accueilli par Joël Bruneau, Maire de Caen et par Hervé Morin, Président de la Région Normandie, au Zénith de Caen!

Retrouvez ci-dessous l’émission Europe Hebdo sur Public Sénat



Brexit//Revenu universel – Europe hebdo (16/03… par publicsenat

Retrouvez ci-dessous le débat LCP sur la fin de vie, de l’euthanasie et des soins palliatifs


Meeting de François Fillon à Orléans

Ce mardi 7 mars, François Fillon a été accueilli par Olivier Carré, Député-Maire d’Orléans et Serge Grouard, Député du Loiret, au Zénith d’Orléans !

Communiqué de presse : « Mini-Sommet européen : il faut oser l’Europe à plusieurs vitesses pour sauver l’Europe »

François Hollande a convoqué un mini-sommet à Versailles avec les Allemands, les Espagnols et les Italiens.

Les Républicains saluent l’objectif qui est de réfléchir au devenir de l’Union européenne.

En revanche, le peu de publicité fait à cette réunion, ainsi que le parti pris d’éviter d’emblée toute position tranchée est une caricature de ce que nous connaissons depuis cinq ans : pas de position claire, pas de décision affirmée, pas de volonté.

Pourtant l’Union européenne est malade. De plus en plus, l’Union n’agit plus ou pas assez ou encore avec retard. Elle se contente souvent de publier des intentions d’agir.

Nous pensons qu’il faut réformer l’Europe en l’organisant en cercles à plusieurs vitesses : une Union européenne très intégrée, autour d’une zone euro renforcée et exigeante, et un second cercle organisé essentiellement autour du marché unique.

Si nous n’allons pas vers cette Europe à plusieurs vitesses, l’Union se défera peu à peu. Nos pays se retrouveront seuls face aux Américains, aux Chinois et aux Russes.

Et nous ne pèserons plus.

Il faut oser une Europe à plusieurs vitesses pour sauver l’Europe.

Résultats de la Question de la Semaine

Tribune dans Valeurs Actuelles : Lutter contre les lobbys du tabac pour redonner 3 milliards d’euros par an aux Français, 20 milliards aux Européens

Les campagnes électorales sont trop souvent l’occasion pour les candidats de proposer pléthore de dépenses nouvelles, parfois jusqu’à la caricature. Leur financement est souvent flou en dehors du matraquage fiscal dont les classes moyennes sont généralement les premières victimes.

La facilité, c’est d’augmenter les prélèvements obligatoires. Le courage politique, c’est de trouver des financements nouveaux, non pénalisants, quitte à remettre en cause certaines – mauvaises – habitudes, quitte à s’attaquer à certains intérêts, notamment ceux relevant de la finance internationale, qu’avait si bien condamnée le candidat François Hollande dans son si vibrant discours du Bourget de janvier 2012, avant que le président François Hollande renonce une fois installé dans le confort des attributs du pouvoir.

Je propose au futur président le République une manne annuelle de 3 milliards d’euros, qu’il peut obtenir sans le moindre investissement, sans la moindre dépense publique. Pour obtenir cette somme gigantesque, il suffit de s’attaquer au lobby du tabac, pour mettre fin au commerce parallèle de tabac.

Plus de 25% du tabac fumé en France est acheté en dehors du réseau officiel des buralistes. Ce commerce parallèle représente plus de 3 milliards d’euros de pertes fiscales annuelles pour la France. Depuis l’explosion de ce phénomène en 2004, l’Etat et les contribuables français ont ainsi perdu plus de 35 milliards d’euros !

La France n’est pas la seule concernée par ce fléau, l’Union européenne l’est également, bien qu’il n’existe pas de chiffrage précis. La Commission estime la perte fiscale annuelle à 10 milliards d’euros. Mon collègue député européen du PPE Thomas Zdechovsky vient de la chiffrer à 11,3 milliards d’euros. Là encore, c’est colossal, mais certainement en deçà de la réalité puisque cette perte fiscale est de 3 milliards pour la France on l’a vu, elle est de 3,5 milliards pour la Grande-Bretagne et de 2 milliards d’euros pour la Grèce. Difficile dès lors d’imaginer qu’elle ne soit que de 3 milliards pour les 25 autres Etats membres. La perte fiscale annuelle engendrée par le commerce parallèle de tabac pour l’Union européenne est ainsi certainement proche des 20 milliards d’euros. Si le tabac était acheté dans le pays où il est fumé, les Etats récupéreraient ces sommes gigantesques.

Contrairement aux idées reçues, les cigarettes et le tabac à rouler qui alimentent le commerce parallèle ne sont pas issus de la contrefaçon comme tentent de le faire croire les fabricants de tabac ou leurs relais. Ce tabac sort de leurs usines ; il a été fabriqué et vendu par eux. L’exemple d’Andorre est particulièrement révélateur. Dans ce « grenier du trafic de tabac de l’Europe du Sud », les cigarettiers livrent chaque année 850 tonnes de tabac alors que 120 tonnes suffisent pour satisfaire le marché domestique. Pourquoi ? Pour nourrir le marché parallèle français. Au Luxembourg, sur les 2,84 milliards de cigarettes vendues en 2016, les quatre cinquièmes l’ont été par des étrangers. D’ailleurs ce sont les cigarettiers eux-mêmes qui chiffrent avec précision leur forfait : dans une interview publiée en novembre 2016 dans le journal des buralistes français, Le Losange, une dirigeante de la Seita-Imperial Tobacco estimait que le commerce parallèle n’était composé qu’à 0,2% de contrefaçon et de 1% de « marques blanches » reconnaissant ainsi benoîtement que 98,8% du commerce parallèle était issu de leurs usines. Il faut le dénoncer, les cigarettiers organisent sciemment la contrebande.

Jusqu’à présent, il n’existait pas d’outil juridique pour contrôler les quantités de tabac fabriquées par les cigarettiers, et leur flux au travers des pays. Ce n’est plus le cas avec le Protocole de l’Organisation Mondiale de la Santé « pour éliminer le commerce parallèle de tabac », ratifié par la France le 30 novembre 2015 à l’unanimité  de l’Assemblée Nationale et du Sénat, ce qui n’est pas si commun, et par l’UE le 24 juin 2016, après un vote à une écrasante majorité du Parlement européen et un accord unanime des 28 Etats membres. Ce Protocole est une révolution qui fait trembler les cigarettiers. Il comporte toutes les mesures pour lutter efficacement contre le trafic illicite sur le plan national, européen et international. En particulier, il impose une traçabilité sécurisée et indépendante de chaque contenant de tabac (paquet de cigarettes, poche de tabac à rouler, cartouche, carton, palette, container) sous le contrôle de l’Etat (article 8-12), et oblige même les cigarettiers à payer cette traçabilité (article 8-14). Chaque paquet étant numéroté, il devient possible de le suivre et de mettre à jour les circuits parallèles. Chaque paquet étant numéroté, il devient possible de remonter les filières, et de condamner plus lourdement les auteurs d’attaques de buralistes, ou des camions de livraison de tabac.

A ce jour, ce texte est resté lettre-morte en raison du lobbying forcené des cigarettiers, tant en France auprès de l’actuel gouvernement, qu’à Bruxelles. L’enjeu pour eux est majeur. La traçabilité mettrait à jour leur rôle dans le commerce illicite. Ce commerce parallèle leur permet de contourner les politiques de santé publique et de mettre à disposition des fumeurs, les adolescents notamment, du tabac à bas prix. Le commerce parallèle leur permet donc de trouver leurs clients à venir.

Chaque jour qui passe sans mise en œuvre du Protocole de l’OMS est une victoire pour les fabricants de tabac, mais fait perdre 8 millions d’euros aux caisses de l’Etat. Chaque jour qui passe permet aussi à des réseaux mafieux voire, pis, terroristes, de se financer grâce à ce commerce parallèle. Le dernier réseau démantelé à Toulouse, en décembre dernier, organisé par des sans-papiers et qui s’approvisionnait en Andorre avec le tabac fabriqué et livré par les cigarettiers donc, réalisait un profit net hebdomadaire de 20 000 euros. La duplicité des cigarettiers peut donc être le premier stade de la criminalité. Chaque jour qui passe nous fait également courir le risque d’un drame humain, un buraliste se faisant agresser ou cambrioler chaque jour.

Qu’attend-on pour agir, pour récupérer ces milliards et les rendre aux contribuables ? Les cigarettiers font trembler la Commission européenne à Bruxelles et la Ministre de la Santé en France. Pourquoi ? Un jour nous devrons le savoir.

Je demande à ce que le futur président de la République mette immédiatement en place la traçabilité indépendante des produits du tabac telle que définie par la Protocole de l’OMS, pour récupérer 3 milliards d’euros par an, et mettre fin à l’insécurité quotidienne que vivent les buralistes.

Je demande également à ce que le futur président de la République convainque ses collègues de l’UE de faire de même pour que l’UE récupère 20 milliards d’euros par an.

Dans l’attente, je vais créer au sein du Parlement européen un groupe de députés européens, qui s’assignera la mission de veiller à ce que la Commission ne soit plus perméable aux pressions des quelque 200 lobbyistes du tabac en poste à Bruxelles. Le Parlement européen a lui montré son intransigeance face au lobby du tabac en mai 2016 en votant d’une part en faveur de la ratification du Protocole de l’OMS et d’autre part contre le renouvellement d’un « accord de coopération de lutte contre le commerce illicite » signé entre l’UE et Philip Morris, au motif qu’« on ne fait pas garder son poulailler par un renard ».

Ne courbons plus l’échine devant les lobbys.

Editorial du Maire – mars 2017 : Plus de trains (et de trams) à La Garenne !

Chère Garennoise, Cher Garennois,

Depuis plusieurs années, la régularité des trains desservant La Garenne s’est dégradée. Trains en retard (ou en avance), trains annulés sans crier gare, trains non prévus (rarement…), trains directs devenant omnibus, ou le contraire, trains décidant de finir à Bécon, annonces sur le quai parfois totalement décalées avec la réalité, ou pas d’annonce du tout.

Tous les cas de figure se voient, à tel point qu’il n’est quasiment plus possible de prévoir un délai fiable de trajet entre La Garenne (ou les villes voisines) et Saint-Lazare. Le cirque est quotidien et les Garennois en sont les victimes. Toutes les villes desservies par la ligne L du Transilien, soit plus de 300.000 voyageurs par an, subissent ces dysfonctionnements. La situation est devenue invivable et inacceptable. Merci la SNCF.

Face à un tel traitement du client (que la SNCF continue parfois d’appeler un « usager », ce qui en dit long sur l’état d’esprit), nous avons tenté d’agir. Après des mois de siège de la direction régionale, de multiples réunions (et j’avoue quelques interventions de nature politique), j’ai le plaisir de vous informer que le nombre de trains devrait (j’utilise un conditionnel, prudence et expérience aidant) presque doubler en 2018.

Sous la pression de quelques communes et particulièrement de La Garenne qui est quasiment la seule commune du 92 à avoir assisté à toutes les réunions avec elle, la SNCF a élaboré une nouvelle grille de circulation des trains. Il nous fallait cette nouvelle grille car nous ne voulions pas de rafistolage. Nous voulions des solutions pérennes et leur mise en place dans les meilleurs délais. A la décharge de la SNCF, la situation était (et reste) très complexe. Par exemple, une des raisons des retards réside dans le fait que certains tronçons des voies empruntées par nos trains sont partagés avec le RER A. Un dysfonctionnement sur le RER A à l’est de Paris peut conduire à un retard sur la ligne La Garenne- Saint-Lazare ! C’est incroyable pour le Béotien que je suis, mais c’est ainsi.

Mais au fond, peu importe l’intendance. Ce qui nous importe est le résultat. Et il est plutôt bon. La nouvelle grille prévoit ainsi une augmentation du nombre de trains : de 12 trains par heure en heure de pointe, on passera à 22. Les trains directs seront supprimés (ils le sont en fait déjà souvent dans les faits). Tous les trains seront omnibus entre La Garenne et Saint-Lazare. La SNCF s’engage également à lancer de très lourds travaux d’infrastructure pour améliorer encore les cadences. Nous vous en informerons lorsqu’ils seront définitivement actés.

En 2018, il y a aura donc plus de trains à La Garenne. Je tiens à remercier Jean-François Dransart, mon adjoint, et les services de la commune qui ont mené avec ténacité les négociations. Merci aussi aux nombreux Garennois, seuls ou regroupés en association (Collectif des Voyageurs en Colère ou association Plus de trains), dont les témoignages m’ont beaucoup aidé dans ces discussions.

Parallèlement, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, la RATP et le STIF nous ont informés que nos plaintes concernant le tramway avaient été (partiellement…) entendues. La ligne du tramway T2 a été renforcée avec la mise en circulation de 6 rames supplémentaires aux heures de pointe. Cette décision de la RATP et du STIF est un bon début. Même si j’ai toujours déclaré que le T2 était structurellement sous dimensionné (rames et gares trop petites, sorties trop petites notamment à La Défense).

Ces bonnes nouvelles sont, dans mon esprit, une première étape. Je continuerai, avec la Région, la SNCF, les villes voisines et les associations, à être
vigilant. L’effort doit se poursuivre. J’y veillerai.

Philippe Juvin
Votre maire, Député européen

Déplacement de François Fillon à Meaux chez Jean-François Copé – Lundi 27 Février 2017

Réunion de Sens Commun 92 à Garches

En présence de Madeleine de Jessey, Armelle Tilly, Jacques Gautier, Eric Berdoati, Denis Gabriel et Yves Menel

Invité de la matinale d’Itélé ce jeudi 23 février 2017


Philippe Juvin : Bayrou « a peur de ne pas faire… par ITELE

Réunion du Comité départemental Les Républicains à Suresnes le mercredi 22 février

Echanges entre les euro-députés français et François FILLON : pour exister, la France doit devenir la 1ère puissance européenne d’ici 10 ans

La Garenne-Colombes avec François Fillon

La Garenne-Colombes est pleinement mobilisée dans la campagne de François FILLON autour de Laurent ZACAROPOULOS et de Jack LAGADIC. Des opérations de terrain sont organisées toutes les semaines et nous avons reçu le lundi 20 février Isabelle DEBRE, Vice-Présidente du Sénat et Co-Présidente du Comité de soutien de François Fillon dans le 92, pour une réunion de travail.

Résultats de la Question de la Semaine

« L’EUROPE AU CŒUR DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE » Compte-rendu de la conférence du 2 février 2017 organisée par Sorbonne Communication

La conférence « L’Europe au cœur de l’élection présidentielle » organisée par Sorbonne Communication en partenariat avec le Taurillon, Toute l’Europe, le Parlement européen et la Représentation de la Commission européenne en France, portait sur la place de l’Europe dans la campagne présidentielle française. Partant du constat qu’elle avait été très peu évoquée pendant la Primaire de la Droite et du Centre et à peine plus au cours de la Primaire de la Belle Alliance Populaire (gauche), les intervenants ont avancé des pistes de réflexion.

Pourquoi l’Europe est délaissée dans la campagne présidentielle ?

Selon Edouard Bourcieu, représentant de la Commission européenne en France pour les questions commerciales, il y a ici un réel paradoxe car l’Europe est pourtant bel et bien au cœur des préoccupations des citoyens. Alors que les principaux débats de la campagne présidentielle s’articulent autour de sujets européens (sécurité, migration, économie, etc.), les candidats ne sont que rarement interrogés par les journalistes sur la place qu’ils souhaitent donner à l’Europe pour répondre à ces défis.

Philippe Juvin, deuxième invité de cette conférence et député Les Républicains (LR) / Parti Populaire Européen (PPE) au Parlement européen, s’est attaché quant à lui à souligner la complexité de l’Union européenne, qui rend son fonctionnement quasiment incompréhensible. Afin d’illustrer son propos, le député prend l’exemple de certains discours selon lui trop technocratiques prononcés par certains de ses collègues du Parlement ou par des journalistes. Il critique également « les discours euro-béats qui rendent l’Union illisible ». Cependant, le député nuance son intervention en reconnaissant que l’Europe est souvent utilisée comme bouc émissaire, montrant l’ambiguïté du personnel politique qui ne loue l’Union que quand elle sert son propos. Selon Philippe Juvin, ce n’est pas parce que les institutions fonctionnent mal qu’il faut arrêter de croire dans le projet européen : l’Europe est un moteur de puissance pour les « petits » États (entendus à l’échelle des grandes puissances mondiales), justifiant la nécessité d’œuvrer à la perpétuation de la puissance européenne « Il faut que les vieux États européens continuent d’éclairer le monde ».

Henri Weber, ancien député européen du Parti Socialiste (PS) / Socialistes & Démocrates (S&D), rétorque que dire que l’Europe marche mal c’est ne pas assumer, voire cacher, qu’il y a une différence entre le discours que les responsables politiques tiennent devant les médias et ce qu’ils vont réellement négocier à Bruxelles. Pour lui l’Europe est tout à fait présente dans la campagne : il y a ceux qui sont pour une sortie de l’Union et qui prônent un nationalisme de repli (à l’extrême droite ou à l’extrême gauche), et d’autres qui considèrent que pour faire face aux « GAFA » (Google, Apple, Facebook, Amazon) et aux puissances continentales, il faut rassembler les Européens pour affirmer notre souveraineté à l’échelle mondiale. En ce sens, le moteur franco-allemand doit, selon lui, continuer à jouer ou rejouer un rôle moteur comme il l’a été à travers l’histoire de la construction européenne.

Rendre l’Europe plus politique

Antoine Vauchez, quatrième et dernier invité de cette conférence, Directeur de recherche au CNRS au Centre européen de sociologie et de science politique (Université Paris 1-Sorbonne-EHESS), remarque que l’Europe n’est pas traitée en tant que telle (comme objet ou comme projet politique) mais plutôt comme un instrument dont on peut choisir de se servir ou pas. Elle est donc présente dans les programmes, mais il n’y a pas de méthode : comment fait-on de la politique européenne ? Comment réoriente-t-on le projet européen ? Comment repense-t-on le tandem franco-allemand ? Antoine Vauchez souligne ici qu’aucun programme présenté à ce jour ne commence par un diagnostic sur l’Europe. Les candidats ne posent pas la question de la gouvernance de l’Union et du comment ils proposent d’exercer cette gouvernance une fois élus.

Philippe Juvin réagit à ces propos en disant que l’Union est un objet institutionnel et non politique, et encore moins un objet politique de puissance. La gouvernance serait trop diluée avec 28 Commissaires et un Parlement européen qui ne possède pas de majorité absolue. Pour lui, la France n’occupe pas une place assez forte sur la scène européenne et il est nécessaire d’augmenter sa présence dans les institutions et l’administration européenne. [1] Antoine Vauchez rebondit sur le problème qui est évoqué ici en disant qu’il y a effectivement une responsabilité des élites et des médias qui font de l’Europe un objet ennuyeux, mais elle n’est pas toujours maltraitée. En profitant pour citer Jacques Delors, qui fut président de la Commission européenne de 1985 à 1995 : « On ne tombe pas amoureux du Marché unique ». L’enjeu réside dans la façon dont on parle de l’Europe et dont on la montre.

On touche ici un problème récurrent : le manque d’information et de connaissance de l’Union européenne et surtout de ses politiques. Pourtant, l’échelle européenne est parfois la plus pertinente pour promouvoir certaines positions par les États sur la scène internationale. Etienne Bourcieu nomme alors l’exemple des indications géographiques protégées fortement défendues par la France et dont la notion a été reprise dans l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Canada (le CETA).

Les Européens doivent aussi impérativement se rassembler pour faire face aux nouveaux défis (numérique, biotechnologies, économie circulaire, etc.), mais également pour élaborer « une politique continentale de sécurité et de défense pour lutter contre le djihadisme ou la puissance russe ». Henri Weber est convaincu que c’est en proposant et en mettant en œuvre une stratégie de politique européenne concrète que les candidats pourront reconquérir l’opinion publique sur ces sujets.

Les européens doivent être fiers de l’Union Européenne

Philippe Juvin pointe du doigt le fait que l’un des problèmes majeurs réside dans le fait que les Européens ne sont pas collectivement fiers de l’Union européenne. C’est pourquoi il propose qu’une histoire européenne commune soit enseignée à l’école dès le plus jeune âge. Mais les États étant vite rattrapés par leur égoïsme, il paraît difficile de mettre ce type de politique éducative en place à l’échelle européenne.

Edouard Bourcieu, constate quant à lui un problème d’incarnation et d’appropriation de l’Europe au travers de figures politiques par les citoyens. Le système des « Spitzenkandidaten » tente bien de répondre à ce problème en insufflant une nouvelle dynamique, mais le véritable test se fera aux élections européennes en 2019.

Antoine Vauchez va plus loin en disant que l’Europe est dépeinte comme un objet négatif, or « cette thématisation critique de l’Europe s’est transnationalisée » et c’est peut-être cela le plus inquiétant finalement. Un certain nombre d’organisations nationales telles que des partis politiques, des syndicats ou des associations refusent de prendre le parti de l’Europe et de participer à la construction d’identités européennes, car ils jugent que cette dernière ne produit pas les résultats attendus. Etienne Bourcieu intervient alors pour dire qu’il est indéniable que des gagnants mais aussi des perdants de la mondialisation existent, mais que c’est bien en se rassemblant que les Européens pourront les accompagner et remédier à ce problème.

Enfin, les questions avec la salle furent nombreuses mais essentiellement orientées sur les aspects économiques de l’Union Européenne et les difficultés qui les accompagnent. Il y a aujourd’hui en effet une asymétrie entre la facilité à construire des marchés et la grande difficulté à les réguler. L’Union est donc accusée de tous les maux, mais Henri Weber rappelle que sans la volonté des États Membres rien ne peut changer, et de terminer par ces mots : « l’Union européenne c’est avant tout l’adhésion à un système de valeurs dont il faut se pénétrer » et tendre vers une fédération d’États-nations.

Par Louise Guillot

Notes

[1Le parti Les Républicains propose une Europe à deux vitesses composée d’un premier cercle intégré (les pays de la zone Euro) et un deuxième cercle moins intégré (celui du Marché unique).

Résultats de la Question de la Semaine

Mon déplacement au Liban

Économie numérique : l’UE doit palier son retard !

« Les plateformes en ligne jouent aujourd’hui un rôle central dans l’économie numérique. Certaines d’entre elles, dont Facebook, font partie des plus grandes entreprises du monde et il est essentiel d’avoir une réflexion approfondie sur leurs avantages mais également sur les préoccupations qu’elles peuvent entrainer » a déclaré Philippe Juvin, en amont d’une audition sur le sujet, organisée ce mercredi 8 février au Parlement européen.

Intitulé « Comment faire de l’UE un leader de l’économie numérique ? », cet événement permettra d’échanger avec les acteurs de ce secteur, notamment Google et Ebay, les entreprises qui utilisent ces services ainsi que les consommateurs. Il s’inscrit dans le cadre d’un rapport sur les plateformes numériques, pour lequel Philippe Juvin est rapporteur en commission du Marché intérieur au Parlement européen.

« Cette audition est une excellente occasion de dresser un état des lieux de l’évolution de l’univers numérique de ces 15 dernières années. Assistons-nous à une véritable « plateformisation de l’économie » (avec les réseaux sociaux, les comparateurs en ligne….) ?  Notre droit positif est-il à même de répondre aux nouveaux enjeux induits par cette révolution numérique ? Les réponses apportées au cours du débat enrichiront la réflexion pour définir, dans mon rapport, l’écosystème numérique européen de demain », a expliqué Philippe Juvin.

« Seulement 4% des plateformes en ligne sont européennes. Il est temps pour l’Europe de s’imposer face aux géants américains et asiatiques, en définissant une véritable stratégie numérique. Nous avons besoin de faire émerger des leaders européens du secteur et je compte sur le Commissaire Jyrki Katainen pour nous détailler les objectifs et moyens de la Commission à ce sujet, de même qu’un calendrier d’action », a conclu Philippe Juvin.

Le rapport de Philippe Juvin sur les plateformes numériques sera présenté en commission du Marché intérieur le 20 mars prochain.