Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes
Président de la fédération Les Républicains des Hauts-de-Seine

Presse | Le blog de Philippe Juvin

Actualités 'Presse'

Interview dans le Parisien sur la fédération LR des Hauts-de-Seine

Retrouvez-moi dans le Talk du Figaro – 9 novembre 2018

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Emission spéciale de LCP sur le Brexit à l’issue du Conseil européen – 19 octobre 2018

 

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Retrouvez mon passage dans la matinale de Sud Radio ce mardi 18 septembre 2018 au sujet du « Plan Hôpital »

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Sur RT France, je reviens sur la directive du Parlement européen exigeant de réformer le droit d’auteur sur internet

Revoir mes passages sur France24

Première émission « Ici l’Europe » sur le discours sur l’Etat de l’Union.

Le 12 septembre, Jean-Claude Juncker est attendu dans l’hémicycle de Strasbourg pour son dernier grand oral avant la fin de son mandat : le fameux « Discours sur l’État de l’Union ». Le pronostic vital de l’UE est-il engagé ?

Deuxième émission, en anglais, « Talking Europe » sur le Brexit.

Il ne reste que quelques semaines avant le sommet européen où le gouvernement britannique et la Commission européenne sont censés dévoiler leur accord final sur le Brexit. Se dirige-t-on vers un « no-deal » ?

Macron et l’Europe un an après, beaucoup de communication et…d’inexpérience

TRIBUNE DANS LE JOURNAL L’OPINION

Dès son élection, Emmanuel Macron a été la coqueluche de l’Europe. La France allait enfin se moderniser; il avait battu Marine le Pen. Avec lui, la France était de retour en Europe.

Un an plus tard, quel est son bilan européen ?

Emmanuel Macron a des mots très forts en faveur de l’Europe. Ses partisans vont jusqu’à prétendre qu’il est le plus europhile de tous les Présidents de la Ve République. Si son europhilie ne fait pas de doute, cette analyse est un peu exagérée. Depuis 40 ans, tous les présidents de la République ont été europhiles. Rappelons la très flamboyante présidence française de l’Union européenne de Nicolas Sarkozy, ou de François Mitterrand à Verdun. Ou encore de Jacques Chirac qui était devenu le sage des Conseils européens. Sans remonter à Valéry Giscard d’Estaing, qui s’était adressé aux européens en anglais et en direct le soir de son élection. Etre publiquement europhile pour un président français n’est pas l’exception, c’est la règle.

Sur le terrain de l’action, la communication bien huilée du président français veut faire croire que rien ne se décide plus en Europe sans lui. Mais l’analyse précise des faits est moins flatteuse.

Première règle. Pour les Français, la première règle en Europe est de s’accorder avec les Allemands. Car unies, la France et l’Allemagne sont capables d’imposer un cap au reste de l’Union. Nicolas Sarkozy m’avait résumé en une phrase ce principe : « Quand Angela Merkel veut quelque chose, je le veux. Quand je veux quelque chose, Angela le veut aussi ». Dans le passé, cet accord s’était traduit par une complicité personnelle entre les exécutifs, de De Gaulle-Adenauer à Sarkozy-Merkel.

Emmanuel Macron, lui, a choisi de rompre avec cette habitude. Lors de la remise du Prix Charlemagne, il a asséné une leçon de morale à la Chancelière en fustigeant le « fétichisme perpétuel pour les excédents (…) toujours faits aux dépens de certains autres ». Drôle de façon de tisser un lien amical. En tout cas inexplicable. Un député belge m’a dit qu’il avait cru entendre « un sale gosse mal élevé ». Angela Merkel n’a pas aimé recevoir la fessée en public. Le couple franco-allemand n’est pas en bonne forme et ce n’est bon pour personne.

Seule, la France ne dispose que de 8 à 10% des voix au Conseil et au Parlement. Comme tous les Etats de l’Union, elle doit se trouver des alliés. Là aussi, en quelques mois, souvent par ses simples déclarations, Emmanuel Macron a réussi à nous mettre à dos les Italiens, les Polonais, les Hongrois, les Autrichiens, puis les Allemands. La France n’a plus d’allié stable.

Sur plusieurs dossiers, Emmanuel Macron et ses équipes ont préféré gagner la campagne de la communication plutôt que celle du fond des dossiers et même de nos intérêts. Prenons l’exemple de la révision de la directive des travailleurs détachés. Nous sommes en juin 2017 et Emmanuel Macron vient d’être élu. Le Conseil s’apprête à voter une nouvelle directive globalement favorable à la France. Pour nous, il est important de voter sans perdre de temps car la Bulgarie, qui va prendre la présidence le 1er janvier 2018, veut renégocier le texte à notre détriment. Flairant le coup médiatique sur un sujet qui a animé la campagne présidentielle, Emmanuel Macron fait savoir à la surprise générale qu’il exige des garanties supplémentaires dans le texte. Il ré-ouvre les discussions entre Etats, prenant le risque de remettre en cause ce que nous avions obtenu dans la négociation et de dépasser la date fatidique du 1er janvier. Il faudra toute l’énergie des eurodéputés LR et PS pour convaincre l’Elysée de ne pas jouer avec le feu et de se calmer. En novembre 2017, le Président criera victoire, prétendra que des avancées ont été obtenues (en fait aucune en pratique) et acceptera un texte identique à celui qu’il avait bloqué en fanfare en juin. A trois semaines près, les Bulgares prenaient la présidence et c’était la catastrophe … Mais Le Monde pouvait titrer : « Travailleurs détachés : première victoire européenne pour Emmanuel Macron ». Peu importe que cela fut faux : pour Emmanuel Macron, la forme prime le fond. A défaut d’une victoire sur le fond, il avait un succès médiatique.

Absence. Dans l’Union européenne, les Etats pèsent aussi par leur présence de travail. Quand les Allemands veulent amender un texte en leur faveur, les ministres fédéraux contactent les eurodéputés influents de tous pays et jouent eux-mêmes les lobbyistes. En tant que député européen, je peux témoigner que le gouvernement français, lui, est absent. Cette année, j’ai été le rapporteur du Parlement sur les plateformes en ligne. J’y ai abordé les thèmes de la fiscalité à leur appliquer, de la concurrence, de la transparence et de la traçabilité des données. Sur tous ces sujets, Emmanuel Macron ne cesse de communiquer, et fort bien. Pourtant, je peux certifier qu’aucun membre d’aucun cabinet français ne m’a contacté pour travailler le fond de mon texte. Le gouvernement Macron communique, mais ne travaille pas.

En Europe, les pays sont aussi jugés sur leurs politiques internes. La France du président Macron commence à être jugée sur ses résultats. La dépense publique continue à augmenter alors qu’elle baisse chez nos voisins, le chômage des jeunes ne décroche pas alors qu’il se porte mieux ailleurs. Notre endettement s’aggrave.

Enfin l’Europe, et c’est sans doute le plus préoccupant pour nous, est une épreuve de vérité pour nos dirigeants. Les négociations y sont féroces. Face à Donald Trump, on avait découvert la naïveté d’Emmanuel Macron dans les négociations internationales. On se souvient de leurs embrassades viriles qui avaient été présentées par l’Elysée comme la preuve du talent diplomatique du président français. Mais qui n’avaient pas empêché Donald Trump de le berner en imposant des barrières douanières dix jours plus tard. En Europe, c’est pareil.

Un ancien chef d’Etat qualifie les prises de position d’Emmanuel Macron au Conseil de « légères », et pointe du doigt son « inexpérience ». Dans les négociations, il lâche facilement contre pas grand-chose. Ainsi avec la Politique Agricole Commune, qu’il a sacrifiée contre un modeste plan contre le chômage des jeunes. Ou avec les Roumains et les Bulgares, auxquels il a très imprudemment promis (contre rien) le soutien de la France à leur intégration dans l’espace Schengen. Les politiciens de l’Union européenne ne sont pas très « nouveau monde ». Mais ce sont de vieux crocodiles roués qui maîtrisent leurs dossiers et connaissent, eux, les ficelles.

Le vrai bilan européen du Président Macron est décevant. Ses discours lyriques sont utiles pour lutter contre le populisme. Mais ils ne suffisent pas. En revanche, l’absence de travail de fond de ses équipes, la priorité donnée aux coups médiatiques, son manque d’expérience européenne, sa personnalité trop sûre d’elle-même, la certitude très fausse que rien ne peut se faire sans la France en Europe, et un système national qui n’habitue pas le président français à trouver en face de lui des contradicteurs, ne pardonnent pas. Si la communication omniprésente du président continue à marteler que rien ne se fait sans lui en Europe, on sait que ce n’est plus vrai.

Cette même communication ne va pas pouvoir longtemps cacher son absence de résultat en matière d’immigration, de politique agricole commune, de sécurité ou de décrochage de la France par rapport à ses voisins. Avec l’état de grâce dont il a bénéficié, et en moins d’un an, c’est un véritable gâchis. Le plus grand ennemi d’Emmanuel Macron en Europe est Emmanuel Macron, sa personnalité et sa façon de concevoir la politique. La question est : peut-il changer ? Sur ce point, il n’est pas interdit d’être inquiet.

 

Retrouvez un reportage sur BFM Paris consacré au changement de rythme scolaire à La Garenne-Colombes avec le retour à la semaine de 4 jours

Retrouvez mon interview sur RT France concernant la situation en Afghanistan – 22/08/2018

Retrouvez-moi sur France Inter dans l’émission « Le Téléphone sonne » : Comment sortir les urgences de la crise ?

Article-Reportage de Libération au sein du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou

Par Anaïs Moran, Photo Albert Facelly — 

Les établissements de santé sont-ils armés pour la canicule ? Reportage au service des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou.

Lundi à l’aube dans l’hôpital parisien Georges-Pompidou, service des urgences. C’est l’heure des «transmissions» (d’infos) entre l’équipe de nuit et le personnel de jour au sujet des quinze patients hospitalisés. Depuis quelques jours, les lits sont complets et les couloirs légèrement occupés. En période de canicule, et sans grande surprise, la majorité des prises en charge sont des personnes âgées. Il y a ces sœurs jumelles, Marie et Anne, 66 ans, inséparables, qui reviennent constamment à Pompidou depuis le début de l’été pour déshydratation sévère. Andrée, 96 ans, victime d’une chute malheureuse à son domicile suite à un coup de chaleur. René, 80 ans, retrouvé en plein épisode de confusion, seul à déambuler en plein milieu de la rue sous le soleil brûlant. Ou Jean, 92 ans, atteint de démences depuis le début des grosses températures, qui voit des chiens qui n’existent pas.

Certains d’entre eux sont là depuis plus de vingt-quatre heures, une anomalie pour un service d’urgence. La règle de base : garder les hospitalisés au maximum une journée avant de les reconduire chez eux ou de les transférer dans un service plus adapté. «Le problème c’est que les personnes âgées qui pourraient rentrer à la maison sont pour la plupart très isolées, sans personne pour veiller sur elles», commente Sophie Jumel, médecin urgentiste. On ne peut pas les renvoyer, les abandonner à leur sort, c’est trop dangereux. Alors forcément, les patients s’accumulent ces derniers jours…»

37°C à Saint-Antoine

On enchaîne au bureau médical de l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), le repaire des soignants. Un ventilo s’active à plein régime. Il fait doux, comme dans les chambres et autres boxes pour malades de cet établissement récent qui n’a rien de vétuste. Loin des 37 degrés affichés dans certaines pièces de l’hôpital voisin de Saint-Antoine (dont les soignants dénoncent leur condition de travail depuis déjà six jours). Deux infirmières commencent à s’agiter dans le couloir. La première victime de la canicule journalière vient d’arriver : Bernard, 71 ans, souffre d’une douleur thoracique. Une douleur si vive qu’elle irradie son corps et le fait crier à gorge déployée. Atteint d’une maladie cardiaque, sa déshydratation sévère l’a peut-être conduit à l’infarctus. Tristement probable en cette période de canicule. «Les personnes âgées ont des pathologies chroniques qui se dégradent forcément par grande chaleur», explique le médecin Florent Flémy. Soit la personne âgée ne va pas boire assez d’eau et nous sommes dans un cas de déshydratation qui va réellement détériorer son problème cardiaque ou son insuffisance rénale par exemple. Soit la personne va se désaltérer correctement mais ne va presque rien manger, ce qui est tout aussi dangereux. Le taux de sel va être déséquilibré par rapport au taux d’eau dans le corps. C’est ce qu’on appelle l’hyponatrémie et ce n’est pas bon du tout pour les populations fragiles.»

On pénètre enfin dans le bureau de Philippe Juvin, chef du service des urgences. Le médecin prend les appels téléphoniques, répond aux mails, consulte les derniers dossiers. C’est soudainement presque calme. «Vous savez, certains hôpitaux souffrent en ce moment, mais c’est très ponctuel, on ne peut pas parler de crise. Rien n’est comparable avec l’été catastrophique d’il y a quinze ans…» Le Dr Junin se souvient de 2003 et ses vingt mille morts. De cette journée particulièrement intense du 5 août. Il était à l’époque anesthésiste à l’hôpital Bichat Claude-Bernard de Paris. «Tôt le matin, notre établissement a eu une panne générale d’électricité. J’étais de congé ce jour-là. On m’a appelé à la rescousse en me disant que c’était la grosse panique au service des urgences, se remémore-t-il. Quand je suis arrivé, il y avait des patients mourants, installés n’importe où et plongés dans le noir, les soignants paniqués, c’était un immense bordel…»

«Quinze jours d’horreur» en 2003

L’anesthésiste passera sa journée de congé dans la peau d’un urgentiste. «Moi ce jour-là, j’avais la tête dans le guidon et aucun recul sur la situation. Je ne me rendais pas compte que nous allions vivre encore quinze jours d’horreur. Que nous étions en train de vivre un événement grave et majeur dans l’histoire de la médecine et des hôpitaux français.» Aujourd’hui, Philippe Juvin dit avoir tiré des leçons des défaillances de 2003, qui avaient couté son poste à Jean-François Mattéi, le ministre de la Santé de l’époque. «Depuis ce drame, la société est devenue de plus en plus préventive, voire hygiéniste… Les gens sont très prudents. C’est peut-être trop, mais ça a le mérite d’aborder les périodes de canicule sans trop d’appréhension. Et surtout à ne pas repenser aux démons du passé

J’étais sur BFM Business pour revenir sur l’actualité du Brexit – 21/06/2018

J’ai participé à la table ronde de l’Humanité dans son édition du 15 juin 2018

Retrouvez-moi dans l’émission de Public Sénat « Europe hebdo » « Immigration : l’Europe sous tension » – 13/06/2018

Retrouvez ci-dessous mon interview sur l’Europe dans Atlantico

Atlantico : Vous avez publié une tribune dans l’Opinion, intéressante et cinglante, dans laquelle vous dites qu’il faut que les Républicains retrouvent une position claire et adulte sur l’Europe. En quelque sorte l’acte 1 de ce que serait une clarification de la position du parti selon vous. Mais quel en serait l’acte 2 : que pourrait être un programme pour les Européennes au-delà de la réaffirmation générique d’un engagement pro-européen dans le contexte troublé que vit l’Europe ?

Philippe Juvin : Il y a deux choses à prendre en compte dans la question européenne.

D’abord, il faut affirmer ce qui fonctionne dans ses institutions. Car oui, il y a des choses qui fonctionnent. En premier lieu, le marché unique. C’est mieux de vendre à 500 millions d’habitants qu’à 67 millions et c’est mieux qu’un consommateur qui vous achète votre produit ait les mêmes assurances sur la qualité du bien et ait la possibilité de vous le renvoyer. Nous n’allons pas refaire 27 règles sur la concurrence ou 27 règles sur les règles sanitaires. Sinon c’est la faillite de nos entreprises ! Aujourd’hui, personne ne le rappelle plus. Je le répète, il faut dire et affirmer qu’il y a des choses nécessaires dans l’Europe telle qu’elle existe.

Deuxième chose à prendre compte, la question du droit européen. Un des éléments qu’on entend, la petite musique qui monte à droite, c’est qu’il faudrait revenir sur la primauté du droit national. En pratique, c’est la négation totale de ce qu’il faut faire car cela refragmenterait le droit européen. Et donc affaiblirait la règle commune et tout l’édifice. L’Europe s’est construite par l’unification du droit.

Le marché unique et l’Union douanière sont efficaces, et il faut les approfondir. Il a été montré que si on approfondissait les règles du marché unique aujourd’hui, on pourrait aller jusqu’à augmenter de 12% le PIB européen, ce qui est considérable en termes de création de richesses, d’emplois etc…

Il faut l’affirmer haut et fort. Même s’il est vrai que certains responsables politiques n’osent pas le dire même quand ils le pensent. Moi je le dis et je le crie : disons ce qui marche en Europe et défendons-le.

Une fois qu’on s’est payé le luxe de défendre l’Europe et un certain de nombre de choses qui fonctionnent, on peut effectivement se permettre de poser les questions de fond à commencer par celle-ci : pouvons-nous continuer comme si de rien n’était ?

Et donc, qu’est ce qui ne marche pas selon vous ?

Les institutions de l’Union sont imparfaites, mais pas là où on le dit. D’abord, aucun projet politique ne peut exister sans institutions. La République Française a des institutions, l’UE a des institutions. Dire « On est pour l’Europe mais contre les institutions », est absurde. L’Europe ne peut pas ne pas avoir d’institutions. Là-dessus, je reprendrai l’esprit de la formule de Churchill sur la démocratie lorsqu’il disait que c’était le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres. On dit que les institutions de l’Union sont technocratiques : je rappelle qu’il y a moins de fonctionnaires dans toute l’UE, toutes institutions comprises -commission, parlement, cour de justice-  que d’agents à la Mairie de Paris ! Donc la critique de la bureaucratie bruxelloise, ça fait doucement rigoler, surtout lorsque ça vient d’un Français.

Mais est-ce qu’en critiquant les institutions européennes, ça n’est pas tout autre chose que le nombre de fonctionnaires qui y travaillent qu’on critique ? Le reproche qui leur est fait le plus souvent est de ne pas être suffisamment politiques et donc trop bureaucratique, pas assez démocratiques ?

Exactement. Cela signifie que les critiques que l’on fait ne sont pas les bonnes. Car la deuxième critique que l’on fait mais qui est injuste, c’est que ce système européen n’est pas suffisamment démocratique. Même si je partage un peu cet avis, je vais y revenir, je souris quand des responsables politiques français le disent car on sait comment est traité le parlement en France. En matière d’absence de démocratie, on fait difficilement pire… Donnez-moi un exemple depuis 1958 d’une loi votée par le parlement français qui aurait été en contradiction avec ce que voulait le gouvernement. Il n’y en a pas. La loi est toujours le reflet de ce que veut le gouvernement. Le parlement français ne fait pas la loi, il la subit.

Peut-être parce que le rôle d’un parlement moderne est plus de contrôler l’action du gouvernement que de légiférer ?

Le parlement français le fait-il ? Jamais, car c’est la nature même de nos institutions en France. Le Parlement européen, lui, est de type anglo-saxon. C’est un parlement qui peut dicter sa loi à la Commission européenne. Si donc je fais ces deux remarques préalables sur la prétendue technocratie et l’absence de démocratie de l’Union, c’est pour souligner qu’on ne cible pas les vrais défauts européens. Les institutions, ce n’est pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est leur incapacité à créer une réaction concertée face à l’émergence de la Chine, à l’éloignement politique et stratégique des Etats-Unis ou à l’envolée démographique de l’Afrique.

Certes mais il n’y a pas ou peu d’institutions africaines qui puissent faire concurrence à l’Union européenne quand même…

Pas encore mais ces institutions viendront. Et en 2030, le Nigeria aura plus d’habitants que les Etats-Unis. La décadence politique du bloc occidental est écrite et en 2100, elle sera consommée. Ne croyez pas qu’il puisse en être autrement. Pour ne pas perdre toute puissance ou toute souveraineté,  il faut que nous nous dotions d’institutions qui soient fortes à 27. Et nous n’y parviendrons pas sans l’adhésion du peuple européen. Je crois donc à la nécessité absolue de l’élection au suffrage universel par les 500 millions d’Européens du président de la Commission ou du Conseil. Je ne suis pas le seul à le croire, la CDU l’a inscrit dans son programme. Il faut donner un souffle démocratique à l’Union pour lui permettre de mener des politiques adaptées, c’est-à-dire fortes et décidées aux nouveaux enjeux. Certes, le vrai sujet aujourd’hui, c’est que les Etats membres n’en veulent en fait pas. Ne soyons pas naïfs : les dirigeants nationaux, Monsieur Macron et Madame Merkel en tête, se lamentent en public de la faiblesse de l’Europe mais s’en satisfont ! Car pendant ce temps, ils gardent la barre.

Est-ce que la faiblesse des institutions européennes n’est pas précisément de n’avoir jamais su trancher entre ce qui est géré au niveau de la Commission et des institutions strictement européennes et ce qui continue à être géré au niveau de l’intergouvernemental ?

Les Etats, à travers les Traités, ont tranché très clairement, en confiant des compétences à l’Union et en gardant certaines. Après, c’est facile de se lamenter que l’Europe n’agisse pas dans des domaines qu’on ne lui a volontairement pas confiés ! L’Europe, c’est très pratique, ça permet non seulement aux Etats de ne pas assumer les décisions complexes mais aussi de se lamenter avec des propos du type « regardez, sur l’immigration, l’Europe ne fait rien ». Mais les instances européennes n’ont pas de compétences sur l’immigration ! Comment pourraient-elles agir sans l’accord des Etats ?

Moi ce que je dis, c’est qu’il faut des institutions démocratiques avec une expression forte du pouvoir,  je suis un bonapartiste européen.  Une légitimité à 500 millions d’électeurs européens est plus forte qu’une légitimité à 65 millions de Français. Il faudra aussi que nous donnions du temps à ceux qui détiennent ce pouvoir. Quand vous voyez que le Président chinois annonce au monde que deux mandats ça ne suffit pas, et qu’il se donne la possibilité d’en enchaîner plus, ça signifie que le mandat européen de 2 ans et demi, c’est de la blague. Comment voulez-vous peser ? Ni le président de la Commission européenne ni celui du Conseil n’ont le pouvoir nécessaire !

Il faut que les mandats politiques qui pilotent l’UE soient de 5, 6 voire 7 ans. Il faut accepter que les Etats transfèrent totalement certaines politiques à l’UE. Mais avec un mode de gouvernement différent. Les commissaires européens doivent être désignés par le président de la Commission, lui-même élu au suffrage universel, pas par les 27 capitales de l’Union. Le président de la commission doit pouvoir choisir ses ministres comme le fait tout chef de gouvernement. L’outil politique européen doit se renforcer en se donnant la légitimité de la désignation par la souveraineté populaire

Vous parlez de souveraineté populaire, ce qui suppose qu’un peuple existe.  Est-ce que ce n’est pas un autre problème de l’UE de s’être construite principalement autour d’institutions en oubliant le peuple. On peut comprendre le pari de 1957 d’institutions précédant la constitution d’un peuple mais est-ce qu’à force de contourner la question de  l’existence réelle de ce peuple, les institutions ne sont pas enlisées ? Vous parliez de « décadence occidentale »  mais cela suppose que l’Occident existe. Nous avons un passeport européen mais concrètement, à part des citoyens de papier biométrisés, qui sommes-nous ?

J’ai une thèse qui est évidemment très critiquable. A la fin du 19ème siècle, alors que la France était épuisée par des décennies terribles -trois républiques, deux empires, quatre rois, des révolutions et des guerres civiles-et qu’elle venait en plus de perdre l’Alsace et la Lorraine, qu’avons-nous fait ? Nous avons construit et raconté un roman national. Pas une histoire, un roman.

Justement, que peut-il être ce roman populaire européen ?

Il existe, il a commencé à Athènes, à Rome, il s’est poursuivi avec la Chrétienté, les Lumières et puis des guerres civiles. Et nous avons des héros : des guerriers, des hommes d’Etat, des artistes, des scientifiques.

Mais est ce que l’Europe n’est pas à l’inverse dans l’évitement absolu de ce  roman populaire européen ?

Parce qu’il y a aujourd’hui en Europe beaucoup de citoyens d’origine extra-européenne, on peine à assumer que l’esprit européen s’est aussi construit en résistance à d’autres, comme l’Empire ottoman.  Un roman populaire peut-il faire abstraction d’une réalité ethnique et culturelle dominante ?

Je suis conscient qu’un certain nombre de gens, dont je ne fais pas partie, pensent qu’il faut éviter d’afficher trop fortement un héritage culturel et ethnique européen afin de ne pas empêcher l’intégration de populations d’origines étrangère.

Mais qu’est ce qui fait qu’un Corse se sent français ? Qu’est ce qui fait qu’un Corse accepte de se faire gouverner par un Lillois ? C’est le sentiment d’appartenir à la même communauté de destin. C’est qu’ils ont tous les deux l’idée qu’ils ont un passé commun, fait de joies, de peines et de fiertés communes. Même si c’est historiquement parfois faux ! Quelqu’un qui habite la Savoie n’a évidemment pas la même histoire que quelqu’un qui a grandi en Bretagne. Et pourtant, on va tous mourir ensemble à Verdun. Par quel miracle ? Le miracle c’est le roman national qu’on vous a raconté, et ce roman il faut aussi le raconter à l’échelon européen. Et c’est facile, car il existe ! Comme je vous le disais précédemment, c’est Rome, la Grèce, la Chrétienté, les Lumières.

Il existe, mais au même moment on se retrouve dans un moment de notre histoire ou on ne cesse de la déconstruire, voire de la criminaliser en culpabilisant des citoyens qui ne sont pourtant pas responsables de ce qui s’est passé il y a 200 ans ?

Absolument, c’est une erreur historique qui va nous faire disparaitre de l’histoire. Les Européens seront capables de faire de grandes choses ensemble s’ils sont fiers de leur histoire collective. Pas s’ils en ont honte.

Je parlais récemment avec Bruno Gollnisch qui ne croit évidemment pas beaucoup dans la nation européenne telle que je la définis mais il me disait : « au fond, si vous les européistes, vous nous proposiez un grand Etat fort européen, après tout pourquoi pas ? » Si nous ne voulons pas disparaitre de l’histoire, il faut que nous nous racontions une histoire commune.

Est-ce que cela passe par le fait de choisir un ennemi –ou d’accepter ceux qui ont choisi de se poser comme les nôtres ? La pensée européenne a voulu sortir de l’histoire et échapper à ses tragédies, moyennant quoi, accepter l’idée même de l’existence d’ennemis est devenu difficile.

A la bataille de Tannenberg, nos ennemis, c’était les Russes, à la bataille de Lépante, les Ottomans.

J’entends mais je répète, qui est l’autre aujourd’hui ? Celui qui va être « Européisateur » en quelque sort par le rejet qu’il suscite ?

Les Ottomans, les Russes, ceux qui ne sont pas dans notre roman. Nous pouvons écrire une histoire qui s’est aussi écrite contre les autres, mais aussi des valeurs qui nous rassemblent : la liberté de penser, par exemple. Notre capacité à critiquer les textes sacrés : voilà une autre caractéristique de l’esprit européen. Pourtant, nous ne voulons même pas y réfléchir. J’ai récemment écrit à Jean-Claude Juncker et à Emmanuel Macron au sujet de nos billets de banques. Nous avons suffisamment de héros européens pour mettre des héros unificateurs sur nos billets et pas seulement des monuments. Mozart, Goethe, Luther, Périclès et Marie Curie sont des héros européens. Et nous, les Français, aurions tout particulièrement intérêt à cela. Parce que l’histoire de la France est en grande partie l’histoire de l’Europe. Et comment voulez-vous intégrer toutes ces populations nouvelles si nous sommes honteux de nous-mêmes ?

Est-ce que vous ne répétez pas là cette faiblesse de la pensée européenne française qui ne veut de l’Europe que dans la mesure où l’Union est un véhicule de puissance pour la Franceau risque de s’aliéner nos alliés qui n’ont pas spécialement comme but dans la vie d’être le relais de la puissance française ?

Mais tous les pays le voient comme ça. Si des Etats sont entrés dans l’Union, c’est parce qu’ils ont compris qu’ils avaient besoin d’un véhicule de puissance, tous. Une étude publiée par les Britanniques en 2014, c’est ironique d’ailleurs, montre la chose suivante : en faisant une projection des 10 Etats les plus puissants au monde en 2020, 2030 et 2040, à chaque date, un Etat de l’Union disparaît du top 10. D’abord les Italiens puis les Français, les Britanniques et pour finir les Allemands qui sont les derniers à rester mais disparaissent finalement en 2050. Mais si vous retirez les pays de l’Union pris séparément et que vous remettez l’UE à 27 à la place, en 2050, on est toujours présents dans les 10 premiers.

Le véhicule de puissance qui nous permet de rester à la table du directoire mondial, c’est l’Union. Valable pour la France mais aussi pour tous les autres.

Un véhicule de puissance qui puisse exister à travers l’Union européenne c’est une chose mais comme pour un véhicule dans le sens littéral du terme, on peut toujours avoir la voiture, si on ne décide pas de là on souhaite aller, la voiture fait du surplace. Et l’idée que l’Allemagne se fait de sa puissance et de ses intérêts en Afrique, avec la Russie ou la Turquie par exemple ne ressemble pas fondamentalement à l’idée que la France s’en fait…

Si nous apprenions une même histoire commune, alors nous, Français, n’y perdrions pas parce que nos héros sont en général des héros européens. Et si nous apprenions cette même histoire à des enfants dès le CP, en une génération, en 15 ans, ce serait fait ! Nous aurions un peuple avec les mêmes héros, les mêmes références et la capacité à se demander le plus naturellement du monde « que voulons-nous faire ensemble ? « 

La génération Erasmus a pu croire à ce réveil y a 20 ans mais ne déchante-t-elle pas aujourd’hui ? Les intérêts nationaux de chacun des Etats européens n’ont jamais cessé de prévaloir comme on a pu le voir avec la crise grecque. Les Etats-Unis existent en tant que nation parce que le Massachussetts n’hésite jamais à effectuer des transferts budgétaires pour financer l’Alabama ou tout autre Etat de l’union structurellement déficitaire. En Europe, les Allemands ne veulent pas payer pour les Grecs ni d’ailleurs pour personne et les Français dans une moindre mesure ne sont pas non plus fondamentalement généreux vis-à-vis des pays les moins favorisés.

C’est pour cela qu’il faut passer une étape grâce à l’outil culturel : apprendre à tout le monde que nous avons le même terreau de civilisation. On ne l’a jamais fait alors que c’est fondamental. Du coup, vous vous sentez responsable de l’autre. L’Allemand se sentira responsable du Grec.

Ça ne suffira pas bien sûr, il faudra aussi établir des règles nouvelles, comme un budget de l’Union européenne. Car tant que vous n’avez pas un budget de l’Union, vous n’avez pas de capacité à répondre à des chocs asymétriques et justement à créer une solidarité réelle.

Mais l’Allemagne n’en veut pas ! Vous avez vu j’imagine la tribune des 154 économistes allemands, parfaite incarnation de l’ordo-libéralisme qui domine idéologiquement outre-Rhin, et signifiant leur opposition absolue au projet d’approfondissement de la zone euro voulu par Emmanuel Macron…

Oui, il y a des gens qui disent qu’il n’y aura jamais d’idée nationale européenne et qui ne veulent pas entendre parler des héros polonais ou italiens. Or le drame de l’Union européenne, c’est qu’elle ne se vit pas comme une puissance à visée mondiale, elle ne se vit que comme un marché unique. C’est très bien, ; mais très insuffisant.

Nous avons créé des consommateurs, nous avons maintenant besoin de citoyens ! Il nous faut donc à présent les outils pour les créer, ainsi que des outils budgétaires. Ça peut être aussi des outils d’interventions économique par exemple sur la lutte contre le chômage. Certains économistes ont montré qu’un fond de rémunération des chômeurs de courte durée, à l’échelon européen, en cas de crise du type de celle de 2008 pouvait avoir un fort effet de levier sur le PIB. Une des caractéristiques européennes, c’est la solidarité collective. Mettons la en œuvre.

Ce sont des sujets qu’on aborde très régulièrement sur Atlantico en voyant justement qu’il y a un libéralisme américain qui comprend beaucoup mieux la nécessité d’intervention sociale que le libéralisme européen…

C’est justement ce qu’il faut faire au niveau européen parce que cela crée de la conscience et de la solidarité.

C’est un objectif qui est totalement partageable mais encore une fois, en me faisant l’avocat du diable, comment faites-vous si en face il y a l’Allemagne et ses 85 millions d’habitants qui disent « Nein, on ne veut pas en entendre parler » ?  Comment faites-vous si à la tête de la banque centrale – il y a un bataille féroce à l’heure actuelle pour remplacer Mario Draghi, avec notamment un Hans Weidmann le directeur de la Bundesbank qui veut importer cette vision ordo libérale allemande en disant « Nein, on arrête toute logique de création monétaire » et finalement de solidarité entre les Etats de la zone euro ?

Avant la crise de 2008, les Allemands ne voulaient pas d’intervention de la BCE. Aujourd’hui, la BCE intervient … Mais vous avez raison de le souligner, parce que parfois l’Alpha et l’Omega des programmes européens des partis, c’est de dire qu’’ils vont refonder l’Europe. Oui mais à condition de dire pour quoi faire, comment et avec qui. Car ils oublient que la refondation passe forcément par un nouveau traité et que celui-ci passe forcément par une unanimité des membres. Il n’y a pas d’autre voie pour l’Europe que de convaincre les Allemands qu’il est de leur intérêt d’accepter plus de solidarité économique faute de quoi, ils disparaîtront.

C’est un peu la logique du quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est-à-dire « Regardez, je transforme la France. En échange, vous accepterez de faire un pas dans notre direction ». Sauf que l’Allemagne a d’ores et déjà dit non à la vision exposée à la Sorbonne par Emmanuel Macron et qu’elle n’a pas non plus l’air très convaincue par la profondeur des réformes menées par le président français…

Emmanuel Macron prétend gouverner l’Europe. Mais depuis le premier jour, il a poussé à ce que nos partenaires disent non. Il est impossible de changer l’Europe sans allié. Lui comme son prédécesseur, croient que, s’ils ont la majorité chez eux, on les attend en Europe. Or en Europe, personne ne nous attend.

D’abord, Emmanuel Macron s’est mis à dos les Italiens sur l’affaire de la fusion du croisiériste et des chantiers de SAINT NAZAIRE. Ensuite il a affronté bêtement les Allemands en refusant lors de l’été 2017 le projet de directive sur les travailleurs détachés, certes tout à fait imparfait mais qui présentait l’avantage d’avoir recueilli une sorte de consensus. Il a tout bloqué en juillet pour finalement aboutir au mois de novembre dernier à exactement la même chose. Et la presse française, qui ne connaît rien aux sujets européens, en a fait ses gros titres :  » Macron a sauvé la directive des travailleurs détachés « . Ça m’a fait doucement rigoler. Emmanuel Macron a fait de la communication. Et il a même pris un risque encore pire, car un mois plus tard, c’était la Bulgarie qui était présidente de l’UE, ce qui aurait ruiné toute perspective de parvenir à un accord sur la réforme des directives travailleurs détachés. Emmanuel Macron est un apprenti sorcier.

Et je peux continuer ma liste, après l’Allemagne, ce sont les Polonais qu’il s’est mis à dos en leur donnant des leçons de morale.

L’Europe est une école d’humilité et Emmanuel Macron est arrivé en disant avec ce défaut très français qui consiste à penser que tout le monde va naturellement nous suivre. La fameuse arrogance française.

J’ai vu tellement souvent cette prétention française au parlement européen avec des députés français qui débarquent en se prenant pour le centre du monde parce qu’ils sont anciens ministres. Un jour, je me souviens d’un Italien qui avait répondu : « chère madame ici tout le monde est ancien ou futur ministre, donc chacun parle à son tour ». Dans l’UE, l’humilité, le respect et l’écoute des autres, c’est majeur. Et bâtir des alliances. La France l’oublie quasi systématiquement. Oui la tribune des économistes allemands dont vous parliez exprime une position très dure mais il faudra bien prendre le temps de les persuader . Et ça, ça oblige la France à faire les réformes dont notre pays a besoin et à ne prendre personne de haut.

Vous parlez de ces réformes dont la France a besoin avec ou sans l’Europe mais même à supposer que nous les fassions, nos démographies très différentes font que nos intérêts économiques divergent de plus en plus avec l’Allemagne. Quelle est donc la probabilité que l’on arrive à relancer l’Europe sans passer par la case accident historique ? Quand on regarde l’histoire européenne, certes il y a eu les idées d’Adenauer de Gaspieri ou de Monet mais il y aussi eu les chars américains et les tanks soviétiques, et surtout la nécessité d’échapper aux guerres intra-européennes. Nous avons tellement réussi sur ce dernier aspect que nous l’avons oublié.

L’accident historique est en train de survenir, c’est le choc démographique. Nos pays sont soumis à une pression démographique du sud, aggravée par les guerres, l’instabilité et la pauvreté. Certains sont terrorisés par ce qu’ils appellent le grand remplacement. La vérité est qu’il faut à la fois massivement aider les pays du sud pour éviter les exodes massifs, et intégrer les populations nouvelles dans notre modèle de civilisation européen. Sinon, effectivement, nous sommes exposés à nous voir disparaître. Mais cette intégration, qui est indispensable, ne sera possible que si nous sommes nous-mêmes suffisamment fiers de notre histoire pour la défendre.

Même dans la bouche du président d’ailleurs quand il parle de « mâles blancs » qui n’ont pas vocation à s’expliquer sur des banlieues qui ne seraient donc peuplées que de non-blancs…

Oui il l’a dit.. L’accident historique est en train de survenir : il va arriver lentement mais sûrement.

Ce que nous devons dire aux Allemands, c’est que le million de migrants qu’ils ont accepté et dont l’intégration leur pose désormais problème, n’est rien par rapport aux deux milliards d’Africains qui, de toute façon franchiront la Méditerranée parce qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils sont pauvres et qu’ils vivent dans des pays en guerre.

Vous êtes en train de dire qu’il faut se résoudre à ce que l’Europe n’existe plus ?

Si on ne change pas les choses, si on ne change pas de modèle, on aura alors une déliquescence dans tous les pays où les populismes grimpent. Donc ce que je dis à nos amis allemands, c’est qu’il faut changer, sinon nous disparaîtrons et ce à relativement court terme. Dans les 20 ans l’affaire sera faite, j’en ai la conviction.

Nous dépensons chaque année cinquante milliards d’euros pour les fonds de développement régionaux intra européens. C’est très bien d’avoir une autoroute supplémentaire au Portugal ou en Pologne mais c’est aussi très bien d’avoir des hôpitaux et un Etat de droit dans les pays du Maghreb et en Afrique Centrale, parce que c’est notre intérêt. Nous devons avoir un partenariat stratégique et une union douanière avec nos voisins du Sud.

Ce que j’ai voulu dénoncer dans ma tribune, c’est le somnambulisme, comme ce livre  » Les somnambules – été 1914″ qui montrait que nous étions arrivés à la guerre de 14 parce que nous n’avions pas vu les choses arriver.

Aujourd’hui, nous sommes des somnambules. Nous critiquons l’Union sans vrai plan B. La meilleure preuve, c’est que les Britanniques, après avoir voté pour le Brexit, font tout pour rester dans l’union douanière et le marché intérieur, tout. Parce qu’il n’y a pas d’alternative aux institutions européennes qui régulent nos relations.

Vous dites somnambules, mais peut-on aussi dire grand naïf ou grand niais ? Parce que sur les points précédemment évoqués, on ne peut pas raconter un grand récit européen en cédant à toutes les thématiques à la mode du politiquement correct, on ne peut pas non plus être une grande puissance économique en se montrant naïf sur la souveraineté numérique à propos de laquelle la Silicon Valley a déjà pris la main ou alors quand les chinois ne jouent pas du tout l’esprit des traités que nous nous appliquons scrupuleusement à respecter en matière de libre échange.

Il n’y a pas de souveraineté pour les pays faibles. Et il ne peut y avoir de souveraineté pour l’union européenne, comme pour tout ensemble politique, si elle est faible. La souveraineté européenne dont parle Macron n’est possible que si nous affirmons une volonté de contrebalancer Trump quand il dit  » je décide où vos industries ont le droit de travailler ».

Ne soyons pas naïfs, quand il y a des amendes américaines à la Société Générale ou chez BNP ; ce sont les résultats d’outils de rétorsions économiques. Il nous faut avoir les mêmes outils de rétorsion économique, car nous sommes trop souvent les bons élèves de l’OMC.

Vous qui êtes élu européen depuis près de 10 ans, est ce que vous sentez qu’il est encore possible de faire, ou alors sentez-vous un état de délitement tel que la bataille sera rude quelle que soit l’intention que l’on se donne ?

Elle est possible à condition que l’on se fixe une direction, et que cette direction soit le résultat d’un engagement vis-à-vis de nos électeurs. Notre direction, c’est de modifier les traités pour faire de l’Europe une Europe puissante. Cela devient possible à condition d’avoir les idées claires : changer les traités pour plus d’Europe. ll y a 10 ans, quand nous parlions de réciprocité, c’est le terme politiquement correct pour protectionnisme européen, les gens nous regardaient en souriant. Aujourd’hui, les députés européens nous ont compris, même les « libéraux nordiques » ont compris que l’Europe est en train de mourir de sa naïveté. Mais cela nécessite des outils politiques que l’on n’a pas aujourd’hui, dont un pouvoir exécutif européen fort.

Laurent Wauquiez, que vous avez soutenu, vous-a-t-il déçu depuis qu’il est à la tête des Républicains même s’il est resté prudent sur la question européenne ?

Sur la question européenne, Laurent Wauquiez a été très prudent et il a dit que le débat était ouvert. Et je ne veux pas être le dernier à peser dans celui-ci. Parce que nous sommes un parti de gouvernement, nous ne pouvons plus dire que nous sommes à la fois européens, que nous voulons réformer l’Europe. Et en même temps être un parti qui ne cesse de critiquer l’Europe. Une des obligations d’un parti comme Les Républicains, c’est qu’il ne peut pas parler de l’Europe en termes essentiellement négatifs. Comme signataires de la charte du PPE, c’est impossible. Et c’est aussi ce qui nous distingue de Mélenchon et de Le Pen. Je veux le rappeler clairement.

Mais nous ne pouvons pas non plus jouer à l’incantation –et c’est ce qu’Emmanuel Macron fait en prétendant avoir un discours européen. Il nous a mis à mal avec nos voisins. Or vous ne pouvez être fort en Europe que si vous ne trouvez pas des alliés. Il a gâché la position française en Europe et nous a mis en mauvaise posture, même vis-à-vis des allemands. C’est la réalité des choses, il a gâché les atouts qui lui avaient été confiés et je lui en veux beaucoup.

Les eurosceptiques ont le vent en poupe en Europe ?

Les eurosceptiques ont le vent en poupe en Europe. La Grande-Bretagne, l’Italie, la Pologne, la Hollande, l’Autriche, l’Allemagne avec l’AfD… L’Europe est l’exutoire de toutes les angoisses. Le rôle d’un parti de gouvernement, comme Les Républicains, est de dire la vérité : c’est-à-dire les immenses avantages que l’Union européenne nous procure tous les jours, et en même temps la nécessité pour elle de se réformer profondément. À la différence des eurosceptiques, nous devons défendre l’Union européenne et ses institutions, malgré ses insuffisances. Parce qu’il ne suffit pas de dire qu’on veut réformer l’Europe, il faut dire pour quoi faire, dans quel cadre institutionnel (je rappelle que pour réformer les traités il faut l’unanimité des états membres…) et avec qui. Si nous avons un discours unijambiste, c’est-à-dire qui ne dise que du bien de l’Europe, ou qui n’en dise que du mal, nous faisons le jeu des eurosceptiques. C’est pour ça que nous existons, nous Les Républicains. Pour être une alternative crédible. La faillite de la Grande-Bretagne qui voudrait rester dans le marché intérieur est la preuve par neuf que l’Union est indispensable. On ne pouvait pas rêver meilleure preuve, malheureusement, à opposer aux eurosceptiques.

Comment votre prise de position a-t-elle été perçue au sein des LR alors que le parti semble fuir toute clarification sur la question européenne comme la peste ?

Nous le verrons fin juin puisqu’il y a une grande réunion sur l’Europe qui est organisée par les Républicains. Mais oui, les réactions montrent que les gens sont conscients que si nous n’inventons pas un nouveau modèle qui soit un modèle de politique et de puissance européen, nous continuerons à tourner en rond. Le marché intérieur, encore une fois,  c’est bien mais ça ne suffit plus, il faut passer du consommateur au citoyen. Mais qu’en même temps, nous avons le devoir de défendre l’Europe.

Jusqu’à présent, vous n’avez pas eu  de commentaires de la part de Laurent Wauquiez ?

Laurent Wauquiez n’a émis aucun commentaire sur le sujet. Nous en discuterons bientôt.

J’ai participé à un débat sur Public Sénat concernant la violence à l’hôpital – 16 mai 2018

Avec :
Caroline MICHEL-AGUIRRE : Journaliste à l’Obs,
Michel AMIEL : Sénateur (LREM )des Bouches-du-Rhône , Médecin,
Thierry AMOUROUX : Secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers,
Alexia GERMONT : Présidente-fondatrice du think tank France Audacieuse,
Anne-Sophie BEAUVAIS : Directrice générale de Sciences Po Alumni, Rédactrice en chef du magazine Emile,
Cathy LE GAC : Secrétaire générale de Sud Santé AP-HP.
Présenté par Rebecca FITOUSSI.

Communiqué de presse – Total et l’Iran : «Monsieur le Président, l’heure de vérité est venue. Avez-vous une vraie politique européenne? Montrez-la!»

17/05/2018 – Total et l’Iran : « Monsieur le Président, l’heure de vérité est venue. Avez-vous une vraie politique européenne ? Montrez-la ! » Philippe Juvin (LR, PPE, Fr)

« Emmanuel Macron clame sans cesse qu’il croit en l’Europe. Il communique beaucoup à ce sujet. Il a également beaucoup communiqué sur un nouveau partenariat, d’égal à égal, avec les États-Unis », a expliqué Philippe Juvin.

« En tant que député européen LR-PPE, je lui demande de comprendre la gravité de la situation qui est en train d’affecter les intérêts français et européens en Iran.

La société Total doit y exploiter un immense gisement pétrolier de plus de 400.000 barils par jour (Projet South Pars II). Or le groupe français risque de perdre ce marché s’il n’obtient pas une autorisation des États-Unis avant le 4 novembre. Cette autorisation est rendue nécessaire par la nouvelle politique iranienne des États-Unis, et la clause exorbitante de souveraineté extra territoriale que les Américains s’attribuent à leur seul bénéfice. Avec pouvoir unilatéral de vie ou de mort sur les sociétés non américaines ».

« Cette situation de dépendance d’une grande société française à l’égard des États-Unis est intolérable. Elle doit être vigoureusement dénoncée comme telle par le président Macron auprès de son nouvel ami Donald Trump. Il ne suffit pas de se donner de grandes accolades pour être alliés, il faut se respecter. Il ne suffit pas de clamer qu’on veut défendre la souveraineté française et européenne, il faut le faire.

En tant que député européen, je demande à Emmanuel Macron d’obtenir des États-Unis qu’ils n’appliquent pas de sanctions extraterritoriales à Total ni à d’autres sociétés européennes. Je lui demande aussi de présenter au Conseil européen une résolution d’urgence en vue de l’adoption d’un règlement permettant aux Européens de répondre et de résister à l’ingérence des États-Unis dans les affaires économiques des pays de l’Union, en dehors du territoire des Etats-Unis.

L’Europe doit être capable de protéger les intérêts vitaux de ses états membres », a indiqué le député européen.

« Le Président Macron doit obtenir de ses partenaires européens une action rapide, coordonnée et efficace. Sinon, son discours pro-européen sera jugé comme n’étant qu’une coquille inefficace. Et les échanges d’accolades viriles entre lui et le président Trump, comme un outil de pure communication, dans le seul but d’épater la galerie.

Monsieur le Président, le temps de la communication est terminé : l’heure de vérité est venue : avez-vous une vraie politique européenne ? Montrez-la », a conclu Philippe Juvin.

Ma tribune dans le journal l’Opinion – mercredi 16 mai


Retrouvez mes passages médias du mercredi 9 et jeudi 10 mai relatifs au décès d’une jeune Strasbourgeoise qui avait pourtant appelé le Samu

 

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « RTL Midi » ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « Punchline » sur Cnews ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « News et compagnie » sur BFMTV ce mercredi 9 mai 2018 (à partir de 5mn49):

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « C dans l’air » sur France 5 ce jeudi 10 mai 2018 :

Ma tribune dans le journal Libération – mardi 24 avril 2018

Réécoutez-moi ci-dessous dans l’émission «Les Voix de Bilger» sur Sud Radio (20/04/2018) avec Philippe Bilger


Je suis intervenu sur Europe 1 ce matin au travers du reportage sur la montée du salafisme et le rôle des Maires (à partir de la 2e minute)

« Pour lutter, malgré l’absence d’aide de l’Etat, contre l’implantation de ces réseaux, les élus font ce qu’ils peuvent. Face à ce qui aurait pu ressembler à une banale association d’aide aux devoirs, Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes, a pris des mesures. « Ils voulaient prendre ce local pour y donner des cours réservés aux garçons. J’ai envoyé deux ou trois animateurs de la ville qui se sont installés physiquement dans le local. Et j’ai organisé moi-même, en quelques jours, les fameux cours de rattrapage pour les garçons et pour les filles », explique-t-il.

Pour ce maire, il est indispensable « d’occuper l’espace ». Dès septembre, dans les centres aérés, il lancera des cours sur les héros de la civilisation européenne. Sa solution à lui. »