Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes
Président de la fédération Les Républicains des Hauts-de-Seine

Presse | Le blog de Philippe Juvin

Actualités 'Presse'

J’étais sur BFM Business pour revenir sur l’actualité du Brexit – 21/06/2018

J’ai participé à la table ronde de l’Humanité dans son édition du 15 juin 2018

Retrouvez-moi dans l’émission de Public Sénat « Europe hebdo » « Immigration : l’Europe sous tension » – 13/06/2018

Retrouvez ci-dessous mon interview sur l’Europe dans Atlantico

Atlantico : Vous avez publié une tribune dans l’Opinion, intéressante et cinglante, dans laquelle vous dites qu’il faut que les Républicains retrouvent une position claire et adulte sur l’Europe. En quelque sorte l’acte 1 de ce que serait une clarification de la position du parti selon vous. Mais quel en serait l’acte 2 : que pourrait être un programme pour les Européennes au-delà de la réaffirmation générique d’un engagement pro-européen dans le contexte troublé que vit l’Europe ?

Philippe Juvin : Il y a deux choses à prendre en compte dans la question européenne.

D’abord, il faut affirmer ce qui fonctionne dans ses institutions. Car oui, il y a des choses qui fonctionnent. En premier lieu, le marché unique. C’est mieux de vendre à 500 millions d’habitants qu’à 67 millions et c’est mieux qu’un consommateur qui vous achète votre produit ait les mêmes assurances sur la qualité du bien et ait la possibilité de vous le renvoyer. Nous n’allons pas refaire 27 règles sur la concurrence ou 27 règles sur les règles sanitaires. Sinon c’est la faillite de nos entreprises ! Aujourd’hui, personne ne le rappelle plus. Je le répète, il faut dire et affirmer qu’il y a des choses nécessaires dans l’Europe telle qu’elle existe.

Deuxième chose à prendre compte, la question du droit européen. Un des éléments qu’on entend, la petite musique qui monte à droite, c’est qu’il faudrait revenir sur la primauté du droit national. En pratique, c’est la négation totale de ce qu’il faut faire car cela refragmenterait le droit européen. Et donc affaiblirait la règle commune et tout l’édifice. L’Europe s’est construite par l’unification du droit.

Le marché unique et l’Union douanière sont efficaces, et il faut les approfondir. Il a été montré que si on approfondissait les règles du marché unique aujourd’hui, on pourrait aller jusqu’à augmenter de 12% le PIB européen, ce qui est considérable en termes de création de richesses, d’emplois etc…

Il faut l’affirmer haut et fort. Même s’il est vrai que certains responsables politiques n’osent pas le dire même quand ils le pensent. Moi je le dis et je le crie : disons ce qui marche en Europe et défendons-le.

Une fois qu’on s’est payé le luxe de défendre l’Europe et un certain de nombre de choses qui fonctionnent, on peut effectivement se permettre de poser les questions de fond à commencer par celle-ci : pouvons-nous continuer comme si de rien n’était ?

Et donc, qu’est ce qui ne marche pas selon vous ?

Les institutions de l’Union sont imparfaites, mais pas là où on le dit. D’abord, aucun projet politique ne peut exister sans institutions. La République Française a des institutions, l’UE a des institutions. Dire « On est pour l’Europe mais contre les institutions », est absurde. L’Europe ne peut pas ne pas avoir d’institutions. Là-dessus, je reprendrai l’esprit de la formule de Churchill sur la démocratie lorsqu’il disait que c’était le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres. On dit que les institutions de l’Union sont technocratiques : je rappelle qu’il y a moins de fonctionnaires dans toute l’UE, toutes institutions comprises -commission, parlement, cour de justice-  que d’agents à la Mairie de Paris ! Donc la critique de la bureaucratie bruxelloise, ça fait doucement rigoler, surtout lorsque ça vient d’un Français.

Mais est-ce qu’en critiquant les institutions européennes, ça n’est pas tout autre chose que le nombre de fonctionnaires qui y travaillent qu’on critique ? Le reproche qui leur est fait le plus souvent est de ne pas être suffisamment politiques et donc trop bureaucratique, pas assez démocratiques ?

Exactement. Cela signifie que les critiques que l’on fait ne sont pas les bonnes. Car la deuxième critique que l’on fait mais qui est injuste, c’est que ce système européen n’est pas suffisamment démocratique. Même si je partage un peu cet avis, je vais y revenir, je souris quand des responsables politiques français le disent car on sait comment est traité le parlement en France. En matière d’absence de démocratie, on fait difficilement pire… Donnez-moi un exemple depuis 1958 d’une loi votée par le parlement français qui aurait été en contradiction avec ce que voulait le gouvernement. Il n’y en a pas. La loi est toujours le reflet de ce que veut le gouvernement. Le parlement français ne fait pas la loi, il la subit.

Peut-être parce que le rôle d’un parlement moderne est plus de contrôler l’action du gouvernement que de légiférer ?

Le parlement français le fait-il ? Jamais, car c’est la nature même de nos institutions en France. Le Parlement européen, lui, est de type anglo-saxon. C’est un parlement qui peut dicter sa loi à la Commission européenne. Si donc je fais ces deux remarques préalables sur la prétendue technocratie et l’absence de démocratie de l’Union, c’est pour souligner qu’on ne cible pas les vrais défauts européens. Les institutions, ce n’est pas le vrai problème. Le vrai problème, c’est leur incapacité à créer une réaction concertée face à l’émergence de la Chine, à l’éloignement politique et stratégique des Etats-Unis ou à l’envolée démographique de l’Afrique.

Certes mais il n’y a pas ou peu d’institutions africaines qui puissent faire concurrence à l’Union européenne quand même…

Pas encore mais ces institutions viendront. Et en 2030, le Nigeria aura plus d’habitants que les Etats-Unis. La décadence politique du bloc occidental est écrite et en 2100, elle sera consommée. Ne croyez pas qu’il puisse en être autrement. Pour ne pas perdre toute puissance ou toute souveraineté,  il faut que nous nous dotions d’institutions qui soient fortes à 27. Et nous n’y parviendrons pas sans l’adhésion du peuple européen. Je crois donc à la nécessité absolue de l’élection au suffrage universel par les 500 millions d’Européens du président de la Commission ou du Conseil. Je ne suis pas le seul à le croire, la CDU l’a inscrit dans son programme. Il faut donner un souffle démocratique à l’Union pour lui permettre de mener des politiques adaptées, c’est-à-dire fortes et décidées aux nouveaux enjeux. Certes, le vrai sujet aujourd’hui, c’est que les Etats membres n’en veulent en fait pas. Ne soyons pas naïfs : les dirigeants nationaux, Monsieur Macron et Madame Merkel en tête, se lamentent en public de la faiblesse de l’Europe mais s’en satisfont ! Car pendant ce temps, ils gardent la barre.

Est-ce que la faiblesse des institutions européennes n’est pas précisément de n’avoir jamais su trancher entre ce qui est géré au niveau de la Commission et des institutions strictement européennes et ce qui continue à être géré au niveau de l’intergouvernemental ?

Les Etats, à travers les Traités, ont tranché très clairement, en confiant des compétences à l’Union et en gardant certaines. Après, c’est facile de se lamenter que l’Europe n’agisse pas dans des domaines qu’on ne lui a volontairement pas confiés ! L’Europe, c’est très pratique, ça permet non seulement aux Etats de ne pas assumer les décisions complexes mais aussi de se lamenter avec des propos du type « regardez, sur l’immigration, l’Europe ne fait rien ». Mais les instances européennes n’ont pas de compétences sur l’immigration ! Comment pourraient-elles agir sans l’accord des Etats ?

Moi ce que je dis, c’est qu’il faut des institutions démocratiques avec une expression forte du pouvoir,  je suis un bonapartiste européen.  Une légitimité à 500 millions d’électeurs européens est plus forte qu’une légitimité à 65 millions de Français. Il faudra aussi que nous donnions du temps à ceux qui détiennent ce pouvoir. Quand vous voyez que le Président chinois annonce au monde que deux mandats ça ne suffit pas, et qu’il se donne la possibilité d’en enchaîner plus, ça signifie que le mandat européen de 2 ans et demi, c’est de la blague. Comment voulez-vous peser ? Ni le président de la Commission européenne ni celui du Conseil n’ont le pouvoir nécessaire !

Il faut que les mandats politiques qui pilotent l’UE soient de 5, 6 voire 7 ans. Il faut accepter que les Etats transfèrent totalement certaines politiques à l’UE. Mais avec un mode de gouvernement différent. Les commissaires européens doivent être désignés par le président de la Commission, lui-même élu au suffrage universel, pas par les 27 capitales de l’Union. Le président de la commission doit pouvoir choisir ses ministres comme le fait tout chef de gouvernement. L’outil politique européen doit se renforcer en se donnant la légitimité de la désignation par la souveraineté populaire

Vous parlez de souveraineté populaire, ce qui suppose qu’un peuple existe.  Est-ce que ce n’est pas un autre problème de l’UE de s’être construite principalement autour d’institutions en oubliant le peuple. On peut comprendre le pari de 1957 d’institutions précédant la constitution d’un peuple mais est-ce qu’à force de contourner la question de  l’existence réelle de ce peuple, les institutions ne sont pas enlisées ? Vous parliez de « décadence occidentale »  mais cela suppose que l’Occident existe. Nous avons un passeport européen mais concrètement, à part des citoyens de papier biométrisés, qui sommes-nous ?

J’ai une thèse qui est évidemment très critiquable. A la fin du 19ème siècle, alors que la France était épuisée par des décennies terribles -trois républiques, deux empires, quatre rois, des révolutions et des guerres civiles-et qu’elle venait en plus de perdre l’Alsace et la Lorraine, qu’avons-nous fait ? Nous avons construit et raconté un roman national. Pas une histoire, un roman.

Justement, que peut-il être ce roman populaire européen ?

Il existe, il a commencé à Athènes, à Rome, il s’est poursuivi avec la Chrétienté, les Lumières et puis des guerres civiles. Et nous avons des héros : des guerriers, des hommes d’Etat, des artistes, des scientifiques.

Mais est ce que l’Europe n’est pas à l’inverse dans l’évitement absolu de ce  roman populaire européen ?

Parce qu’il y a aujourd’hui en Europe beaucoup de citoyens d’origine extra-européenne, on peine à assumer que l’esprit européen s’est aussi construit en résistance à d’autres, comme l’Empire ottoman.  Un roman populaire peut-il faire abstraction d’une réalité ethnique et culturelle dominante ?

Je suis conscient qu’un certain nombre de gens, dont je ne fais pas partie, pensent qu’il faut éviter d’afficher trop fortement un héritage culturel et ethnique européen afin de ne pas empêcher l’intégration de populations d’origines étrangère.

Mais qu’est ce qui fait qu’un Corse se sent français ? Qu’est ce qui fait qu’un Corse accepte de se faire gouverner par un Lillois ? C’est le sentiment d’appartenir à la même communauté de destin. C’est qu’ils ont tous les deux l’idée qu’ils ont un passé commun, fait de joies, de peines et de fiertés communes. Même si c’est historiquement parfois faux ! Quelqu’un qui habite la Savoie n’a évidemment pas la même histoire que quelqu’un qui a grandi en Bretagne. Et pourtant, on va tous mourir ensemble à Verdun. Par quel miracle ? Le miracle c’est le roman national qu’on vous a raconté, et ce roman il faut aussi le raconter à l’échelon européen. Et c’est facile, car il existe ! Comme je vous le disais précédemment, c’est Rome, la Grèce, la Chrétienté, les Lumières.

Il existe, mais au même moment on se retrouve dans un moment de notre histoire ou on ne cesse de la déconstruire, voire de la criminaliser en culpabilisant des citoyens qui ne sont pourtant pas responsables de ce qui s’est passé il y a 200 ans ?

Absolument, c’est une erreur historique qui va nous faire disparaitre de l’histoire. Les Européens seront capables de faire de grandes choses ensemble s’ils sont fiers de leur histoire collective. Pas s’ils en ont honte.

Je parlais récemment avec Bruno Gollnisch qui ne croit évidemment pas beaucoup dans la nation européenne telle que je la définis mais il me disait : « au fond, si vous les européistes, vous nous proposiez un grand Etat fort européen, après tout pourquoi pas ? » Si nous ne voulons pas disparaitre de l’histoire, il faut que nous nous racontions une histoire commune.

Est-ce que cela passe par le fait de choisir un ennemi –ou d’accepter ceux qui ont choisi de se poser comme les nôtres ? La pensée européenne a voulu sortir de l’histoire et échapper à ses tragédies, moyennant quoi, accepter l’idée même de l’existence d’ennemis est devenu difficile.

A la bataille de Tannenberg, nos ennemis, c’était les Russes, à la bataille de Lépante, les Ottomans.

J’entends mais je répète, qui est l’autre aujourd’hui ? Celui qui va être « Européisateur » en quelque sort par le rejet qu’il suscite ?

Les Ottomans, les Russes, ceux qui ne sont pas dans notre roman. Nous pouvons écrire une histoire qui s’est aussi écrite contre les autres, mais aussi des valeurs qui nous rassemblent : la liberté de penser, par exemple. Notre capacité à critiquer les textes sacrés : voilà une autre caractéristique de l’esprit européen. Pourtant, nous ne voulons même pas y réfléchir. J’ai récemment écrit à Jean-Claude Juncker et à Emmanuel Macron au sujet de nos billets de banques. Nous avons suffisamment de héros européens pour mettre des héros unificateurs sur nos billets et pas seulement des monuments. Mozart, Goethe, Luther, Périclès et Marie Curie sont des héros européens. Et nous, les Français, aurions tout particulièrement intérêt à cela. Parce que l’histoire de la France est en grande partie l’histoire de l’Europe. Et comment voulez-vous intégrer toutes ces populations nouvelles si nous sommes honteux de nous-mêmes ?

Est-ce que vous ne répétez pas là cette faiblesse de la pensée européenne française qui ne veut de l’Europe que dans la mesure où l’Union est un véhicule de puissance pour la Franceau risque de s’aliéner nos alliés qui n’ont pas spécialement comme but dans la vie d’être le relais de la puissance française ?

Mais tous les pays le voient comme ça. Si des Etats sont entrés dans l’Union, c’est parce qu’ils ont compris qu’ils avaient besoin d’un véhicule de puissance, tous. Une étude publiée par les Britanniques en 2014, c’est ironique d’ailleurs, montre la chose suivante : en faisant une projection des 10 Etats les plus puissants au monde en 2020, 2030 et 2040, à chaque date, un Etat de l’Union disparaît du top 10. D’abord les Italiens puis les Français, les Britanniques et pour finir les Allemands qui sont les derniers à rester mais disparaissent finalement en 2050. Mais si vous retirez les pays de l’Union pris séparément et que vous remettez l’UE à 27 à la place, en 2050, on est toujours présents dans les 10 premiers.

Le véhicule de puissance qui nous permet de rester à la table du directoire mondial, c’est l’Union. Valable pour la France mais aussi pour tous les autres.

Un véhicule de puissance qui puisse exister à travers l’Union européenne c’est une chose mais comme pour un véhicule dans le sens littéral du terme, on peut toujours avoir la voiture, si on ne décide pas de là on souhaite aller, la voiture fait du surplace. Et l’idée que l’Allemagne se fait de sa puissance et de ses intérêts en Afrique, avec la Russie ou la Turquie par exemple ne ressemble pas fondamentalement à l’idée que la France s’en fait…

Si nous apprenions une même histoire commune, alors nous, Français, n’y perdrions pas parce que nos héros sont en général des héros européens. Et si nous apprenions cette même histoire à des enfants dès le CP, en une génération, en 15 ans, ce serait fait ! Nous aurions un peuple avec les mêmes héros, les mêmes références et la capacité à se demander le plus naturellement du monde « que voulons-nous faire ensemble ? « 

La génération Erasmus a pu croire à ce réveil y a 20 ans mais ne déchante-t-elle pas aujourd’hui ? Les intérêts nationaux de chacun des Etats européens n’ont jamais cessé de prévaloir comme on a pu le voir avec la crise grecque. Les Etats-Unis existent en tant que nation parce que le Massachussetts n’hésite jamais à effectuer des transferts budgétaires pour financer l’Alabama ou tout autre Etat de l’union structurellement déficitaire. En Europe, les Allemands ne veulent pas payer pour les Grecs ni d’ailleurs pour personne et les Français dans une moindre mesure ne sont pas non plus fondamentalement généreux vis-à-vis des pays les moins favorisés.

C’est pour cela qu’il faut passer une étape grâce à l’outil culturel : apprendre à tout le monde que nous avons le même terreau de civilisation. On ne l’a jamais fait alors que c’est fondamental. Du coup, vous vous sentez responsable de l’autre. L’Allemand se sentira responsable du Grec.

Ça ne suffira pas bien sûr, il faudra aussi établir des règles nouvelles, comme un budget de l’Union européenne. Car tant que vous n’avez pas un budget de l’Union, vous n’avez pas de capacité à répondre à des chocs asymétriques et justement à créer une solidarité réelle.

Mais l’Allemagne n’en veut pas ! Vous avez vu j’imagine la tribune des 154 économistes allemands, parfaite incarnation de l’ordo-libéralisme qui domine idéologiquement outre-Rhin, et signifiant leur opposition absolue au projet d’approfondissement de la zone euro voulu par Emmanuel Macron…

Oui, il y a des gens qui disent qu’il n’y aura jamais d’idée nationale européenne et qui ne veulent pas entendre parler des héros polonais ou italiens. Or le drame de l’Union européenne, c’est qu’elle ne se vit pas comme une puissance à visée mondiale, elle ne se vit que comme un marché unique. C’est très bien, ; mais très insuffisant.

Nous avons créé des consommateurs, nous avons maintenant besoin de citoyens ! Il nous faut donc à présent les outils pour les créer, ainsi que des outils budgétaires. Ça peut être aussi des outils d’interventions économique par exemple sur la lutte contre le chômage. Certains économistes ont montré qu’un fond de rémunération des chômeurs de courte durée, à l’échelon européen, en cas de crise du type de celle de 2008 pouvait avoir un fort effet de levier sur le PIB. Une des caractéristiques européennes, c’est la solidarité collective. Mettons la en œuvre.

Ce sont des sujets qu’on aborde très régulièrement sur Atlantico en voyant justement qu’il y a un libéralisme américain qui comprend beaucoup mieux la nécessité d’intervention sociale que le libéralisme européen…

C’est justement ce qu’il faut faire au niveau européen parce que cela crée de la conscience et de la solidarité.

C’est un objectif qui est totalement partageable mais encore une fois, en me faisant l’avocat du diable, comment faites-vous si en face il y a l’Allemagne et ses 85 millions d’habitants qui disent « Nein, on ne veut pas en entendre parler » ?  Comment faites-vous si à la tête de la banque centrale – il y a un bataille féroce à l’heure actuelle pour remplacer Mario Draghi, avec notamment un Hans Weidmann le directeur de la Bundesbank qui veut importer cette vision ordo libérale allemande en disant « Nein, on arrête toute logique de création monétaire » et finalement de solidarité entre les Etats de la zone euro ?

Avant la crise de 2008, les Allemands ne voulaient pas d’intervention de la BCE. Aujourd’hui, la BCE intervient … Mais vous avez raison de le souligner, parce que parfois l’Alpha et l’Omega des programmes européens des partis, c’est de dire qu’’ils vont refonder l’Europe. Oui mais à condition de dire pour quoi faire, comment et avec qui. Car ils oublient que la refondation passe forcément par un nouveau traité et que celui-ci passe forcément par une unanimité des membres. Il n’y a pas d’autre voie pour l’Europe que de convaincre les Allemands qu’il est de leur intérêt d’accepter plus de solidarité économique faute de quoi, ils disparaîtront.

C’est un peu la logique du quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est-à-dire « Regardez, je transforme la France. En échange, vous accepterez de faire un pas dans notre direction ». Sauf que l’Allemagne a d’ores et déjà dit non à la vision exposée à la Sorbonne par Emmanuel Macron et qu’elle n’a pas non plus l’air très convaincue par la profondeur des réformes menées par le président français…

Emmanuel Macron prétend gouverner l’Europe. Mais depuis le premier jour, il a poussé à ce que nos partenaires disent non. Il est impossible de changer l’Europe sans allié. Lui comme son prédécesseur, croient que, s’ils ont la majorité chez eux, on les attend en Europe. Or en Europe, personne ne nous attend.

D’abord, Emmanuel Macron s’est mis à dos les Italiens sur l’affaire de la fusion du croisiériste et des chantiers de SAINT NAZAIRE. Ensuite il a affronté bêtement les Allemands en refusant lors de l’été 2017 le projet de directive sur les travailleurs détachés, certes tout à fait imparfait mais qui présentait l’avantage d’avoir recueilli une sorte de consensus. Il a tout bloqué en juillet pour finalement aboutir au mois de novembre dernier à exactement la même chose. Et la presse française, qui ne connaît rien aux sujets européens, en a fait ses gros titres :  » Macron a sauvé la directive des travailleurs détachés « . Ça m’a fait doucement rigoler. Emmanuel Macron a fait de la communication. Et il a même pris un risque encore pire, car un mois plus tard, c’était la Bulgarie qui était présidente de l’UE, ce qui aurait ruiné toute perspective de parvenir à un accord sur la réforme des directives travailleurs détachés. Emmanuel Macron est un apprenti sorcier.

Et je peux continuer ma liste, après l’Allemagne, ce sont les Polonais qu’il s’est mis à dos en leur donnant des leçons de morale.

L’Europe est une école d’humilité et Emmanuel Macron est arrivé en disant avec ce défaut très français qui consiste à penser que tout le monde va naturellement nous suivre. La fameuse arrogance française.

J’ai vu tellement souvent cette prétention française au parlement européen avec des députés français qui débarquent en se prenant pour le centre du monde parce qu’ils sont anciens ministres. Un jour, je me souviens d’un Italien qui avait répondu : « chère madame ici tout le monde est ancien ou futur ministre, donc chacun parle à son tour ». Dans l’UE, l’humilité, le respect et l’écoute des autres, c’est majeur. Et bâtir des alliances. La France l’oublie quasi systématiquement. Oui la tribune des économistes allemands dont vous parliez exprime une position très dure mais il faudra bien prendre le temps de les persuader . Et ça, ça oblige la France à faire les réformes dont notre pays a besoin et à ne prendre personne de haut.

Vous parlez de ces réformes dont la France a besoin avec ou sans l’Europe mais même à supposer que nous les fassions, nos démographies très différentes font que nos intérêts économiques divergent de plus en plus avec l’Allemagne. Quelle est donc la probabilité que l’on arrive à relancer l’Europe sans passer par la case accident historique ? Quand on regarde l’histoire européenne, certes il y a eu les idées d’Adenauer de Gaspieri ou de Monet mais il y aussi eu les chars américains et les tanks soviétiques, et surtout la nécessité d’échapper aux guerres intra-européennes. Nous avons tellement réussi sur ce dernier aspect que nous l’avons oublié.

L’accident historique est en train de survenir, c’est le choc démographique. Nos pays sont soumis à une pression démographique du sud, aggravée par les guerres, l’instabilité et la pauvreté. Certains sont terrorisés par ce qu’ils appellent le grand remplacement. La vérité est qu’il faut à la fois massivement aider les pays du sud pour éviter les exodes massifs, et intégrer les populations nouvelles dans notre modèle de civilisation européen. Sinon, effectivement, nous sommes exposés à nous voir disparaître. Mais cette intégration, qui est indispensable, ne sera possible que si nous sommes nous-mêmes suffisamment fiers de notre histoire pour la défendre.

Même dans la bouche du président d’ailleurs quand il parle de « mâles blancs » qui n’ont pas vocation à s’expliquer sur des banlieues qui ne seraient donc peuplées que de non-blancs…

Oui il l’a dit.. L’accident historique est en train de survenir : il va arriver lentement mais sûrement.

Ce que nous devons dire aux Allemands, c’est que le million de migrants qu’ils ont accepté et dont l’intégration leur pose désormais problème, n’est rien par rapport aux deux milliards d’Africains qui, de toute façon franchiront la Méditerranée parce qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils sont pauvres et qu’ils vivent dans des pays en guerre.

Vous êtes en train de dire qu’il faut se résoudre à ce que l’Europe n’existe plus ?

Si on ne change pas les choses, si on ne change pas de modèle, on aura alors une déliquescence dans tous les pays où les populismes grimpent. Donc ce que je dis à nos amis allemands, c’est qu’il faut changer, sinon nous disparaîtrons et ce à relativement court terme. Dans les 20 ans l’affaire sera faite, j’en ai la conviction.

Nous dépensons chaque année cinquante milliards d’euros pour les fonds de développement régionaux intra européens. C’est très bien d’avoir une autoroute supplémentaire au Portugal ou en Pologne mais c’est aussi très bien d’avoir des hôpitaux et un Etat de droit dans les pays du Maghreb et en Afrique Centrale, parce que c’est notre intérêt. Nous devons avoir un partenariat stratégique et une union douanière avec nos voisins du Sud.

Ce que j’ai voulu dénoncer dans ma tribune, c’est le somnambulisme, comme ce livre  » Les somnambules – été 1914″ qui montrait que nous étions arrivés à la guerre de 14 parce que nous n’avions pas vu les choses arriver.

Aujourd’hui, nous sommes des somnambules. Nous critiquons l’Union sans vrai plan B. La meilleure preuve, c’est que les Britanniques, après avoir voté pour le Brexit, font tout pour rester dans l’union douanière et le marché intérieur, tout. Parce qu’il n’y a pas d’alternative aux institutions européennes qui régulent nos relations.

Vous dites somnambules, mais peut-on aussi dire grand naïf ou grand niais ? Parce que sur les points précédemment évoqués, on ne peut pas raconter un grand récit européen en cédant à toutes les thématiques à la mode du politiquement correct, on ne peut pas non plus être une grande puissance économique en se montrant naïf sur la souveraineté numérique à propos de laquelle la Silicon Valley a déjà pris la main ou alors quand les chinois ne jouent pas du tout l’esprit des traités que nous nous appliquons scrupuleusement à respecter en matière de libre échange.

Il n’y a pas de souveraineté pour les pays faibles. Et il ne peut y avoir de souveraineté pour l’union européenne, comme pour tout ensemble politique, si elle est faible. La souveraineté européenne dont parle Macron n’est possible que si nous affirmons une volonté de contrebalancer Trump quand il dit  » je décide où vos industries ont le droit de travailler ».

Ne soyons pas naïfs, quand il y a des amendes américaines à la Société Générale ou chez BNP ; ce sont les résultats d’outils de rétorsions économiques. Il nous faut avoir les mêmes outils de rétorsion économique, car nous sommes trop souvent les bons élèves de l’OMC.

Vous qui êtes élu européen depuis près de 10 ans, est ce que vous sentez qu’il est encore possible de faire, ou alors sentez-vous un état de délitement tel que la bataille sera rude quelle que soit l’intention que l’on se donne ?

Elle est possible à condition que l’on se fixe une direction, et que cette direction soit le résultat d’un engagement vis-à-vis de nos électeurs. Notre direction, c’est de modifier les traités pour faire de l’Europe une Europe puissante. Cela devient possible à condition d’avoir les idées claires : changer les traités pour plus d’Europe. ll y a 10 ans, quand nous parlions de réciprocité, c’est le terme politiquement correct pour protectionnisme européen, les gens nous regardaient en souriant. Aujourd’hui, les députés européens nous ont compris, même les « libéraux nordiques » ont compris que l’Europe est en train de mourir de sa naïveté. Mais cela nécessite des outils politiques que l’on n’a pas aujourd’hui, dont un pouvoir exécutif européen fort.

Laurent Wauquiez, que vous avez soutenu, vous-a-t-il déçu depuis qu’il est à la tête des Républicains même s’il est resté prudent sur la question européenne ?

Sur la question européenne, Laurent Wauquiez a été très prudent et il a dit que le débat était ouvert. Et je ne veux pas être le dernier à peser dans celui-ci. Parce que nous sommes un parti de gouvernement, nous ne pouvons plus dire que nous sommes à la fois européens, que nous voulons réformer l’Europe. Et en même temps être un parti qui ne cesse de critiquer l’Europe. Une des obligations d’un parti comme Les Républicains, c’est qu’il ne peut pas parler de l’Europe en termes essentiellement négatifs. Comme signataires de la charte du PPE, c’est impossible. Et c’est aussi ce qui nous distingue de Mélenchon et de Le Pen. Je veux le rappeler clairement.

Mais nous ne pouvons pas non plus jouer à l’incantation –et c’est ce qu’Emmanuel Macron fait en prétendant avoir un discours européen. Il nous a mis à mal avec nos voisins. Or vous ne pouvez être fort en Europe que si vous ne trouvez pas des alliés. Il a gâché la position française en Europe et nous a mis en mauvaise posture, même vis-à-vis des allemands. C’est la réalité des choses, il a gâché les atouts qui lui avaient été confiés et je lui en veux beaucoup.

Les eurosceptiques ont le vent en poupe en Europe ?

Les eurosceptiques ont le vent en poupe en Europe. La Grande-Bretagne, l’Italie, la Pologne, la Hollande, l’Autriche, l’Allemagne avec l’AfD… L’Europe est l’exutoire de toutes les angoisses. Le rôle d’un parti de gouvernement, comme Les Républicains, est de dire la vérité : c’est-à-dire les immenses avantages que l’Union européenne nous procure tous les jours, et en même temps la nécessité pour elle de se réformer profondément. À la différence des eurosceptiques, nous devons défendre l’Union européenne et ses institutions, malgré ses insuffisances. Parce qu’il ne suffit pas de dire qu’on veut réformer l’Europe, il faut dire pour quoi faire, dans quel cadre institutionnel (je rappelle que pour réformer les traités il faut l’unanimité des états membres…) et avec qui. Si nous avons un discours unijambiste, c’est-à-dire qui ne dise que du bien de l’Europe, ou qui n’en dise que du mal, nous faisons le jeu des eurosceptiques. C’est pour ça que nous existons, nous Les Républicains. Pour être une alternative crédible. La faillite de la Grande-Bretagne qui voudrait rester dans le marché intérieur est la preuve par neuf que l’Union est indispensable. On ne pouvait pas rêver meilleure preuve, malheureusement, à opposer aux eurosceptiques.

Comment votre prise de position a-t-elle été perçue au sein des LR alors que le parti semble fuir toute clarification sur la question européenne comme la peste ?

Nous le verrons fin juin puisqu’il y a une grande réunion sur l’Europe qui est organisée par les Républicains. Mais oui, les réactions montrent que les gens sont conscients que si nous n’inventons pas un nouveau modèle qui soit un modèle de politique et de puissance européen, nous continuerons à tourner en rond. Le marché intérieur, encore une fois,  c’est bien mais ça ne suffit plus, il faut passer du consommateur au citoyen. Mais qu’en même temps, nous avons le devoir de défendre l’Europe.

Jusqu’à présent, vous n’avez pas eu  de commentaires de la part de Laurent Wauquiez ?

Laurent Wauquiez n’a émis aucun commentaire sur le sujet. Nous en discuterons bientôt.

J’ai participé à un débat sur Public Sénat concernant la violence à l’hôpital – 16 mai 2018

Avec :
Caroline MICHEL-AGUIRRE : Journaliste à l’Obs,
Michel AMIEL : Sénateur (LREM )des Bouches-du-Rhône , Médecin,
Thierry AMOUROUX : Secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers,
Alexia GERMONT : Présidente-fondatrice du think tank France Audacieuse,
Anne-Sophie BEAUVAIS : Directrice générale de Sciences Po Alumni, Rédactrice en chef du magazine Emile,
Cathy LE GAC : Secrétaire générale de Sud Santé AP-HP.
Présenté par Rebecca FITOUSSI.

Communiqué de presse – Total et l’Iran : «Monsieur le Président, l’heure de vérité est venue. Avez-vous une vraie politique européenne? Montrez-la!»

17/05/2018 – Total et l’Iran : « Monsieur le Président, l’heure de vérité est venue. Avez-vous une vraie politique européenne ? Montrez-la ! » Philippe Juvin (LR, PPE, Fr)

« Emmanuel Macron clame sans cesse qu’il croit en l’Europe. Il communique beaucoup à ce sujet. Il a également beaucoup communiqué sur un nouveau partenariat, d’égal à égal, avec les États-Unis », a expliqué Philippe Juvin.

« En tant que député européen LR-PPE, je lui demande de comprendre la gravité de la situation qui est en train d’affecter les intérêts français et européens en Iran.

La société Total doit y exploiter un immense gisement pétrolier de plus de 400.000 barils par jour (Projet South Pars II). Or le groupe français risque de perdre ce marché s’il n’obtient pas une autorisation des États-Unis avant le 4 novembre. Cette autorisation est rendue nécessaire par la nouvelle politique iranienne des États-Unis, et la clause exorbitante de souveraineté extra territoriale que les Américains s’attribuent à leur seul bénéfice. Avec pouvoir unilatéral de vie ou de mort sur les sociétés non américaines ».

« Cette situation de dépendance d’une grande société française à l’égard des États-Unis est intolérable. Elle doit être vigoureusement dénoncée comme telle par le président Macron auprès de son nouvel ami Donald Trump. Il ne suffit pas de se donner de grandes accolades pour être alliés, il faut se respecter. Il ne suffit pas de clamer qu’on veut défendre la souveraineté française et européenne, il faut le faire.

En tant que député européen, je demande à Emmanuel Macron d’obtenir des États-Unis qu’ils n’appliquent pas de sanctions extraterritoriales à Total ni à d’autres sociétés européennes. Je lui demande aussi de présenter au Conseil européen une résolution d’urgence en vue de l’adoption d’un règlement permettant aux Européens de répondre et de résister à l’ingérence des États-Unis dans les affaires économiques des pays de l’Union, en dehors du territoire des Etats-Unis.

L’Europe doit être capable de protéger les intérêts vitaux de ses états membres », a indiqué le député européen.

« Le Président Macron doit obtenir de ses partenaires européens une action rapide, coordonnée et efficace. Sinon, son discours pro-européen sera jugé comme n’étant qu’une coquille inefficace. Et les échanges d’accolades viriles entre lui et le président Trump, comme un outil de pure communication, dans le seul but d’épater la galerie.

Monsieur le Président, le temps de la communication est terminé : l’heure de vérité est venue : avez-vous une vraie politique européenne ? Montrez-la », a conclu Philippe Juvin.

Ma tribune dans le journal l’Opinion – mercredi 16 mai


Retrouvez mes passages médias du mercredi 9 et jeudi 10 mai relatifs au décès d’une jeune Strasbourgeoise qui avait pourtant appelé le Samu

 

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « RTL Midi » ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « Punchline » sur Cnews ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « News et compagnie » sur BFMTV ce mercredi 9 mai 2018 (à partir de 5mn49):

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « C dans l’air » sur France 5 ce jeudi 10 mai 2018 :

Ma tribune dans le journal Libération – mardi 24 avril 2018

Réécoutez-moi ci-dessous dans l’émission «Les Voix de Bilger» sur Sud Radio (20/04/2018) avec Philippe Bilger


Je suis intervenu sur Europe 1 ce matin au travers du reportage sur la montée du salafisme et le rôle des Maires (à partir de la 2e minute)

« Pour lutter, malgré l’absence d’aide de l’Etat, contre l’implantation de ces réseaux, les élus font ce qu’ils peuvent. Face à ce qui aurait pu ressembler à une banale association d’aide aux devoirs, Philippe Juvin, maire LR de La Garenne-Colombes, a pris des mesures. « Ils voulaient prendre ce local pour y donner des cours réservés aux garçons. J’ai envoyé deux ou trois animateurs de la ville qui se sont installés physiquement dans le local. Et j’ai organisé moi-même, en quelques jours, les fameux cours de rattrapage pour les garçons et pour les filles », explique-t-il.

Pour ce maire, il est indispensable « d’occuper l’espace ». Dès septembre, dans les centres aérés, il lancera des cours sur les héros de la civilisation européenne. Sa solution à lui. »

Retrouvez mon interview sur La Garenne-Colombes dans le magazine « Objectif Grand Paris »

Mon interview dans l’Opinion – lundi 12 mars 2018

COMMUNIQUE DE PRESSE : Baisse de 1,2 % des tarifs à l’hôpital : un coup de Jarnac qui peut asphyxier de nombreux établissements de santé

par Pr Philippe JUVIN, député européen LR

Le gouvernement a annoncé une baisse autoritaire de 1,2 % des tarifs de l’hôpital en 2018.

Sur la forme, l’annonce est contraire à la volonté exprimée par le président de la République de réformer l’hôpital dans la concertation; cette décision est brutale et sans appel. Elle est un coup de Jarnac sec comme un coup de hache.

Sur le fond, cette décision est particulièrement grave. Ce coup de rabot va non seulement contraindre les établissements de santé à réaliser encore plus d’actes pour tenter de maintenir leur équilibre budgétaire mais également les obliger à diminuer leurs effectifs. Selon la Fédération Hospitalière de France, cela pourrait conduire à supprimer 33 000 emplois dans les hôpitaux ! Un plan social qui ne veut pas dire son nom, fou, aveugle et dangereux.

Les hôpitaux sont donc condamnés à faire toujours plus d’actes avec toujours moins de moyens. Cette folle course au rendement se fera aux dépens de la qualité des soins et en demandant toujours plus à un personnel déjà usé par la course à l’activité.

Dans nos hôpitaux, nous nous sommes déjà restructurés, parfois au prix de grands efforts, nous avons déjà travaillé sur toutes les optimisations possibles. Maintenant nous sommes à l’os ! Les vis ont été serrées partout où cela était possible. La prochaine étape, c’est l’asphyxie pour beaucoup.

La survie de certains établissements est désormais en jeu. Mais peut-être est-ce là le but recherché, qui permettra de présenter comme inéluctable la fermeture de certains établissements …

Les hôpitaux doivent évidemment résorber leur déficit : mais cela ne peut pas se faire aux dépens de la qualité des soins ni de la qualité de vie au travail. D’autres pistes existent, comme le regroupement de plusieurs activités, la lutte contre les actes médicaux inutiles et coûteux, une meilleure collaboration entre la médecine de ville, les hôpitaux privés et publics et les établissements médico-sociaux.

Madame Buzyn, où est la concertation que vous aviez promise ? Revenez sur votre décision et n’asphyxiez pas l’hôpital public.


Contact presse :

Sabine Rozier-Deroche  srd@taolaconsultants.com

Tribune dans Le Figaro «Il faut supprimer le numerus clausus»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Selon le Professeur Philippe Juvin, la fin du numerus clausus rendrait plus juste la sélection en études de médecine, et permettrait surtout de mieux répondre au besoin croissant de praticiens dans une France de plus en plus parsemée de déserts médicaux.


Le Professeur Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, professeur des universités à Paris V et député européen (LR).


Dans un récent entretien au Figaro, la ministre de l’Enseignement supérieur a exclu une refonte importante des études de médecine et particulièrement du concours de fin de première année en déclarant: «Il est important de ne pas bousculer cette réalité». Cette déclaration est une déception car le Président Macron avait ouvert un espoir de voir évoluer les conditions de la sélection dans les études de médecine, quand il avait qualifié avec justesse le concours de fin de première année de «dispositif périmé», durant la campagne.

Les études de médecine durent de 9 à 12 ans en fonction de la spécialité choisie. La sélection principale des étudiants a lieu en fin de première année d’étude par un concours très sélectif. Le nombre de reçus est déterminé chaque année par le gouvernement selon un mécanisme appelé le numerus clausus. Quelques voies d’accès supplémentaires aux études de médecine existent sous forme de passerelles, mais elles concernent peu d’étudiants français.

Le numerus clausus permet de réguler le nombre d’étudiants en médecine et donc celui des médecins diplômés en France. Sa principale justification, il y a 40 ans, était qu’on pensait qu’en réduisant le nombre de médecins prescripteurs, on diminuerait la dépense de santé. Cette prédiction s’est révélée fausse. De plus, la mobilité des médecins entre pays européens et leur liberté d’installation a rendu illusoire ce type de régulation nationale.

Le numerus clausus est totalement inadapté pour sélectionner les futurs médecins.

S’il varie un peu entre les Facultés, de 11,8 % (Strasbourg) à 26,5 % (Besançon, selon les chiffres 2015-2016 de L’étudiant), le taux de réussite global en médecine à la fin de la première année est tel qu’en moyenne, 80 % des étudiants sont recalés. Ces échecs sont une source de démotivation pour les étudiants qui, pour certains, perdent deux ans quand d’autres vont jusqu’au burn-out. Les Facultés sont quant à elles surchargées par le nombre d’inscrits puisqu’elles sont collectivement tenues d’inscrire tous ceux qui désirent tenter leur chance. Quand je fais un cours en première année, le nombre d’étudiants est tel que je suis obligé de faire deux fois le cours en amphithéâtre, et chacun de ces cours est lui-même filmé et retransmis en plus dans un second amphithéâtre voisin! On a connu de meilleures conditions d’enseignement.

Le numerus clausus, tel qu’il existe aujourd’hui, est totalement inadapté pour sélectionner les futurs médecins. De nombreux étudiants sont recalés alors que les épreuves de première année ne reflètent clairement pas toutes les qualités futures pour devenir un bon praticien. La première année de médecine est devenue une sorte de bachotage sans aucune possibilité d’évaluer le projet personnel des candidats et leurs qualités humaines pourtant si importantes dans l’exercice de leur futur métier.

Mais surtout, le numerus clausus est injuste pour les étudiants français. Chaque année, selon la DRESS, sur 100 médecins autorisés à exercer la médecine, 25 ont un diplôme étranger. Or ceux-ci ont échappé au barrage du numerus clausus, puisqu’il n’existe pas dans leur pays. À titre d’illustration, au 1er janvier 2017, le nombre de médecins inscrits en France et diplômés de Roumanie (où il n’y a pas de numerus clausus) était de 4254, soit une augmentation de 659 % entre 2007 et 2017! Soyons clairs: la question n’est pas d’empêcher des médecins à diplômes étrangers de venir en France ; ils sont indispensables et servent bien notre pays. Sans eux, de nombreux hôpitaux ne fonctionneraient pas. Ils sont aussi des vecteurs d’influence française dans le monde. Et accessoirement, la loi européenne affirme la liberté de circulation. Mais je soutiens qu’il est injuste d’interdire à des jeunes Français, dont certains auraient fait de bons praticiens humains et capables, de devenir médecins, quand on donne cette facilité à d’autres qui ont échappé au numerus clausus. Le numerus clausus crée des règles plus dures pour les étudiants qui font des études en France.

Fait souvent caché car honteux, le numerus clausus introduit aussi des éléments de sélection par l’argent. Le concours de fin de première année est si difficile que plus des 2/3 des étudiants suivent des cours de soutien durant l’année universitaire. Ces cours sont délivrés par de nombreuses officines privées dont le coût est parfois très élevé. Même si des Facultés ont mis en place des aides et des tutorats, l’inégalité persiste. Celui qui ne peut se payer ces préparations privées part avec un handicap. Mais surtout de nombreux étudiants français recalés en France par le numerus clausus vont en Roumanie faire leurs études dans des facultés francophones spécialement développées à leur intention, et qui n’appliquent évidemment pas de numerus clausus. Ce moyen légal de contournement du processus de sélection favorise les étudiants qui ont des moyens. Est-ce normal?

Le numerus clausus introduit aussi des éléments de sélection par l’argent.

Enfin, et c’est le plus important, le numerus clausus est inadapté aux besoins du pays. On entend et lit souvent que le nombre de médecins augmente en France. C’est faussement vrai. Le nombre de médecins inscrits au Conseil de l’Ordre a effectivement augmenté depuis 10 ans, mais cette augmentation s’est majoritairement faite au bénéfice des médecins retraités. Le 1er janvier 2017, sur 290 974 médecins inscrits au Conseil de l’Ordre, seuls 68 % (197 859) avaient une activité régulière, soit 10 % de moins qu’en 2007. En nombre absolu, le nombre de médecins en activité régulière a baissé depuis 2007. Et la ministre de la Santé joue sur les mots quand elle déclare que le numerus clausus n’est pas responsable des déserts médicaux: le numerus clausus n’a effectivement aucun rapport avec le choix final du lieu d’installation, mais supprimer le numerus clausus augmenterait le nombre de médecins et donc les chances qu’un certain nombre d’entre eux s’installent en zone désertée.

Cette situation est absurde car on aura besoin demain de beaucoup plus de médecins qu’aujourd’hui.

D’abord parce que les besoins en médecins augmentent car la population s’accroît et vieillit. Mais aussi parce que la médecine change. Des spécialités naissent régulièrement qui demandent chacune des forces vives qui augmentent les besoins sans diminuer les effectifs des spécialités plus anciennes. Le progrès médical va exiger demain de plus en plus d’hyperspécialistes dont on ne soupçonne pas aujourd’hui ce que sera leur activité. Il y a 20 ou 40 ans, imaginait-on un tel besoin de médecins informaticiens, de médecins de soins palliatifs, de gériatres ou d’urgentistes? La ministre de la santé nous répond qu’on a doublé le numerus clausus en dix ans. C’est vrai. Mais cette augmentation n’a pas été à la hauteur puisqu’on manque, déjà, de médecins. Selon la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, 30 % des postes dans les hôpitaux publics sont vacants. Seuls les aveugles ne le voient pas.

Il faut donc supprimer l’actuel numerus clausus de fin de première année, et le remplacer par une sélection à la fin de la Terminale. À part la Belgique et la France, tous les pays font ainsi et limitent l’accès aux Facultés de médecine. L’admission doit se faire par un concours qui comprenne un entretien oral qui permettra de juger la motivation des étudiants. Les qualités humaines des candidats doivent être valorisées. Parallèlement, il faut massivement développer les passerelles d’admission directe en deuxième ou troisième année de médecine. Cela doit concerner les étudiants d’autres filières d’excellence, mais aussi les professions paramédicales. Pourquoi une infirmière ou un kinésithérapeute qui ont 5 ou 10 ans d’expérience ne pourraient-ils pas se lancer dans des études de médecine? Enfin, le nombre total d’admis à poursuivre des études de médecine doit massivement augmenter pour les raisons décrites plus haut. Quant aux Facultés de médecine, débarrassées du poids d’une première année surchargée et difficile à organiser, elles retrouveront des marges de manœuvre et pourront former plus de médecins.

Il ne faut pas évidemment pas baisser le niveau des études de médecine. Mais il faut cesser de tromper les étudiants. Il faut rendre la sélection plus adaptée aux qualités que demande cette profession, l’ouvrir largement à d’autres profils et l’adapter aux besoins réels du pays.

Le numerus clausus de fin de première année de médecine a presque un demi-siècle. Il est devenu un poids pour tous. Il est temps d’y mettre fin. La récente décision de certaines facultés d’interdire le redoublement en fin de première année démontre d’ailleurs qu’il est temps de réformer complètement ce système. Mais les hésitations des ministres à s’attaquer au problème ne sont pas rassurantes.

Interview France Info – Episode neigeux

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Avec l’épisode de neige et de verglas qui traverse une partie de la France depuis mardi, le nombre de personnes prises en charge aux urgences pour des traumatismes est en hausse. « Les gens glissent sur les trottoirs et se réceptionnent mal », a expliqué mercredi 7 février sur franceinfo Philippe Juvin, chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

franceinfo : Avez-vous constaté plus d’activité en raison de cet épisode de neige ?

Philippe Juvin : Il y a clairement plus de traumatismes. Ils ne sont pas forcément très sévères, mais il y a plus d’entorses, de fractures du poignet, de la clavicule. Les gens glissent sur les trottoirs et se réceptionnent mal. Ça fait un peu plus de monde aux urgences pour la traumatologie. Globalement, nous nous en sortons.

Que dites-vous à ceux qui ne peuvent pas se déplacer aux urgences, compte tenu de la météo ?

Je les invite à faire le 15. On tombe sur un médecin qui est apte à vous donner des conseils, à juger de la pertinence d’aller ou non aux urgences. Ça permet de mieux réguler les choses. J’invite aussi les gens à se préoccuper des personnes seules, notamment les personnes âgées, qui ne sont pas sorties compte tenu de la neige, et qui ont peut-être besoin d’un coup de main. Il faut aussi faire attention à bien se couvrir. On a quelques cas d’hypothermie, de gens qui sortent d’une manière un peu téméraire, non couverts.

A cause des difficultés pour se déplacer, y-a-t-il beaucoup de personnel absent dans votre hôpital ?

Il est vrai qu’il y a eu quelques cas d’absentéisme, qu’il a fallu pallier. Une des inquiétudes que nous avons, c’est que la vague semble devoir continuer. Si ça dure 48 heures, plus d’agents ne pourront pas venir travailler. Dans ces cas-là, c’est le système D. On essaie de se répartir le travail entre les présents. Et puis, on passe un coup de fil à ceux qui habitent le plus près et on leur propose de travailler un jour de plus.

Retrouvez-moi sur LCP/Public Sénat afin d’aborder la situation à Calais

Ma tribune dans le Figaro Vox : L’épidémie de grippe révèle la crise des services hospitaliers

FIGAROVOX/TRIBUNE – L’épidémie de grippe de cet hiver a encore une fois provoqué une submersion des services hospitaliers. Ceux-ci sont de moins en moins capables de faire face à des situations d’urgences, pourtant prévisibles. Philippe Juvin tire la sonnette d’alarme.


Le Professeur Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou et député européen (LR).


L’épidémie de grippe a atteint son pic la première semaine de janvier, sauf en Corse et dans les Hauts-de-France où la décrue n’était pas encore observée. Par rapport à l’année dernière, l’épidémie a plus durement touché les patients de moins de 65 ans, même si les patients âgés resteront toujours les premières victimes. Sur le terrain, nous avons eu le sentiment que nous devions faire face à plus de cas graves que d’habitude. Entre le 1er novembre 2017 et la deuxième semaine de 2018, 1 137 cas graves de grippe avaient été signalés. L’âge moyen des patients était de 57 ans, et la majorité d’entre eux n’était pas vaccinés. Parmi les cas admis en réanimation, 123 sont décédés: 3 étaient âgés de moins de 5 ans, 50 de 15 à 64 ans et 70 de 65 ans et plus. Comme chaque année, un bilan complet sera fait et publié dans les prochains mois. Mais on peut déjà tirer quelques observations de ces dernières semaines d’épidémie.

Tout d’abord, que les services d’urgences hospitaliers ont été submergés, comme ils le sont désormais chaque année en hiver. Les équipes ont dû faire face à un afflux très important de patients et à une inquiétante pénurie de lits d’hospitalisation. Dans certains services d’urgence, il y avait jusqu’à deux fois plus de patients à hospitaliser que de lits disponibles. Cette situation d’encombrement des urgences est inacceptable, elle augmente le risque pour les patients: ils sont vus plus tardivement, les examens (scanner, biologie, …) sont réalisés plus lentement, et leur surveillance est insuffisante. Plus il y a encombrement des urgences, plus il y a de complications médicales et de fatigue du personnel: cette observation est constamment faite dans la littérature scientifique.

Mais ce qui est encore plus inacceptable, c’est que cette situation était prévisible. On sait que tous les ans, de novembre à janvier, les services d’urgence seront submergés. Et pourtant, chaque année, on feint de découvrir la situation et on prend des mesures en catastrophe. Certes des «plans» existent, mais ils ne règlent rien: conçus au niveau national, ils sont très théoriques, pas toujours appliqués et ne comportent surtout aucun moyen supplémentaire.

On observe ensuite une paupérisation de l’hôpital public. L’hôpital est capable de répondre à une crise ponctuelle, si elle ne dure pas. C’est pour cette raison que nous avons été exemplaires lors des attentats, et que nous le serons encore. Mais quand la crise dure, comme en cas d’épidémie, le système craque. Et on ne peut alors plus compter que sur l’extrême bonne volonté des personnels pour tenir. Or ils sont aujourd’hui usés. Car la réalité est simple: les services d’urgence manquent gravement de moyens humains et matériels. Leur activité ne fait que croître chaque année et ils travaillent tous sur le fil: quand survient un pic d’activité durable, ils sont immédiatement en tension. Certains responsables politiques font le pari de la médecine de ville pour alléger les services d’urgence. Il faut évidemment renforcer la médecine de ville, mais cela sera insuffisant. Il est illusoire de penser que les Français iront massivement moins aux urgences dans l’avenir, car la population croît et vieillit. Il faut donc un nouveau «Plan urgences» national avec des moyens pour les hôpitaux. À cette condition, on évitera peut-être une catastrophe ou, plus insidieusement, la baisse progressive de niveau des services, liée à la fuite de personnels usés et fatigués.

Venons-en maintenant à la réanimation. Cette médecine de très haut niveau est depuis longtemps une des réussites de la médecine française. Or l’épidémie de grippe a montré sa fragilité: nous avons manqué de lits de réanimation. À ma connaissance, c’est la première fois qu’une telle situation survient. C’est une alerte supplémentaire sur le niveau de paupérisation générale de l’hôpital public.

La quatrième observation concerne la communication des pouvoirs publics vers la population. L’information délivrée aux populations n’est pas, historiquement, le point fort de notre système de santé. Les quelques rares communiqués du ministère au moment de l’épidémie de grippe ne concernaient que les mesures élémentaires d’hygiène, ou la vaccination. Ces sujets sont importants, mais insuffisants. Par exemple, aucun message ne responsabilisait les populations sur leur propre prise en charge. Quel contraste avec nos voisins, qui expliquent quand on peut rester au chaud chez soi, quand il faut aller voir son généraliste, quand on peut prendre un conseil auprès de son pharmacien ou un autre professionnel de la santé, ou quand il est nécessaire d’aller aux urgences! Notre système de santé, malgré de grandes déclarations, ne fait pas confiance aux patients. Cette incapacité à délivrer un message clair sur les parcours de soin au moment de la grippe témoigne aussi de l’hypercentralisation de notre système autour de l’hôpital, et sa difficulté à promouvoir des alternatives. La communication en direction des patients et l’idée qu’on se fait de leur rôle se sont arrêtées à la fin du siècle dernier.

Enfin, l’épidémie de grippe est une nouvelle illustration de l’ambiguïté de notre pays vis-à-vis de la vaccination. Elle concernait, en 2014, moins de 50 % des personnes de plus de 65 ans alors qu’elle était au début des années 2000 comprise entre 60 et 65 %. Que le pays qui a inventé la vaccination (Pasteur) et la raison (Descartes) soit si réticent à se faire vacciner s’explique peut-être par la faiblesse de la culture scientifique délivrée à l’école. Certes le vaccin contre la grippe est loin d’être totalement efficace, mais il évite chaque année des arrêts de travail, des hospitalisations et 2 500 décès. Quant aux professionnels de santé, ils devraient être obligés de se vacciner. Pour se protéger, et surtout pour protéger leurs propres patients qu’ils peuvent contaminer. Que personne, à part quelques esprits isolés comme l’ancien directeur général de la santé, ne semble se préoccuper de la question éthique que pose un médecin dont la décision de ne pas se vacciner compromet la santé de son malade, est une raison supplémentaire de perplexité. Où est la réflexion éthique dans notre pays?

L’épidémie de grippe n’est pas terminée. Mais d’ores et déjà, elle éclaire cruellement la crise de notre système de santé: paupérisation majeure de l’hôpital public, manque de moyen dans les urgences, absence de marges de manœuvre en cas de crise durable, centralisation du parcours de soins autour des hôpitaux et des urgences, communication institutionnelle rigide, absence de confiance dans le patient qui est considéré comme incapable de prendre les décisions qui le concernent, absence de confiance de la société dans le progrès, et pauvreté du débat éthique. Et pendant ce temps-là, tous ceux qui ne veulent rien changer, par aveuglement ou conformisme, rejoignent tous ceux qui ne peuvent rien financer du fait de notre état économique misérable. Ensemble, ils continuent à ânonner que nous avons le meilleur système de santé du monde, et s’en satisfont. Dormez bien, braves gens.

Jeudi 11 Janvier 2018 – Invité d’Yves Calvi sur RTL Matin #Grippe

J’ai cosigné la lettre de Valérie Pécresse à destination du Président de la République afin de lutter contre les marchands de sommeil

J’étais sur LCP pour parler de la 2e phase du Brexit


Le 8 décembre j’étais l’invité de TV 78 – La chaîne des Yvelines

Sommaire de l’émission

L’INVITE : Notre invité est Philippe Juvin, eurodéputé (LR) d’Île-de-France. Ensemble, nous ferons un tour complet de l’actualité européenne, et nous verrons, suite aux révélations des « Paradise Papers », comment l’Europe peut lutter contre l’évasion et l’optimisation fiscale.

LES PERES FONDATEURS Chaque mois, nous vous faisons découvrir celles et ceux qui ont participé à la construction européenne. Ce mois-ci : Jacques Delors. Président de la commission européenne de 1985 à 1995, beaucoup le considèrent comme un des pères fondateurs « modernes » de l’Union Européenne, à l’instar de Jean Monnet ou Robert Schuman avant lui. Son parcours avec Philippe Le Guen, directeur de l’association Jean Monnet, basée dans les Yvelines.

ET CHEZ NOS VOISINS ? Notre rubrique « et chez nos voisins, ça se passe comment ? » 57,4% d’abstention au second tour des législatives en juin. Du jamais vu depuis 1958. Election après élection, en France, l’abstention ne cesse de battre des records. Et si, contre l’abstention, on rendait le vote obligatoire ? La mesure existe déjà dans certains pays européens, et elle est parfois assortie de sanctions. Faut-il obliger les électeurs à se rendre aux urnes ? Est-ce vraiment efficace ? Éléments de réponse avec Olivier Janoueix, responsable du Centre Europe Direct à Saint-Germain-en-Laye.