VP/HR – Décapitation de 21 chrétiens égyptiens par l’État islamique en Libye – Réponse donnée par la vice-présidente, Mme Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité

Question avec demande de réponse écrite de Philippe Juvin à la Commission (Vice-Présidente / Haute Représentante) – 18 février 2015

Dimanche 15 février, l’État islamique (EI) a diffusé une vidéo montrant la décapitation de 21 citoyens égyptiens de confession chrétienne copte, enlevés le mois dernier en Libye. Au delà de sa barbarie, cette vidéo confirme l’implantation de l’EI en Libye. Quelques heures après sa diffusion, le gouvernement égyptien a bombardé des positions libyennes de l’EI en représailles.

La vice-présidente/haute représentante a déclaré, lundi 16 février, qu’elle rencontrerait cette semaine le ministre égyptien des affaires étrangères Sameh Shoukry, en présence de plusieurs dirigeants politiques, dont le secrétaire d’État américain John Kerry, afin de lui présenter ses condoléances et de discuter des défis futurs pour la région.

1. La vice-présidente/haute représentante considère-t-elle que cette implantation de l’EI en Libye nécessite une révision des priorités stratégiques définies le 3 décembre 2014 lors de la première réunion ministérielle de la coalition internationale contre l’État islamique d’Iraq et du Levant?
2. La vice-présidente/haute représentante considère-t-elle que la stratégie globale présentée par la Commission européenne le 6 février pour lutter contre la menace posée par Daesh devrait être révisée afin d’inclure la Libye?
3. La vice-présidente/haute représentante envisage-t-elle de proposer une révision de cette stratégie afin de répondre aux besoins de protection des minorités religieuses contre l’EI?

Réponse donnée par la vice-présidente, Mme Mogherini, Haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, au nom de la Commission – 5 juin 2015

L’UE est extrêmement préoccupée par la présence de groupes radicaux, comme Daech, en Libye.

Le 17 février 2015, les chefs de la mission de l’Union européenne en Libye (transférés à l’étranger pour des raisons de sécurité) ont déploré l’assassinat de 21 ressortissants égyptiens par Daech et ont appelé tous les Libyens à refuser ces actes odieux. Les ambassadeurs ont adressé leurs condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au peuple et au gouvernement égyptiens. Ils ont souligné que de tels actes ne sauraient rester impunis et que leurs auteurs devaient être traduits en justice.

Le 20 février 2015, la haute représentante/vice-présidente a insisté sur le fait que seule la détermination politique et institutionnelle d’un gouvernement libyen uni peut venir à bout du terrorisme dans le pays. Elle a appelé les différentes parties libyennes à ne pas laisser passer la dernière chance que constitue le dialogue politique mené sous l’égide des Nations unies et à faire aboutir les discussions engagées à Genève sur la formation d’un gouvernement d’union nationale et les dispositions en matière de sécurité.
Le Conseil «Affaires étrangères» de l’UE guide en permanence l’action de l’UE face à la crise libyenne. La présence de Daech en Libye et le risque que cela constitue pour ce pays, la région et l’UE est au cœur des discussions en cours sur la réponse de l’UE à la crise libyenne et est prise en compte dans la mise en œuvre des priorités stratégiques mentionnées par l’honorable parlementaire.