Que fait l’UE face à la situation qui semble s’aggraver au Burundi ?

LOGO QE
La réponse de la Commission à ma question écrite sur le sujet.

La situation en matière de sécurité au Burundi ne cesse de se détériorer. La réélection pour un troisième mandat de Pierre Nkurunziza a donné lieu à d’importants soulèvements de la population, violemment réprimés. Des exécutions ont été rapportées par plusieurs ONG, qui ont entraîné une grave crise des réfugiés.

Malgré le lancement de consultations par l’Union et la médiation de l’Union africaine, la situation semble s’aggraver de jour en jour et un récent mémo du chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU envisage le pire. Il est donc plus que jamais nécessaire de trouver des solutions concrètes.

1. L’Union européenne soutiendrait-elle, dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations unies, le déploiement de casques bleus pour que cessent immédiatement les violences sur place?
2. Où en sont les consultations avec le régime burundais ?
3. De nouvelles mesures restrictives ciblées à l’encontre du régime sont-elles en préparation?

Réponse donnée par Mme Mogherini – 20 avril 2016

L’Union européenne est prête à soutenir les travaux de l’Union africaine et des Nations unies sur la planification de mesures d’urgence et à envisager d’appuyer toute initiative de leur part qui serait susceptible de contribuer à la stabilité en atténuant les tensions et en créant des conditions propices à l’émergence d’une solution politique au Burundi. Pour l’heure, il n’est pas prévu de déployer une mission de maintien de la paix.

Un processus de consultation a été lancé le 26 octobre 2015 avec le Burundi, et une réunion de haut niveau s’est tenue à Bruxelles le 8 décembre 2015 entre le gouvernement burundais et l’Union européenne. À l’occasion de ces consultations, les représentants du gouvernement burundais ont présenté des propositions d’engagements, qui ont été jugées insatisfaisantes. Le 14 mars 2016, l’Union européenne a adopté une décision du Conseil relative à la clôture des consultations avec le Burundi, en vertu de l’article 96 de l’accord de Cotonou, comprenant des mesures spécifiques qui touchent la coopération de l’UE avec le Burundi, notamment la suspension de financements directs pour le développement. Cette décision énonce un certain nombre de mesures concrètes que le gouvernement burundais est tenu de mettre en œuvre, qui sont axées sur le rétablissement de l’état de droit dans l’esprit des accords d’Arusha et susceptibles d’aboutir à la reprise de la coopération de l’UE avec le Burundi.

L’UE s’emploie à contribuer à la recherche d’une solution politique, mais ne peut faire comme si la violence et l’obstruction délibérée à cette recherche n’existaient pas. Elle a indiqué qu’elle envisagerait l’élaboration de mesures restrictives supplémentaires contre les personnes qui, dans les deux parties au conflit, ont agi dans le but de faire échouer la démocratie.