VP/HR – Attaques contre les chrétiens égyptiens en Libye – Réponse de Mme Mogherini au nom de la Commission

Question avec demande de réponse écrite de Philippe Juvin

Les assassinats de chrétiens et les attaques perpétrées contre des églises se sont multipliés au cours des derniers mois en Libye. Une source proche du gouvernement libyen a indiqué que treize chrétiens coptes ont été enlevés à Syrte le samedi 3 janvier 2015, et sept autres au cours des jours précédents, attribuant ces rapts à la milice islamiste Ansar Asharia, classée organisation terroriste par l’ONU. Les circonstances dans lesquelles ces vingt personnes ont été enlevées restent mystérieuses. En outre, le 13 décembre 2014, un médecin égyptien et son épouse, tous deux coptes, avaient été assassinés à Syrte. Deux jours plus tard, leur fille de 13 ans, enlevée, avait été retrouvée morte. Fin février/début mars 2014, une série d’assassinats commis contre des chrétiens égyptiens avait déjà été révélée.

1. La vice-présidente de la Commission/haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité dispose-t-elle d’informations plus précises concernant les circonstances dans lesquelles les vingt coptes égyptiens ont été enlevés ?
2. Comment la vice-présidente/haute représentante compte-t-elle répondre aux besoins particuliers de la minorité chrétienne affectée par le conflit libyen et lutter contre les crimes attribués aux milices islamistes?

Réponse donnée par la vice-présidente, Mme Mogherini – 28 juin 2015

Le 17 février 2015, les chefs de mission de l’UE en Libye ont déploré l’exécution de 21 ressortissants égyptiens par Daech et appelé tous les Libyens à rejeter ces actes abominables. Les ambassadeurs ont adressé leurs condoléances aux familles des victimes ainsi qu’au peuple et au gouvernement égyptiens. Ils ont souligné que de tels actes ne sauraient rester impunis et que leurs auteurs devaient être traduits en justice.

Le 20 février 2015, la HR/VP a insisté sur le fait que seule la détermination politique et institutionnelle d’un gouvernement libyen uni peut venir à bout du terrorisme dans le pays. Elle a appelé les différentes parties libyennes à ne pas laisser passer la dernière chance que constitue le dialogue politique mené sous l’égide des Nations unies et à faire aboutir les discussions engagées à Genève sur la formation d’un gouvernement d’union nationale et les dispositions en matière de sécurité.

Cet épisode illustre les conditions très difficiles auxquelles sont confrontées les minorités religieuses en Libye. Leur situation s’est considérablement détériorée, en particulier depuis que le processus de transition a dérapé l’été dernier et que des groupes religieux radicaux armés d’obédience djihadiste ont réaffirmé leur contrôle sur certaines régions du pays.

À cet égard, l’UE a salué la décision du Conseil de sécurité des Nations unies en novembre d’inscrire Ansar al-Charia Derna et Benghazi sur la liste des organisations terroristes au titre de la résolution 1267 du CSNU et espère que cette désignation permettra d’accroître les moyens de faire face à ces organisations, ainsi que d’entraver leurs flux financiers et leurs capacités d’agir.