France Culture : « Faut-il lifter l’hôpital ? »
J’étais l’invité hier de l’émission « du grain à moudre sur France Culture » sur le thème de l’hôpital.
Retrouvez l’intégralité des débats : ici
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Débat avec le Pr Grimaldi et Eve ROGER du Nouvel Obs sur loi HPST à 17h, mardi 12 mai
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Le Pr Philippe Juvin, Secrétaire national de l’UMP, dénonce les propos absurdes de François Bayrou sur le projet de loi Hôpital de Roselyne Bachelot.
Pour le Secrétaire national, « en jugeant que le président de la République « s’attaque aux services publics avec une logique de rentabilité et de concurrence » à travers ce projet de loi, François Bayrou démontre non seulement qu’il n’a pas du tout compris les objectifs de la loi Bachelot mais surtout qu’il ignore tout de l’hôpital. »
Le Pr Juvin poursuit : « Le projet de loi Bachelot veut au contraire permettre, par une meilleure organisation du travail à l’hôpital, d’améliorer la qualité des services offerts aux Français. Nous avons la chance d’avoir en France un hôpital public performant avec des professionnels de grande compétence. Mais certains dysfonctionnements subsistent et on ne peut les laisser en l’état. Comment peut-on prétendre que tout va parfaitement bien à l’hôpital et qu’il ne faut rien remettre en question après les drames récents qui ont mis en exergue ces dysfonctionnements ? Qui va faire croire cela aux familles ? »
Et de conclure : « Que François Bayrou cesse de jouer au coucou en se greffant sur tous les mouvements de protestation. Mais qu’il fasse ses propositions, lui qui n’a jamais rien osé réformer quand il était ministre. »
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L’opposition à la loi Bachelot est curieuse.
Elle est curieuse car très protéiforme, et agrège des arguments contraires.
Certains prétendent par exemple que la loi Bachelot va conduire à la privatisation de la santé (alors que rien dans le texte ne peut laisser suggérer cela), et d’autres qu’elle va au contraire étatiser la santé avec un ministre super puissant qui disposera des médecins comme bon il voudra. La vérité est forcément entre les deux …
L’opposition à la loi Bachelot est curieuse car elle lui reproche des mesures prises par d’autres textes. Ainsi est-il reproché à la loi la suppression des services hospitaliers (prévue en fait depuis 2005), le mode de financement des hôpitaux (voté dans l’ONDAM à l’automne dernier) ou la nécessité pour les hôpitaux de trouver un équilibre financier (prévue dans le code de la santé publique …).
La réalité est plus simple : beaucoup craignent le pouvoir donné au directeur. Mais cette crainte, me semble-t-il, n’est pas fondée. La loi prévoit au contraire le renforcement d’un binôme directeur – président de CME (qui est médecin). Le directeur étant in fine le responsable de la bonne ou de la mauvaise santé de l’établissement.
La loi Bachelot apporte de la simplification à un mode de gouvernance actuel qui souvent ne permet pas aux décisions d’être prises. C’est pourquoi je crois que cette loi peut permettre à l’hôpital public de mieux travailler.

Je serai demain sur tv cap 24 dans le magazine la parole est à vous présenté par Frank Dalmat à 17h30 (rediff lendemain 8h00 et 12h , le 24 à 21h25, le 25 20h30, 26 fevrier 11h00) : Thème « Docteur , y a urgence ! » l’accès aux soins des franciliens
Dans le cadre de la journée spéciale Hôpital sur RTL, je suis invité à débattre face à Jean-Marie Le Guen lundi à 18h30.
Les drames de ces dernières semaines ont braqué les projecteurs sur les morts anormales à l’hôpital. En connaît-on le nombre exact chaque année?
Non malheureusement. Aucune statistique fiable n’existe en France sur ce sujet. Dans ma spécialité, l’anesthésie, nous y réfléchissons depuis longtemps. Pour ma part, j’estime qu’au moins 10 000 personnes meurent chaque année à l’hôpital du fait de l’exercice de la médecine. Et pourtant, ces décès sont évitables.
Sur quoi vous basez-vous pour arriver à cette estimation?
Principalement sur les chiffres américains. Aux Etats-Unis, en 1997, à la suite de la médiatisation de plusieurs erreurs chirurgicales très caricaturales, on a quantifié les accidents médicaux. Le président Clinton a décidé de taper du poing sur la table en disant que pour les faire diminuer, il fallait d’abord en avoir une bonne connaissance. Une étude a été lancée. Elle a conclu que 48 000 à 98 000 personnes mouraient chaque année du fait d’événements indésirables graves (EIG), comme on dit dans notre jargon. Les causes principales de ces erreurs ont été identifiées et les Américains sont parvenus à réduire ces conséquences mortelles de la médecine.
A combien chiffrez-vous les erreurs graves dans les hôpitaux français?
Elles sont beaucoup plus nombreuses que les décès. De 300 000 à 500 000 événements indésirables graves se produisent chaque année.
Quelles solutions proposez-vous?
Il faudrait obliger tous les hôpitaux à faire systématiquement une enquête après chaque décès, y compris dans les cas qui ne semblent pas liés à l’exercice de la médecine. Une fois que tous ces décès auront été passés au crible, une fois qu’on disposera d’une base de données nationale, une fois qu’on aura fait ce que les spécialistes de l’aéronautique appellent une analyse systémique du risque, on pourra mettre en place des mesures correctrices. Bien sûr, certains établissements renâcleront à déclarer les accidents. Mais les sous-déclarations seront aisément repérées. Dans ce cas-là, on pourra envoyer des enquêteurs dans les hôpitaux, comme cela se fait déjà aux Etats-Unis.
L’organisation est « la cause la plus fréquente des défaillances observées »
Quelles sont les causes les plus fréquentes des défaillances observées?
La première, selon les études américaines, c’est l’erreur d’organisation: organisation du service ou de la journée, problèmes d’étiquetage sur le médicament, omission de bracelet sur le patient, confusion dans les noms ou les dates de naissance. Les erreurs médicales viennent assez loin derrière. Mais une erreur humaine est rarement isolée: il y a toujours plusieurs faits générateurs d’un accident. Dans un processus sécurisé, une erreur est rattrapée par une procédure. Quand un accident arrive, c’est que plusieurs filets de sécurité ont sauté. En aviation, le pilote oublie de vérifier que la diode est allumée mais comme il y a une deuxième check-list une heure après le décollage, l’accident n’arrive pas.
Le manque de moyens à l’hôpital, dénoncé par plusieurs syndicats, influe-t-il sur la sécurité?
Le manque de moyens vient très loin derrière les autres causes.
Aujourd’hui, les médecins ne sont-ils pas tenus de signaler les dysfonctionnements graves?
La loi Kouchner de 2002 sur la démocratie sanitaire fait obligation au médecin de déclarer toute complication à la famille. Mais, dans les faits, les déclarations ne sont pas systématiques. Le monde médical a tendance à minimiser les erreurs pour des raisons parfois légitimes, comme le sentiment d’injustice lorsqu’on a l’impression d’avoir bien fait son travail. Et puis il est très compliqué humainement d’aller voir des personnes endeuillées… Mais les études américaines montrent toutes qu’il faut aller parler aux proches. La plupart du temps, la demande d’indemnisation ou le dépôt de plainte sont dus au fait que l’hôpital n’a pas voulu, ou su, expliquer les choses. Les gens peuvent parfois admettre des erreurs mais jamais des mensonges. Il faut donc que les médecins apprennent à présenter des excuses. La transparence rassure et diminue la judiciarisation. En France, certains l’ont déjà compris.
« Il y a aura toujours des erreurs »
Pourquoi l’hôpital est-il si en retard en matière de sécurité?
Historiquement, il y a en France une tradition paternaliste de la médecine. Le médecin dit: « Ayez confiance, je m’occupe de tout. » Il endosse une responsabilité totale et cela a longtemps fait son honneur. Il y a aussi une tradition assez individualiste dans la médecine. On parle souvent d’art médical, et dans l’art, par définition, il y a une touche personnelle. On vous dit souvent: « Allez voir tel chirurgien, il est très bon. » Seriez-vous rassuré qu’on vous dise à la porte d’un avion: « Vous avez de la chance: aujourd’hui, le pilote est un as »? Même les meilleurs médecins ne doivent pas s’exempter de procédure. La procédure permet de ne pas dérailler le jour où l’on est fatigué, le jour où l’on a trois malades en même temps.
Faut-il avoir peur de l’hôpital?
Non, notre hôpital et le personnel de santé sont très performants. Bien sûr, il y a aura toujours des erreurs: plus on soignera des pathologies compliquées, plus on soignera des gens âgés, et plus il y a aura de complications. Simplement, le système actuel ne permet pas d’optimiser les choses: 10 000 morts évitables par an à l’hôpital, c’est plus que les accidents de voiture. Pendant longtemps, on s’est contenté de compter ces morts de la route sans rien faire et un jour, on s’est réveillé. Ce qu’on a fait pour la sécurité routière, on peut le faire pour les accidents à l’hôpital.
L’UMP, par la voix du Pr Philippe JUVIN, Secrétaire national du parti majoritaire et chef du service des urgences à l’hôpital Beaujon, apporte son soutien au projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » que Roselyne BACHELOT présentera bientôt au Parlement.
Il faut tirer les leçons du drame de Massy. Il faut sortir du seul débat des moyens : l’argent ne résout pas les problèmes de fond. C’est le mal français de penser que l’argent est seul gage d’efficacité ! L’hôpital souffre d’un grave défaut d’organisation. Par exemple, qui décide quels lits peuvent fermer et quand ? Aujourd’hui : personne et tout le monde. L’hôpital public, c’est encore trop de petits chefs inefficaces et rarement un pilote régional capable d’imposer une vision stratégique. L’hôpital souffre aussi d’une articulation insuffisante avec les soins de ville et les structures de convalescence et de retraite.
Comment faire ? La loi BACHELOT qui est en discussion répond à ces objectifs : donner à l’hôpital une organisation, une stratégie et une direction. Bref, un pilote.
Pour sauvegarder l’hôpital public, il faut le réformer. Lui donner du sens. C’est l’objet de la loi Bachelot. Je fais la proposition à tous ceux qui croient au service public hospitalier à se réunir autour d’une table, à enrichir cette loi de leurs réflexions et à construire l’hôpital de demain. Pour que dorénavant jamais aucun drame ne se reproduise par défaut d’organisation.
PARIS, 29 déc 2008 (AFP) - La mort samedi d’un homme qui avait dû attendre six heures son admission en réanimation témoigne d’un manque de « pilotage régional » des hôpitaux, a estimé l’UMP dans un communiqué lundi. Attribuer à « un manque de moyens » le décès de ce patient cardiaque de Massy (Essonne) est « incroyablement malhonnête », selon le secrétaire national Philippe Juvin.
M. Juvin, par ailleurs chef du service des urgences de l’hôpital Beaujon à Clichy (Hauts-de-Seine), met en garde contre la « récupération politicienne » de cette affaire. « La vérité, écrit-il, est que l’hôpital manque cruellement de pilote. Par exemple, aussi incroyable que cela puisse paraître, personne ne centralise aujourd’hui les fermetures de lits pendant les vacances. Chaque hôpital décide dans son coin. Sans se préoccuper des besoins de la population et de ce que fait l’hôpital voisin ».
Un « pilotage régional » est, selon lui, nécessaire « pour que tous les hôpitaux ne ferment pas leurs lits en même temps, et pour que la sécurité des Français soit assurée sans trou dans l’organisation ».
L’UMP attend de la future « loi Bachelot » sur l’offre de soins un « chef d’orchestre » pour exploiter au mieux les « moyens considérables » de l’hôpital, conclut-il.
cs/so/bg
PARIS, 26 décembre 2008 (AFP) – L’UMP a souhaité vendredi que « cesse rapidement » la garde à vue d’une infirmière présumée responsable d’une erreur de perfusion administrée à un enfant, décédé peu après dans un hôpital parisien.
« La garde à vue de l’infirmière est très inhabituelle. Mais garde à vue ne signifie pas culpabilité !
La bonne foi de l’infirmière n’est pas en cause puisqu’elle aurait immédiatement reconnu son erreur », écrit dans un communiqué le Pr Philippe Juvin, secrétaire national du parti.
« Je fais donc le voeu que la garde à vue cesse rapidement pour ne pas ajouter de souffrance supplémentaire à ce drame », poursuit-il. « Il est par ailleurs scandaleux que certains instrumentalisent le malheur des autres pour des
raisons politiciennes », écrit encore M. Juvin. « C’est le cas en particulier de l’intervention de Patrick Pelloux, qui reste à son habitude dans le registre de la démesure, et de la CGT qui fait de ce drame une utilisation politicienne en prétendant que l’accident serait lié à un manque de moyens », juge-t-il. L’enfant de 3 ans est mort mercredi soir à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul dans des circonstances qui restent à déterminer. La garde à vue de l’infirmière, qui a reconnu une erreur de médicament, a été prolongée jeudi soir de vingt-quatre heures.
Le président du syndicat de médecins urgentistes (Amuf) Patrick Pelloux a demandé jeudi la démission de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, tandis que plusieurs syndicats hospitaliers ont mis en avant la dégradation des conditions de travail des salariés des hôpitaux et leurs moyens insuffisants.
rh/pa/phi
L’UMP appelle à la dignité devant tant de malheur. C’est d’abord à la famille qu’il faut penser. Dans ces moments de douleur, nous leur adressons nos très sincères condoléances.