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6 Jean dOrmesson : salut à Kléber Haedens

Le Figaro Philippe JuvinJean d’Ormesson : «N’hésitez jamais à vous battre pour les écrivains et de droite et de gauche quand ils sont attaqués par des partisans de la censure.»

Depuis plusieurs semaines, le MoDem des Hauts-de-Seine conteste au maire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin, le droit de baptiser un collège du nom de l’écrivain Kléber Haedens. Raison invoquée : sa collaboration au quotidien L’Action française. Kléber Haedens est l’auteur de nombreux romans édités chez Grasset. Il était critique littéraire, chroniqueur sportif et gastronomique notamment à Paris-Presse, au Journal du Dimanche et à France-Soir. Jean d’Ormesson s’insurge contre une polémique qu’il juge déplacée, et funeste pour la littérature.

E.M.

Le conseil général des Hauts-de-Seine et la ville de La Garenne-Colombes ont décidé de construire un nouveau collège sur le territoire de la commune. Sur proposition de son maire, M. Philippe Juvin, vice-président du conseil général, le conseil municipal a eu une bonne idée : il a décidé de donner au nouveau collège le nom de Kléber Haedens.

Kléber Haedens était un géant, une force de la nature. Il aimait l’opéra, le rugby, le cassoulet que sa femme Caroline préparait à merveille et la littérature. Il a écrit une merveilleuse Histoire de la littérature française et des romans inoubliables : Salut au Kentucky, L’été finit sous les tilleuls ou Adios. Beaucoup avaient pour lui de l’affection et de l’admiration et ne l’ont pas oublié.

Je l’aimais. Il avait appartenu à l’Action française et je ne partageais pas ses idées politiques. Mais l’amour de la littérature est bien au-dessus des divergences politiques et je serai fier et heureux de présider, cet après-midi, aux côtés de M. Philippe Juvin.

Voilà que, venant notamment du MoDem, quelques voix s’élèvent pour protester contre le choix du nom de Kléber Haedens. J’apprends aussi qu’à Strasbourg, sur les murs d’une bibliothèque où figurent des citations d’écrivains, le nom de Céline a dû être effacé. À quelles bassesses sommes-nous en train de descendre ? La littérature se moque bien de la politique. Aragon était communiste. Je l’admirais plus que personne et j’ai toujours défendu son talent qui allait jusqu’au génie. N’hésitez jamais à vous battre pour les écrivains et de droite et de gauche quand ils sont attaqués par des partisans de la censure. Contre la bêtise et l’intolérance, je suis du côté du stalinisme, de l’anarchie, du trotskisme et de l’Action française.

J’espère que M. François Bayrou, en bon représentant d’un Sud-Ouest où le rugby est roi, dénoncera publiquement les excès des siens qui, si près du stade de Colombes, essaient en vain de censurer un excellent écrivain qui aimait tant le rugby.

Le figaro : mardi 26 novembre 2008

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6 Jean dOrmesson : je serai à la pose de la premère pierre du collège Kléber Haedens

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« Je suis partout » est un des plus ignobles exemples de ce qu’a pu produire Vichy. Qui pourtant a quelques records à son triste palmarès. Et les opposants garennois à Kléber Haedens accusent celui-ci d’avoir écrit  dans ce « Je suis partout » qui fut ouvertement pro nazi.

Cette accusation, gravissime, est-elle vraie ?

Non, c’est un très très très gros mensonge. Un mensonge énorme et surtout pervers.

KH a écrit dans le « Je suis partout », mais AVANT la guerre. Le journal d’avant la défaite, avant Pétain, avant la collaboration, avant le virage kollabo de ce journal.

Car Je suis partout a été publié entre 1930 et 1940 avant de disparaître avec la défaite, pour reparaître à la solde de Vichy en 1941, pour devenir ouvertement pro nazi.

C’est là où l’accusation portée contre Haedens est perverse : car, si KH a bien écrit dans le journal, c’est pendant ces 10 ans, entre 1930 et 1940. A une époque où le journal ne collaborait pas, par définition ! Et il y a écrit 3 fois …

Qu’a-t-il écrit ? Deux articles littéraires en 1938 (un article sur la théorie du roman au XXème en février-mars, et un autre sur la violence en littérature en juin) et une nouvelle : ‘ »Pas de chance », en mars 1940. C’est-à-dire pendant la drôle de guerre.

Donc Haedens a-t-il écrit dans ce « Je suis partout » ouvertement pro nazi ?

Non. 

Est-il envisageable que ceux qui ont écrit le contraire reconnaissent maintenant leur erreur ? Car c’est évidemment une erreur, et non un mensonge délibéré … Je pense en particulier à deux anonymes actifs accusateurs sur le net : je pense qu’un des deux, si je crois comprendre leurs vraies motivations, fera amende honorable. L’autre non. Ils devraient se reconnaître.

Je pense surtout à tous ceux qui, de bonne foi, se sont fait abuser par des excités qui voulaient faire un coup politicien …  Ils ne seront peut être pas contents d’avoir été abusés ! Et ils auront bigrement raison !

En réalité, il n’y a pas de sujet Haedens-politique. Il n’y a qu’un sujet Haedens-littérature.

Certains ont voulu faire croire le contraire pour de minables raisons politiciennes.

Et pour ceux qui doutent encore : pas une seule personnalité du monde des lettres ou du monde de la politique n’a soutenu le Modem dans cette querelle … Même pas Bayrou ! On comprend pourquoi tellement l’accusation était folle !

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6 Haedens a t il vraiment écrit dans je suis partout, journal ouvertement pro nazi ?

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Le Figaro Philippe JuvinMaire de La Garenne-Colombes, Philippe Juvin inaugurera demain dans sa ville un collège Kléber-Haedens en présence de Jean d’Ormesson. À la grande fureur du MoDem local qui fait à l’écrivain et journaliste un procès en diabolisation «droitière». Juvin a contacté François Bayrou, en appelant à l’ancien professeur agrégé de lettres pour qu’il fasse cesser cette polémique politicienne. Kléber Haedens fut une grande signature du «Journal du dimanche» et de «France-Soir», chroniqueur sportif, ami de Michel Déon, Jean-Pierre Rives ou Jean-Loup Dabadie, et auteur de romans, dont «L’Été finit sous les tilleuls». Réponse du directeur de cabinet de François Bayrou, Bernard Lehideux : «François trouve cette agitation grotesque, mais n’interviendra pas dans une affaire locale.»

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6 Le Figaro : polémique autour de la mémoire de Kléber Haedens

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logo lexpress Kléber Haedens, le plus savoureux et le plus libre des critiques de ce pays, à lhonneurSon arme? La passion. Son atout? L’absence de diplômes. Son secret? L’éloignement de Paris. C’est ainsi que Kléber Haedens (1913-1976) devint le plus savoureux et le plus libre des critiques de ce pays. Pour un admirateur des Trois Mousquetaires, qu’un de ses jeunes confrères lui consacre, sous la forme d’une biographie, un Vingt Ans après n’étonne pas. On l’a maintes fois observé à l’Institut médico-légal, rien n’est plus exclu de la résurrection qu’un critique défunt. Haedens fait exception à la règle. L’un des cadets de sa famille d’esprit l’interpelle? Il répond, ce Lazare, avec un cri de joueur de rugby sortant de la mêlée. Qui, dans l’adolescence, a eu la chance de tomber sur son Histoire de la littérature française garde à jamais le souvenir d’avoir piqué du nez dans la potion magique d’Astérix. On peinait sur Racine, on dormait à Hugo et, soudain, on galopait dans la prairie où s’ébattent les voleurs à la Villon, les filles de joie si bien nommées et les poètes qui meurent à vingt ans. Féroce aux gloires convenues, ami du génie encore ignoré, soumis à son seul plaisir et au sentiment de gratitude, il dresse à travers les siècles un état des lieux qui touche par sa couleur, son anticonformisme né d’une intrépide subjectivité de libertaire.

D’amateur aussi gourmand devant les livres qu’il l’était à table, dans la ferme du Languedoc où il vécut après avoir épuisé les charmes et la réserve du Harry’s Bar, 5, rue Daunou, à Paris. Sincère ami du ballon ovale, dont la célébration remonte à Ronsard, ennemi des cuistres, hostile aux dogmes, libre de tout préjugé, celui qui débuta sous la houlette de Maurras sut rendre justice aux Mots de Sartre et à l’autobiographie de Simone de Beauvoir, préféra Vialatte à Michel Butor, Aragon à Marguerite Duras. A une époque où les sciences sociales envoyaient leurs gauleiters occuper le roman, il incarna un certain esprit de résistance. Le dernier de ses sept livres, Adios, la douleur d’avoir perdu la femme aimée entre toutes l’anime d’un sombre et inoubliable enchantement. Il restera. On lira Haedens – et M. de Montety n’y sera pas pour rien – lorsque les écrits de tant de théoriciens feront rire même les poules qu’un libéralisme désormais sans frein laisse élever en batterie.

Salut à Kléber Haedens, par Etienne de Montety. Grasset, 218 p., 119 F.

Par Rinaldi Angelo, mis à jour le 10/10/1996 – publié le 10/10/1996

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6 Kléber Haedens, le plus savoureux et le plus libre des critiques de ce pays, à lhonneur

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Kleber haedens
envoyé par andrebercoff
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6 André Bercoff parle du collège Kleber Haedens

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