Stabilité du Liban – Réponse de la Haute-Représentante pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union et Vice-Présidente de la Commission européenne, Frederica Mogherini

Question avec demande de réponse écrite de Philippe Juvin

Selon le baromètre du voisinage de l’Union européenne, la plupart des Libanais (55 %) considèrent l’Union comme un partenaire crucial. 43 % font confiance à l’Union européenne, plus qu’à d’autres institutions internationales comme la Ligue arabe (21 %), l’ONU (40 %) ou l’OTAN (19 %). L’Union européenne s’est engagée, de longue date, pour assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité au Liban, mais le Pays du Cèdre est aujourd’hui déstabilisé en raison des incertitudes politiques au sommet de l’État, de la menace de Daech et de l’afflux de réfugiés venus de Syrie, d’Irak et de Palestine, « au-delà des capacités d’absorption » du pays selon les termes du Premier ministre Tammam Salam.

1. Le 28 octobre, l’ONU a relevé le niveau de l’aide financière nécessaire pour maintenir la stabilité des voisins de la Syrie. Comment l’UE compte-t-elle répondre à cet appel en ce qui concerne le Liban et aider ce pays à scolariser les enfants de réfugiés face au « risque de génération perdue »?

2. Le Liban, centre de gravité du Moyen-Orient, est un lieu stratégique des jeux d’équilibre régionaux. Alors que la France et l’Arabie saoudite ont signé un contrat d’aide à l’armée libanaise, comment l’Union compte-t-elle aider le Liban à défendre son territoire et lutter contre le terrorisme?

Réponse de la Haute-Représentante pour la politique étrangère et de sécurité de l’Union et Vice-Présidente de la Commission européenne, Frederica Mogherini, 12 février 2015

L’UE est pleinement déterminée à soutenir l’initiative «Non à une génération perdue» et a adopté, le 4 décembre 2014, trois mesures spéciales pour un montant total de 180 millions d’euros, dont 73 millions d’euros seront octroyés au Liban, pour faire face aux conséquences de la crise syrienne en Syrie même, au Liban et en Jordanie. Cette aide, en très grande partie axée sur l’éducation, sera apportée par l’intermédiaire du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF). Depuis 2012, l’UE a alloué, au titre de l’instrument de voisinage, 247,15 millions d’euros au Liban pour l’aider à faire face à la crise en Syrie. La moitié de cette somme vise à soutenir le secteur de l’éducation à travers les trois agences onusiennes susmentionnées. L’Union européenne se réjouit de l’engagement et de la détermination des agences de sécurité libanaises à maintenir la stabilité et la sécurité dans le pays. L’UE est déterminée à aider le Liban à réformer le secteur de la sécurité au moyen d’une aide organisationnelle au développement apportée aux forces armées libanaises, d’un soutien à des missions de nature civile menées par l’armée et d’actions en matière de déminage et de gestion des frontières. À l’heure actuelle, les activités en cours dans le secteur de la sécurité s’élèvent à 16 millions d’euros et un montant supplémentaire de 29 millions d’euros a été engagé. L’UE répondra également à l’appel du Liban pour un soutien accru dans la lutte contre le terrorisme. Des projets concrets sont en cours d’élaboration.