Réforme économique et sociale et développement au Liban

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La réponse de la Commission à la question écrite que j’ai cosigné sur le sujet.

En raison du conflit syrien, le Liban est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés par habitant dans le monde.
Outre les défis sécuritaires et la crise politique interne qui en résultent, le coût de la présence des réfugiés au Liban était estimé par la Banque mondiale à 5,6 milliards de dollars en 2015.
Étant donné que le pays croule sous une dette de 72 milliards de dollars et au vu de cette situation insoutenable, il est nécessaire d’apporter de toute urgence un soutien au Liban si l’on veut préserver le modèle de diversité et d’entrepreneuriat, mais aussi le dynamisme de la société civile et du secteur privé.

1. La Commission prévoit-elle d’accorder des fonds supplémentaires sous forme de subventions afin de soutenir l’économie et l’infrastructure libanaises, et de proposer des prêts concessionnels pour des projets d’infrastructure qui profiteraient à la fois aux réfugiés syriens et aux communautés d’accueil au Liban?
2. Prévoit-elle d’offrir une aide financière pour favoriser la baisse du taux d’intérêts sur les bons du Trésor libanais?
3. Entend-elle aider directement les collectivités locales et les municipalités au Liban, dans le but de réaliser plus efficacement les projets et d’éviter qu’ils restent bloqués au niveau politique?

Réponse donnée par M. Hahn au nom de la Commission – 31 mai 2016

1. Depuis le début de la crise syrienne, le soutien de l’UE au Liban s’élève au total à 815 millions d’euros, aide humanitaire comprise. Le fonds fiduciaire régional de l’UE en réponse à la crise syrienne contribue à ce soutien et une enveloppe de 390 millions d’euros a déjà été adoptée dans le courant de l’année 2015 par le conseil du fonds fiduciaire, dont une partie significative profitera au Liban. En outre, lors de la conférence de Londres du 4 février 2016 sur le thème « Soutenir la Syrie et la région », l’UE a promis un montant de 1 milliard d’euros à la Jordanie et au Liban pour 2016 et 2017. Une partie de ces fonds peut être utilisée pour un financement à des conditions avantageuses au titre de la facilité d’investissement dans le cadre de la politique de voisinage, en partenariat avec les banques européennes. Dans le cadre de la conférence de Londres, l’UE a proposé un pacte pour le Liban assorti d’engagements mutuels, y compris la proposition d’un vaste programme de soutien dans de nombreux domaines d’action qui relèvent de la compétence de l’Union.

2. La Commission n’envisage pas de subventionner les taux d’intérêt sur les obligations libanaises. L’UE ne dispose pas d’un instrument approprié à cette fin.

3. L’UE œuvre déjà avec les municipalités à des projets de petites infrastructures, de résilience et qui visent à garantir des moyens de subsistance. L’UE est disposée à accroître son soutien à la résilience des populations locales et des municipalités si les conditions pour une intervention efficace et efficiente sont remplies.