Pour une baisse des aides européennes de préadhésion allouées à la Turquie

Le processus d’adhésion de la Turquie est devenu un véritable supplice des danaïdes pour l’Union, condamnée à emplir un processus d’intégration sans fin pour un pays qui visiblement ne respecte plus les conditions de valeurs sine qua non pour nous rejoindre et qui devrait par conséquent se voir fermer les portes à une adhésion prochaine.

Depuis le coup d’État manqué contre le président en juillet 2016, le ton du régime turc s’est nettement durci par la concentration des pouvoirs aux mains du président, des limogeages sans précédents dans la haute administration et des arrestations de militants ainsi que de journalistes. Malgré la mise à mal des Droits de l’Homme et le recul actuel de l’État de Droit sous Erdogan, les États-membres ne semblent pas prêts à concrètement se prononcer sur le sort de cette adhésion aujourd’hui vide de sens. Les conclusions du précédent sommet européen sont, sur ce point, vagues et décevantes puisque le lecteur y apprend simplement que la question des relations avec la Turquie y a été « débattue ». C’est encore une occasion manquée de faire un état des lieux sans concession du processus d’intégration dans lequel Turquie et Union sont engluées depuis maintenant 12 ans. Il est malheureux que le gouvernement français ne soit pas parvenu à affirmer une position ferme et claire à l’image de la chancelière allemande.

Ainsi, faute d’accord entre États membres sur l’arrêt des négociations avec la Turquie, les fonds de préadhésion qui lui sont actuellement alloués doivent être revus à la baisse. Mercredi 25 octobre, le Parlement européen a adopté une résolution relative au projet de budget général de l’Union pour l’exercice 2018, estimant qu’il était légitime que l’Union réduise le soutien aujourd’hui accordé à ce pays.

Rappelons cependant que la Turquie reste un allié stratégique – notamment en matière de terrorisme – et un proche voisin de l’Union européenne avec qui nous partageons une histoire commune. Nous ne pouvons ainsi nous défaire de tout lien avec cet État et devons trouver une alternative à l’intégration pour continuer de coopérer en particulier en matière douanière, économique et migratoire.
Mais pour l’adhésion, c’est non.