Que fait l’UE pour protéger les Chrétiens et les minorités au Moyen-Orient?

LOGO QELa réponse de la Commission à ma question écrite sur le sujet.

Le 4 avril 2015, le souverain pontife a dénoncé « l’indifférence » devant la « furie djihadiste » dont sont victimes les chrétiens à travers le monde. Selon l’Index Mondial de Persécution publié par l’ONG Open Doors International, au moins 4 344 chrétiens ont été assassinés en 2014 en raison de leurs croyances, soit deux fois plus qu’en 2013. Parmi les informations révélées par cette étude, l’extrémisme islamique est à l’origine de ces persécutions dans de très nombreux pays.
Le 27 mars 2015, à l’occasion du débat mené au Conseil de sécurité sur les victimes de violences ethniques ou religieuses au Moyen-Orient, le Secrétaire général des Nations unies a annoncé un plan d’action pour prévenir l’extrémisme violent et la création d’un groupe de sages. Le ministre français des affaires étrangères et du développement international a proposé la rédaction d’une charte d’action articulée autour de l’accompagnement humanitaire et politique, l’action militaire et la lutte contre l’impunité.

1. La Vice-présidente/Haute Représentante envisage-t-elle de contribuer aux travaux du groupe de sages?
2. La Vice-présidente/Haute Représentante soutient-elle la proposition française sur la création d’un Fonds d’aide au retour sous l’égide des Nations unies?
3. Comment la Vice-présidente/Haute Représentante envisage-t-elle de renforcer la protection des minorités au Moyen-Orient?

Réponse donnée par Mme Mogherini – 7 janvier 2016

Au cours du débat ouvert de haut niveau du Conseil de sécurité des Nations unies sur les victimes d’attaques et d’exactions ethniques ou religieuses au Moyen-Orient, le RSUE pour les droits de l’homme, s’exprimant au nom de l’UE, a condamné les attentats contre les minorités et présenté la stratégie de l’UE de lutte contre l’EIIL/Daech .

Cette stratégie comprend des mesures visant à condamner ces attentats aveugles et atroces, à promouvoir le respect des droits de l’homme ainsi que des sociétés inclusives et démocratiques, à contrer les discours extrémistes, à plaider en faveur de l’obligation de rendre des comptes et à mettre un terme à l’impunité, à renforcer la protection de la liberté de religion et de conviction, à protéger le patrimoine religieux et culturel et à rappeler que l’action militaire ne suffira pas à elle seule.

Les conclusions du Conseil du 9 février 2015 sur la lutte contre le terrorisme abordent les questions de la radicalisation et de l’extrémisme violent. Dans les conclusions du Conseil du 16 mars 2015, l’Union européenne a condamné sans réserve les violations des droits de l’homme commises par l’EIIL/Daech et d’autres groupes terroristes, notamment à l’encontre des chrétiens et d’autres groupes religieux et ethniques, et adopté une stratégie de l’Union européenne pour contribuer à rétablir la paix et la sécurité en Syrie et en Iraq et à lutter contre la menace que constitue l’EIIL/Daech . Pour la période 2015-2016, la Commission européenne a proposé d’allouer 1 milliard d’euros pour mettre en œuvre cette stratégie.

La protection de toutes les minorités – y compris les chrétiens – exige de venir à bout de Daech et d’autres groupes terroristes, et l’Union européenne est à la pointe des efforts qui ouvrent la voie à une transition politique en Syrie, comme en témoignent la forte participation au Groupe international d’appui pour la Syrie et la récente résolution adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies.