Perrichon au vieux Colombier

comedie-francaiseDécidément, la Comédie Française doit croire les spectateurs incapables de comprendre les textes. Dans le Voyage de Perrichon, Julie Brochen doit craindre que nous ne comprennions pas la critique de caractère peinte par Labiche. Critique contre la vanité. Alors, Madame Brochen, qui met en scène, s’evertue avec une parfaite efficacité à rendre un spectacle gai et pétillant en une pièce triste et inquiétante. Avec une mise en scène qui se résume à quatre strapontins (sûrement prélevés dans la salle : cela aura au moins permis à quatre spectateurs d’échapper à l’épreuve) et un piano aux mélodies souvent dysphoniques (ça fait plus chic) et sinistres. Et puis cette manie snob du Théatre Français de faire désormais jouer deux ou trois personnages par le même acteur, sans doute un effet de la crise économique. Sans parler du rôle masculin confié à une femme (technique dont l’utilité ne saute pas au yeux du béotien que je suis), sans doute un effet d’une vision exacerbée de la parité. Seul Pierre Vial sauve Labiche : drôle, grotesque, vaniteux à souhait. Il est, lui, un Perrichon parfait. J’espérais passer un bon quart d’heure; le problème est que la pièce en aura duré six.

Un commentaire à “Perrichon au vieux Colombier”

  1. Alain Laubreaux 30 avril 2009 at 18:51 #

    Excellente critique, je n’aurais pas fait mieux !