Où est la vision ? Où est la stratégie ? Baisser à la petite semaine une allocation n’a jamais rien résolu.

Le gouvernement vient d’annoncer une baisse de cinq euros par jour de l’APL.

Cette décision, qui paraît anodine (5 euros par mois, seulement ! nous dit-on) appelle trois remarques. Premièrement, tout le monde s’accorde à dire que cette allocation est perverse. Elle pousse à la hausse des loyers, les propriétaires l’incluant de principe dans le calcul. Il faut donc refonder l’APL.

Malheureusement ce n’est pas ce que le gouvernement fait. Il se contente d’une diminution sans aucun effet structurel.

Deuxièmement, cette décision témoigne qu’ Emmanuel Macron ne s’est pas préparé à l’exercice du pouvoir. Le gouvernement a présenté cette décision comme une participation à l’effort de retour à l’équilibre des comptes publics. À aucun moment durant la campagne électorale Emmanuel Macron n’a été clair sur sa stratégie en la matière. Il faut baisser la dépense publique, mais ce n’est pas avec de tels coups de rabot qu’on y parviendra.

Où est la vision ? Où est la stratégie ? Baisser à la petite semaine une allocation n’a jamais rien résolu. Le fait qu’a aucun moment, dans aucun des discours ni du premier ministre, ni du président, cette question de la baisse de l’APL n’ait été évoquée, renforce cette idée que la navigation ne se fait qu’à vue.

Enfin cette décision témoigne de ce que nous dénonçons, aux Nouveaux Républicains. Nous dénonçons cette vision de la politique, soi-disant moderne, qui voudrait que les élus n’aient pas d’expérience ni politique, ni de terrain. Or nous, qui sommes sur le terrain, qui connaissons la population de longue date, parce que nous avons des responsabilités locales, associatives, professionnelles, nous pouvons témoigner d’une chose. Ces cinq euros par mois, qui paraissent si faibles vus de Bercy, représentent une somme significative pour de nombreux Français. Il ne s’agit pas de faire du misérabilisme mais les statistiques sont éloquentes. Les bénéficiaires du Secours Populaire disposent d’un peu plus de cinq euros par jour de reste à vivre. En région parisienne, les épiceries solidaires se sont ouvertes pour les étudiants : les bénéficiaires ont entre un et sept euros par jour…

Alors, oui, ces cinq euros par mois, qui sont le plus souvent sans effet économique majeur, sont parfois un problème. Mais pour le savoir, il faut être sur le terrain. Des élus sur le terrain, avec une connaissance intime de celui-ci, acquise par le travail et l’investissement personnel, voilà ce que nous pensons être indispensable. Dans ma commune, nous sommes en juillet et je n’ai toujours pas croisé la nouvelle députée en marche…

Philippe Juvin

Député européen – Maire de La Garenne-Colombes

L’équipe des Nouveaux Républicains

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