Modification des règles aux élections européennes, le mépris de la France des régions

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Le gouvernement a confirmé aujourd’hui son choix de réformer le mode de scrutin aux futures élections européennes de 2019 sur des listes nationales, au lieu des 8 grandes circonscriptions interrégionales en vigueur depuis 2004.

Cette annonce va à l’encontre des propositions de notre famille politique de préserver un mode de scrutin régionalisé à la proportionnelle mais autour de 13 euro circonscriptions, correspondant à la nouvelle carte des régions françaises. Cette proposition de loi était motivée par la volonté chère aux Républicains de consolider le lien entre les eurodéputés et les réalités locales et régionales, à l’heure où les élus ne cessent de se voir reprocher de s’en tenir toujours plus éloignés.

Faut-il rappeler le rôle fondamental que joue le député européen auprès des citoyens, des entreprises, des associations ? L’eurodéputé élu dans sa région, qu’elle soit petite ou étendue, reste la meilleure garantie de proximité pour répondre aux attentes des citoyens envers l’Europe. Bien que les eurosceptiques essaient de nous faire croire que l’Union européenne est une construction supranationale hors sol, les régions ont un poids décisionnel et politique majeur à Bruxelles : les fonds européens sont directement gérés par les Conseils régionaux, et aucune décision concernant les collectivités locales ne peut être prise par les institutions sans l’avis du Comité des régions. Comment l’association ou le citoyen identifiera-t-il l’eurodéputé qui peut l’aider à comprendre les mécanismes d’accession aux fonds européens, ou plus généralement à comprendre le fonctionnement de l’Union européenne?

Avec cette énième refonte des règles électorales, le gouvernement ne va qu’éloigner d’avantage les citoyens français du jeu démocratique européen. Les grands gagnants seront aussi les partis extrêmes, qui verront mécaniquement leur poids gonfler grâce à la proportionnelle.

Les Républicains ont considérablement participé à la forte influence de la France au sein du Parlement européen, et nous restons convaincus que c’est en présentant des candidats ancrés dans leur territoire, à la fois réformateurs et clairvoyants, que nous arriverons à porter la voix de notre pays au cœur de l’Europe de demain.

Enfin, dans quelle autre démocratie un gouvernement se permet-il de changer le mode de scrutin parce que tel est son désir et son intérêt ? Aucune.