Lutte contre la radicalisation islamiste – Réponse de M. Avramopoulos au nom de la Commission

Question avec demande de réponse écrite de Philippe Juvin

Plusieurs pays européens ont adopté des programmes nationaux de lutte contre la radicalisation, comme le programme PREVENT, au Royaume-Uni, ou le programme de la Maison municipale d’information sur la radicalisation, à Amsterdam, aux Pays-Bas. En 2011, l’Union européenne a créé, en complément de ces initiatives, le réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR), dont le but est de regrouper des compétences spécialisées et de faciliter l’échange d’idées entre la société civile et les administrations européennes sur le thème de la déradicalisation. En janvier 2014, la commissaire chargée des affaires intérieures a annoncé la création d’un pôle européen de connaissance sur la prévention de la radicalisation menant au terrorisme et à l’extrémisme violent pour aider les autorités locales et nationales dans leurs travaux et dans la coordination des recherches dans ce domaine.

1. La Commission dispose-t-elle d’analyses sur l’efficacité des programmes nationaux de déradicalisation et des actions du RSR?
2. Après les attentats de Paris et les attentats déjoués en Belgique, compte t elle renforcer les moyens du RSR et du pôle de connaissance?
3. Dans le cadre du nouvel agenda européen sur la sécurité, quelles seront les priorités de la Commission en matière de lutte contre la radicalisation, notamment sur internet et dans les prisons?

Réponse donnée M. Avramopoulos – 23 juillet 2015

Comme annoncé dans le programme européen en matière de sécurité, le réseau de sensibilisation à la radicalisation (RSR) permet aux praticiens d’échanger leurs expériences et leur savoir-faire et d’évaluer l’efficacité des différentes approches et pratiques. Sur la base de cette évaluation par les pairs, le RSR a publié, en janvier 2014, un recueil de bonnes pratiques, qui couvre notamment les programmes de déradicalisation .

La Commission établira un centre d’excellence RSR qui devrait être pleinement opérationnel d’ici à septembre 2015. Ce centre continuera de soutenir les échanges entre les praticiens au sein du RSR. Le montant maximal alloué pour la gestion de ce centre est de 25 millions d’euros sur une période de quatre ans. Ce montant représente une augmentation significative par rapport au budget actuel de 8 millions d’euros.

La Commission a choisi comme priorités pour les futurs travaux les stratégies de sortie et le renforcement de la coopération avec les entreprises de l’internet. Pour intensifier les efforts à cet égard, la Commission pourra s’appuyer sur la vaste expérience acquise au sein de plusieurs groupes de travail spécifiques du RSR. Certains groupes de travail axent de plus en plus leurs travaux sur la manière de lutter contre les risques de radicalisation et de mener les programmes de déradicalisation dans les prisons , tandis que d’autres se sont plus spécifiquement intéressés à l’élaboration d’une contre-communication.