Lignes directrices de l’Union en matière de dépistage et de diagnostic du cancer du poumon – Réponse de M. Andriukaitis au nom de la Commission

Question avec demande de réponse écrite de Philippe Juvin

Le cancer du poumon, responsable de près de 20 % du nombre total de décès dus au cancer, est le plus létal en Europe. Diagnostiqué à un stade avancé dans la plupart des cas, il n’est alors plus curable. Des études récentes sur le dépistage du cancer du poumon laissent toutefois entrevoir un espoir de réduire le nombre de cas létaux.
Eu égard à ces récentes avancées, la Société européenne de pneumologie et la Société européenne de radiologie ont publié ensemble un livre blanc sur le dépistage du cancer du poumon. Elles y recommandent la mise en place de programmes de dépistage très poussés pour les personnes présentant des risques élevés, dépistage qui devrait avoir lieu dans des centres médicaux pluridisciplinaires certifiés, ainsi que le recours à de robustes programmes de sevrage tabagique.
L’adoption de lignes directrices de l’Union en la matière ferait valoir le rôle privilégié que l’Union est à même de jouer pour fournir à ses citoyens, de manière efficace, des services sûrs et adéquats leur permettant non seulement de conserver la santé, mais encore d’améliorer leur état de santé.

Compte tenu des recommandations précitées, formulées par la Société européenne de pneumologie et la Société européenne de radiologie, et du fait que des lignes directrices de l’Union en matière de dépistage et de diagnostic du cancer du sein, du cancer du col de l’utérus et du cancer colorectal existent déjà, la Commission compte-t-elle appuyer l’adoption de lignes directrices de l’Union en matière de dépistage et de diagnostic du cancer du poumon?

Réponse donnée par M. Andriukaitis – 17 août 2015

Il convient de recommander un dépistage destiné à la population lorsqu’il est question de tumeurs malignes correspondant à une maladie qui remplit les critères scientifiques suivants: il doit s’agir d’une maladie courante, détectable de façon simple et fiable, et qui peut être soignée plus efficacement et plus facilement si le diagnostic est réalisé à un stade précoce. Le cancer du sein, du col de l’utérus et le cancer colorectal remplissent ces critères. Le Conseil reconnaît d’ailleurs dans sa recommandation de 2003 sur le dépistage du cancer les preuves d’efficacité du dépistage pour ces trois types de cancer ainsi que l’importance de la charge du cancer. Pour ce qui est du cancer du poumon, de la prostate et des autres types de cancers, les données disponibles à cette époque ne laissaient pas encore présager un équilibre possible entre les avantages et les risques du dépistage destiné à la population.

Le 30 avril 2015, la Société européenne de pneumologie (ERS) et la Société européenne de radiologie (ESR) ont publié conjointement un livre blanc sur le dépistage du cancer du poumon . Elles y présentent des données qui étayent la thèse selon laquelle un dépistage par scanographie à faible dose peut augmenter les chances de survie des personnes à haut risque grâce à une détection précoce du cancer du poumon. Elles émettent également des recommandations relatives aux exigences minimales et aux améliorations nécessaires en ce qui concerne le dépistage du cancer du poumon.

Des propositions relatives à d’éventuels nouveaux programmes de dépistage du cancer seront évaluées dans le cadre d’un programme de travail spécifique qui s’inscrit dans l’action commune en cours sur la lutte contre le cancer (2014-2017), soutenue par le programme Santé de l’UE. Sur la base des conclusions de cette action commune et de l’avis du groupe d’experts de la Commission européenne sur la lutte contre le cancer, la Commission examinera l’opportunité d’un soutien à l’élaboration d’orientations en matière de dépistage du cancer du poumon.