Lectures

Image of Les hommes de bonne volonté, Tome 3 : Prélude à Verdun,  Verdun, Vorge contre Quinette, La douceur de la vie, Cette grande lueur à  l'Est, Le monde est ton aventure, Journées dans la montagne

Jules Romains: Les hommes de bonne volonté Numéro 2 : Jules Romains: Les hommes de bonne volonté Une société peinte en 27 volumes du 6 octobre 1908 au 7 octobre 1933. Une foule de personnages, une multiplicité d’intrigues et des richesses incroyables. Quatre passages de toute beauté, parmi d’autres : Louis Bastide, l’enfant de Montmartre au cerceau enchanté avec ses précieuses bottes; le délicieux chien Macaire, découvrant à ras de terre un Paris insolite, Verdun et l’aspiration à la paix, le tapis magique de Jallez et de Françoise. (*****)

Image of Les silences du Colonel Bramble

A. Maurois: Les silences du Colonel Bramble Un livre intelligent, drôle et profond. D’accès et de lecture facile, camouflant leur sagesse et leur profondeur derrière cette façade de facilité, “Les Silences du colonel Bramble” fait partie de ces textes dont la fantaisie spirituelle s’allie sans complexes avec le climat ironique et distancié du récit. Un livre à offrir à ceux dont on sait qu’ils en percevront toute la profondeur et qui peuvent être un lien avec l’absolu. (*****)

Image of Le soulier de satin

Paul Claudel: Le soulier de satin ou « le pire n’est pas toujours sûr ». C’est une histoire d’amour absolue entre Dona Prouhèze et Rodrigue, des amants que la vie, le temps, la mer, la mort, des mots où scintille l’exigence de l’absolu – séparent. Prouhèze est mariée, Rodrigue est libre, Prouhèze se livre tout entière à son amour, et Rodrigue mettra une vie à comprendre. Une suite heureuse serait possible si l’on en croit le sous-titre de la pièce. A la condition que les amants acceptent que l’indispensable est supérieur à tout. (*****)

Image of Une histoire de la littérature française

Kleber Haedens: Une histoire de la littérature française N°1 Tout y est. Culture sans académisme. Exhaustivité avec esprit critique. Un régal. A goûter avec légereté ou à dévorer de façon avide. LE premier de tous les livres. (*****)

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Joseph Conrad: Typhon On suit le Nan-Shan, bateau britannique en mer de Chine, au cours d’un typhon. Et on finit littéralement épuisé et essoufflé. Le style de Conrad, il est vrai traduit par Gide dans mon édition de la NRF, est coulant et favorise cette course en avant dans l’abime des mers. Ce qui aide la légèreté des phrases. « La sagesse de son pays avait décrété, au moyen d’un acte du Parlement, qu’avant d’être jugé digne d’assumer la charge d’un navire on devait avoir été reconnu capable de répondre à quelques simples questions au sujet des orages circulaires tels qu’ouragans, cyclones et typhons. » (*)

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Jacques de Bourbon Busset: Lettre à Laurence Un livre en guise de lettre d’adieu à sa femme morte. Des sentiments disséqués. Parce que c’était elle, parce que c’était moi. Quelle chance. Beau parce que l’amour idéal. Histoire d’un amour perdu. Interdiction formelle de lire quand on est triste. (**)

Image of L'enfant de Noé

Eric-Emmanuel Schmitt: L’Enfant de Noé Petit livre aisé à lire. Facile et drôle et triste. « Je préférerais mourir avec vous parce que c’est vous que je préfère. Je préférerais mourir avec vous parce que je ne veux pas vous pleurer et encore moins que vous me pleuriez. Je préférerais mourir avec vous parce que vous seriez la dernière personne que je verrais au monde. Je préférerais mourir avec vous parce que le ciel, sans vous, ça ne va pas me plaire, ça va même m’angoisser. » (*)

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Paul Morand: Bouddha vivant Paul Morand. Bouddha vivant. Première partie brillante comme l’est « l’Homme pressé », seconde partie très ennuyeuse. Mais le dernier chapitre sauve tout, avec la description très triste de l’échec des retrouvailles de deux anciens amants. « Comment repérer ici, à tâtons et dans le noir, la position exacte d’un sentiment que le temps, la distance, les vents contraires ont pu faire dévier ? » . Un sentiment ancien que chacun recherche mais qui s’est évanoui. L’ex amant comprend : « … vous dire adieu en vous remerciant de vous être trouvée sur ma route » « Je suis indigne. Je suis très indigne ». Il accompagna ces mots d’un sourire d’Orient, où il entre de la distance, de la politesse, de la cruauté ou de la douleur, mais de la joie, jamais. »

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Paul Leautaud: Passe-temps Petit ouvrage riche en anecdotes et traits d’intelligence. Je ne sais pas s’il est ré-édité. J’ai eu la chance de m’en voir offrir un exemplaire de l’édition de 1926. L… rédigeait dans une revue la chronique dramatique sous le pseudonyme de B… A une répétition générale, on le présente à une dame qui ignorait cette dualité et s’amusait aux articles de théatre de B… Après les salutations d’usage, cette dame dit à L… avec curiosité : « Il paraît que vous connaissez très bien M.B… ? ». L… feint de s’assurer que personne n’entend, et se penchant à l’oreille de la dame aussitôt scandalisée : « Nous couchons ensemble. » Madame Aurel croit me dire une grande injure en m’appelant « crapaud » : J’ouvre le dictionnaire : « Crapaud, animal utile qui détruit la vermine ». Un bailli, qui n’a jamais fait grand’chose dans sa vie, disait toujours : « A quoi bon ? On n’a le temps de rien. La vie est trop courte ». Je lui dis : Mais pourquoi vous êtes-vous marié ? »- « Pour qu’elle paraisse plus longue » me répondit-il. La femme d’un écrivain connu est fort laide. « On comprend qu’il ait écrit le désespéré », dit L… la première fois qu’il la vit. (**)M.Constantin Meyer: La Salamandre Petit livre paru en 1930, très vivant sur l’existence d’une unité de chars en 1918. L’auteur raconte ses aventures. Portraits enlevés des pionniers des chars. L’intérêt principal de l’ouvrage réside en ce qu’il exprime clairement tout ce que la République doit à ses enfants appelés sous ses drapeaux. Une armée de réservistes dirait-on aujourd’hui. A qui l’on doit la victoire. J’y ai trouvé cette citation : « …les centurions, ralliant leurs cohortes, Humaient encor dans l’air où vibraient leurs voix forte La chaleur du carnage et ses âcres parfums. » L’ambiguïté des trois derniers mots est belle. (*)

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Bruno Le Maire: Des hommes d’Etat Peinture de la vie quotidienne au pouvoir : Chirac, Sarkozy et Villepin. Rencontre de vies peu communes et de l’intérêt général. Agréable et vivant. Ce livre ne sombre pas dans les habituels défauts de ce type d’ouvrage que sont la flatterie ou la méchanceté. (*)Paul Claudel et André Gide: Correspondance, 1899-1926 Claudel est fou. Fou de volonté de convertir Gide. Et amoureux aussi de lui, trahi par la découverte de son homosexualité à la lecture des « Caves du Vatican ». Un dialogue de passions, de fureurs, d’admirations mutuelles. Qui se termine par un aveu d’amour trahi : « Je ne lui reconnais aucun talent » de Claudel à propos de Gide. « Devant Claudel, je n’ai sentiment que de mes manques; il me domine; il me surplombe; il a plus de base et de surface, plus de santé, d’argent, de génie, de puissance, d’enfants, de foi, etc … que moi. Je ne songe qu’à filer doux ». (Journal d’André Gide, 15 mai 1925). « D’ailleurs avec le diable, on peut aller très bas, mais jamais très loin ». P.Claudel à A. Gide le 29/12/12. Pedibus et manibus incido in sententiam tuam. » P.Claudel à A.Gide le 10/8/09. « Le mal ne compose pas » P.Claudel 28/3/47 (**)

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Alain de Botton: Comment Proust peut changer votre vie « Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dites. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d’amours, d’études, elle – notre vie – tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l’avenir, les ajourne sans cesse. Mais que tout cela risque d’être à jamais impossible, comme cela redeviendra beau ! Ah ! si seulement le cataclysme n’a pas lieu cette fois, nous ne manquerons pas de visiter les nouvelles salles du Louvre, de nous jeter aux pieds de Mlle X…, de visiter les Indes. Le cataclysme n’a pas lieu, nous ne faisons rien de tout cela, car nous nous trouvons replacés au sein de la vie normale, où la négligence émousse le désir. Et pourtant nous n’aurions pas dû avoir besoin du cataclysme pour aimer aujourd’hui la vie. Il aurait suffi de penser que nous sommes des humains et que ce soir peut venir la mort. » Marcel Proust, « Une petite question… », dans Contre Sainte-Beuve (**)

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Henri Béraud: Le Vitriol de Lune Le vitriol de Lune est un roman d’Henri Béraud. Prix Goncourt 1922. Livre trouvé dans la bibliothèque de mon grand père. Probablement jamais ouvert par personne depuis 70 ans. D’ailleurs, l’idée qu’il ne sera plus ouvert avant les 70 prochaines années me donne le vertige ! Le vitriol de lune, pour ceux qui l’ignoreraient (comme moi il y a encore deux jours), est un poison. Et l’intrigue, simplissime bien que rédigée dans un style chaotique difficile à suivre, est celle d’un jeune homme et de son oncle qui tente d’assassiner Louis XV. Le roman comporte quelques rappels historiques bienvenus (l’histoire de Damien, qui fut écartelé Place de grêve pour sa tentative d’assassinat du roi). Mais son intérêt réside surtout, malgré ses grandes lenteurs, dans le vocabulaire. Riche, un peu vieillot et finalement déséspérant pour l’homme moderne que je pense être et qui s’aperçoit de ses lacunes considérables dans une langue qu’il croit pourtant (globalement) savoir. Extrait : « Ils ne cessaient de colporter ces médisances d’alcôve que pour se rabaisser entre voisins. Le cuisinier insultait le garçon de carrosse, le suisse humiliait le porte-plat, le concierge raillait le fouille-au-pot. Cette auberge borgne servait de rendez-vous aux valets de toutes sortes; on y voyait des piqueurs d’équipage, des brosseurs d’officiers, des cuistres de collège, des naquets de jeu de paume, des sautiers de mairies, des couillauds de chanoine, et quelques intendants déchus, qui se réunissaient à part, près de l’entrée. » Qu’est ce qu’un brosseur d’officiers, un cuistre de collège, un naquet de jeu de paume, un sautier de mairies, un couillaud de chanoine ? J’avoue mon ignorance. Mais quelle beauté et quelle richesse du mot !