Il faut suspendre les accords de Schengen

Depuis plusieurs semaines, la France doit faire face à l’arrivée de milliers de migrants tunisiens qui, une fois en Italie, souhaitent entrer sur notre territoire. Avec l’approbation de la Commission européenne, la France applique à la lettre les accords de Schengen. Ainsi, sont renvoyées vers l’Italie les personnes qui ne rempliraient pas les conditions nécessaires pour être autorisées à circuler dans l’espace Schengen.

La France reste attachée et fidèle à sa tradition d’accueil. Mais pour assurer sa cohésion, une société a besoin de réguler son immigration. Il faut, compte tenu de la situation aigue, envisager de restreindre l’application des accords de Schengen tant que l’Italie n’a pas donné des gages fiables de surveillance de ses frontières.

La surveillance des frontières de l’Europe est aujourd’hui assurée par chaque pays membre, le long de ses limites naturelles. Mais l’efficacité de cette surveillance est encore inégale d’un Etat à un autre. C’est pourquoi je souhaite aussi la création d’une force européenne de gardes-frontières et de gardes-côtes sur le modèle fédéral américain.

Mais face aux pressions migratoires, le contrôle de nos frontières, même amélioré, ne suffira pas. L’Europe doit résolument aider les pays africains de façon à dissuader les flux migratoires. L’Union européenne doit réorienter massivement le FEDER (Fond Européen de Développement Economique Régional) et les moyens de la politique européenne de voisinage vers l’Afrique et le bassin méditerranéen. Accompagner des pays vers la démocratie coûte très cher. Mais ne pas les accompagner dans leur effort de démocratisation nous coûtera encore plus cher.