Françoise, Jallez, Jerphanion : les voies de l’esprit

« Je me suis toujours fait une idée extraordinaire de ces vagabondages à
travers la ville quotidienne… Avec une préférence pour certains
parages, certaines directions que je trouve plus émouvantes… Il est
très difficile de faire cela avec quelqu’un. Pour mille raisons que
vous entrevoyez. Il n’y a pas de situation où se découvre mieux la
sottise des gens, ou leur vulgarité, ou leur absence complète de
personnalité, leur impuissance à sentir les choses par eux-mêmes, leur
défaut de poésie… et aussi l’ennui essentiel qui les habite… Et
pourtant errer ainsi, en compagnie d’un être pour qui on éprouve une
affection profonde, une fraternité… c’est pour moi un des sommets de
la vie…sans rien exagérer, je vous assure…et pas un sommet réduit
à la pointe d’un instant, non, un sommet à large courbure, qui se
développe pendant des heures, comme ces belles vieilles montagnes,
autant plateaux que montagnes… »

Françoise, Chapitre XXXV, in Les Hommes de bonne volontés, Jules Romains

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