Editorial du Maire – Mai 2019 : Comment choisir son député européen ?

Chère Garennoise, Cher Garennois,

 

Les élections européennes se tiendront, en un tour, le dimanche 26 mai de 8h à 20h.

Cette élection est importante pour la France et pour l’Europe.

Pour l’Europe, il s’agit d’affirmer que les peuples européens sont une communauté de destin. Qu’ils ont une identité, une riche civilisation et des valeurs communes.

Pour la France, il s’agit de savoir si les députés que vous enverrez à Strasbourg auront la volonté, et se donneront vraiment la capacité de défendre les intérêts de notre pays.

J’ai siégé 10 ans à Strasbourg, et j’ai choisi aujourd’hui de ne pas me représenter afin de privilégier mon mandat de Maire de La Garenne.

Cette expérience me donne aujourd’hui quelques idées sur ce que doivent être les critères de choix d’un député européen.

Les députés européens que vous élirez devront d’abord travailler avec constance et acharnement sur le fond. Uniquement sur le fond. Car les petites phrases qui font les délices des journalistes de l’Assemblée nationale n’existent pas à Bruxelles, et parce que les journalistes ne s’intéressent malheureusement pas à l’actualité européenne ni à ses institutions, ils ne parleront pas de leur travail. Elisez des députés sérieux plutôt que des vedettes des médias.

Une seconde raison qui justifie que vous élisiez des députés travailleurs est que la loi votée dépendra uniquement d’eux. Contrairement à ce que vous imaginez, ce n’est pas le cas en pratique en France. A l’Assemblée nationale, les députés n’ont en fait quasiment aucun pouvoir : dans la Majorité, ils obéissent au Gouvernement, et dans l’Opposition leurs amendements ne sont (presque) jamais repris. Bref, ce qu’ils pensent n’a que peu d’effet sur la loi qui est votée. C’est triste, mais c’est ainsi depuis 1958. Au Parlement européen, en revanche, les députés font vraiment la loi. Car il n’y a pas de gouvernement pour donner des ordres, et parce qu’il n’y a pas de Majorité qui impose sa volonté, comme on va le voir ensuite. Elisez des députés besogneux.

Les députés européens que vous élirez devront travailler en anglais : élisez des députés qui parlent anglais.

Les députés européens que vous élirez devront être capables de travailler avec leurs adversaires politiques. Ce point est fondamental et très mystérieux pour nous Français. De quoi s’agit-il ? Au Parlement européen, il n’y a pas de majorité. Aucun groupe politique n’a la capacité d’imposer sa volonté aux autres. Pour faire voter telle disposition que je défends, je dois donc accepter de défendre telle autre, soutenue par le camp d’en face. Sans cet esprit de compromis, les députés européens sont condamnés à rester minoritaires, et leurs propositions à ne jamais être incluses dans le texte final des lois votées. Cette nécessité d’accepter de travailler avec ses adversaires a d’ailleurs des avantages : elle conduit souvent à des textes équilibrés et pragmatiques. On évite ainsi les grosses bêtises de certaines lois idéologiques comme on en a parfois vues en France. Certes, cette recherche permanente du compromis rend les textes de lois parfois moins efficaces. Mais souvent plus intelligents. Dans le passé, certains députés français ont refusé de se prêter au jeu des compromis avec leurs adversaires. Ils ont été dans les faits incapables de défendre les intérêts français qu’ils étaient supposés défendre. Elisez des gens ouverts et pragmatiques.

Enfin, la France a éclairé le monde plusieurs fois dans son histoire. Si elle veut continuer, elle doit pouvoir compter sur un véhicule de puissance. Qui peut imaginer qu’un pays de 66 millions d’habitants pourra, plus qu’un ensemble de 500 millions, parler d’égal à égal avec la Chine, les Etats-Unis et tous ces états continents ? Prétendre le contraire, c’est tromper les gens. Les Britanniques le comprennent trop tard. Ils font tout pour rester dans l’Union, après avoir prétendu qu’ils seraient plus forts seuls. Aujourd’hui, être patriote, c’est à la fois tout faire pour renforcer l’influence française dans l’Union, et offrir à son pays un vrai véhicule de puissance. Elisez de vrais patriotes, pas de faux amis.

Alors, en conclusion.

Si vous aimez la civilisation européenne, votez le 26 mai.

Si vous voulez renforcer l’influence française dans l’Union, votez le 26 mai.

Si vous pensez qu’on est plus fort 500 millions qu’à 66 millions, votez le 26 mai.

Si vous êtes patriote, votez le 26 mai.

Philippe Juvin

Votre Maire

Député européen sortant