Editorial du Maire – février 2017 : Vélib’ en banlieue : oui mais sans payer les déficits de Paris.

Vélib’’ en banlieue : oui mais sans payer les déficits de Paris.

Vélib’ est un grand succès populaire. Mais Vélib’ est limité à Paris et à quelques villes adjacentes. Vélib’ est aussi financièrement très déficitaire, à un niveau tel que son existence même est aujourd’hui fragilisée.

La Ville de Paris, encouragée par plusieurs maires dont je suis, a souhaité étendre son exploitation aux communes de banlieue volontaires. Le maire de Paris a deux motivations. Elle veut, comme nous, favoriser le vélo en ville. Mais elle veut aussi mutualiser son déficit, c’est-à-dire le faire en partie supporter par les villes de la banlieue parisienne.

En 2015, une étude a analysé les besoins. Pour La Garenne, elle a conclu que nous devions accueillir entre cinq et sept stations de Vélib’. La Ville de Paris et les communes de banlieue qui le souhaitent se sont donc associées dans un « syndicat » de communes, qui est l’outil administratif habituel quand des villes veulent développer des projets en commun. Ce syndicat, Vélib’ Métropole, a commencé a travaillé.

Nous en étions là en 2016 quand les problèmes ont commencé. Le 6 décembre, Marie-Pierre de la Gontrie, représentant la mairie de Paris, nous écrivait qu’il fallait que nous choisissions le nombre et la localisation de nos stations avant le 23 janvier. Sans réponse de notre part, nous nous exposions à ne pouvoir intégrer le système Vélib’ qu’avec retard et de façon plus coûteuse. Une sorte d’ultimatum.

Pourtant, aucun renseignement ne nous était apporté sur des sujets aussi fondamentaux que ceux des conditions financières et légales. Combien coûtera ce nouveau service ? Qui paiera ? Les utilisateurs ? Les contribuables ? Que se passera-t-il en cas de déficit (prévisible) ? Qui gérera le service ? Combien de temps durera le contrat ? Qui décidera du type de vélos ? Comment fonctionnera le service ? Les villes voisines participeront-elles (leur non participation réduirait l’intérêt). Comment en sortir ? Quelle transparence pour ce contrat ? A toutes ces questions importantes, la Ville de Paris n’apporte aucune réponse sinon celle de nous demander de lui donner un blanc-seing.

Or je n’ai pas l’habitude de gérer l’argent public les yeux fermés.

Or que veut Paris ? Que nous prenions en charge son actuel déficit d’exploitation.

Paris s’est organisé une position de force en mettant la main sur les instances délibératives du Syndicat des communes. Toute discussion de fond est cadenassée.

Avec plusieurs maires voisins, nous avons donc répondu que nous souhaitions accueillir Vélib’ dans nos communes, mais que nous conditionnions notre accord à l’analyse des modalités du contrat, en particulier financières.

J’ai fait remarquer que l’immense majorité des détériorations des vélos (à l’origine d’une importante part du déficit), provenait essentiellement de cinq communes : deux arrondissements de Paris et trois communes de Seine-Saint-Denis. Je souhaite donc que ces communes soient responsabilisées. Un malus pourrait être appliqué à celles qui refuseraient d’équiper les stations de vidéosurveillance. Discussions houleuses en perspective avec les adeptes de la tolérance totale.

Ainsi, Vélib’ arrivera à La Garenne. Mais je ferai en sorte que nous ne payons pas pour les voyous qui volent, abiment ou détruisent aujourd’hui presque 80% du parc de vélos tous les ans (chiffres de l’année dernière !).

Depuis, le Président de la nouvelle Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier, s’est proposé de participer au Syndicat, ce qui aidera les communes. De mon coté, j’ai pris l’initiative de fédérer plusieurs maires du 92 qui partagent nos préoccupations de saine et transparente gestion. Je vous tiendrai régulièrement au courant de ce feuilleton.

Amicalement à tous.

Philippe JUVIN