Edito du Maire – Mars 2019 « Lorsque l’ignominie s’immisce dans nos vies »

Chères Garennoises, Cher Garennois,

Je ne pensais pas qu’un jour, j’aurais à écrire ces lignes dans ce Bulletin.

Je ne pensais pas qu’un jour, La Garenne, aussi, aurait à subir les relents ignobles d’un passé honteux.

Mais ce jour est malheureusement arrivé, et m’a révolté.

Il y a quelques jours, l’un de nos concitoyens, et sa famille, ont été victimes d’actes antisémites répétés, au sein de leur intimité.

Ils ont été menacés parce qu’ils étaient juifs.

Comment notre société peut-elle en arriver de nouveau à l’inacceptable, et l’ignominie, de nouveau, s’immiscer dans nos vies ?

Dans une société comme la nôtre, l’éducation devrait être le premier rempart contre les haines.

Pourtant l’école joue-t-elle encore ce rôle aujourd’hui ? On peut se poser la question.

De récents sondages et études ont montré d’inquiétantes évolutions.

Selon un sondage réalisé par la Fondation Jean Jaurès en 2018, 21% des 18-24 ans disent « ne jamais avoir entendu parler du génocide des juifs ». Deux tiers des enfants juifs ne sont plus à l’école publique en France, parce qu’ils sont violentés.

Ces événements amèneront, je l’espère, le Gouvernement à réfléchir sur les failles de l’enseignement qui abandonne des pans entiers de notre histoire à l’obscurantisme. En réalité, ces failles ne sont pas celles du système éducatif. Elles sont celles de la société elle-même. On a parlé d’un antisémitisme des banlieues, pour mieux souligner que l’antisémitisme qui était traditionnellement celui de la droite maurassienne, touchait désormais des pans entiers de notre société élevés dans la mise en accusation de la France.

A La Garenne, comme ailleurs, nous ne tolérerons aucun débordement ni aucun relent ignoble du passé, ni aucune excuse. Aucune.

Il faut toujours croire ce que l’on voit, disait Péguy. Et il ajoutait, il faut surtout, et c’est plus difficile, toujours voir ce que l’on voit.

Votre Maire

Philippe Juvin