Comprenne qui voudra
Ce petit poème d’Eluard, et la vidéo de Pompidou, contre les moralisateurs et pour l’humanité.
Comprenne qui voudra
Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta
Sur le pavé
La victime raisonnable
A la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbre
Une fille galante
Comme une aurore de premier ma
La plus aimable bête
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et me mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.
Paul Eluard

















J’aime beaucoup ce poème, pas à la portée de tous, mais enrichissant .
De plus, étant un grand admirateur de Georges POMPIDOU, cette association littéraire et intellectuelle me parait être du meilleur goût .
Emotion; Je me souviens ; après le suicide de la jeune professeur qui « mourut d’aimer », quand le journaliste le questionna, pendant quelques secondes, il y eut un lourd silence; puis inspiré, ému, le visage grave, le président récita, avec la pudeur et la tenue de l’aristocrate qu’il était, les trois premiers vers du poème d’Eluard; grand moment, où cet humaniste pétri de raison et aussi d’humanité, rendit hommage à gabrielle Russier et à toutes celles qui à la libération furent « couvertes des noirs crachats des ténèbres »