COMMUNIQUE DE PRESSE : Baisse de 1,2 % des tarifs à l’hôpital : un coup de Jarnac qui peut asphyxier de nombreux établissements de santé

par Pr Philippe JUVIN, député européen LR

Le gouvernement a annoncé une baisse autoritaire de 1,2 % des tarifs de l’hôpital en 2018.

Sur la forme, l’annonce est contraire à la volonté exprimée par le président de la République de réformer l’hôpital dans la concertation; cette décision est brutale et sans appel. Elle est un coup de Jarnac sec comme un coup de hache.

Sur le fond, cette décision est particulièrement grave. Ce coup de rabot va non seulement contraindre les établissements de santé à réaliser encore plus d’actes pour tenter de maintenir leur équilibre budgétaire mais également les obliger à diminuer leurs effectifs. Selon la Fédération Hospitalière de France, cela pourrait conduire à supprimer 33 000 emplois dans les hôpitaux ! Un plan social qui ne veut pas dire son nom, fou, aveugle et dangereux.

Les hôpitaux sont donc condamnés à faire toujours plus d’actes avec toujours moins de moyens. Cette folle course au rendement se fera aux dépens de la qualité des soins et en demandant toujours plus à un personnel déjà usé par la course à l’activité.

Dans nos hôpitaux, nous nous sommes déjà restructurés, parfois au prix de grands efforts, nous avons déjà travaillé sur toutes les optimisations possibles. Maintenant nous sommes à l’os ! Les vis ont été serrées partout où cela était possible. La prochaine étape, c’est l’asphyxie pour beaucoup.

La survie de certains établissements est désormais en jeu. Mais peut-être est-ce là le but recherché, qui permettra de présenter comme inéluctable la fermeture de certains établissements …

Les hôpitaux doivent évidemment résorber leur déficit : mais cela ne peut pas se faire aux dépens de la qualité des soins ni de la qualité de vie au travail. D’autres pistes existent, comme le regroupement de plusieurs activités, la lutte contre les actes médicaux inutiles et coûteux, une meilleure collaboration entre la médecine de ville, les hôpitaux privés et publics et les établissements médico-sociaux.

Madame Buzyn, où est la concertation que vous aviez promise ? Revenez sur votre décision et n’asphyxiez pas l’hôpital public.


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Sabine Rozier-Deroche  srd@taolaconsultants.com