Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes
Président de la fédération Les Républicains des Hauts-de-Seine

Santé | Le blog de Philippe Juvin

Actualités 'Santé'

En Conseil Municipal de La Garenne

Participation à CHAM 2018 – Construire l’Europe de la Santé – retrouvez mon intervention

Hôpitaux, installations, urgences ou déserts médicaux, que faut-il attendre de ces réformes? Revoir le débat auquel j’ai participé dans l’émission « Sénat 360 » du mardi 18 septembre

Retrouvez mon passage dans la matinale de Sud Radio ce mardi 18 septembre 2018 au sujet du « Plan Hôpital »

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Retrouvez-moi sur France Inter dans l’émission « Le Téléphone sonne » : Comment sortir les urgences de la crise ?

Article-Reportage de Libération au sein du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou

Par Anaïs Moran, Photo Albert Facelly — 

Les établissements de santé sont-ils armés pour la canicule ? Reportage au service des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou.

Lundi à l’aube dans l’hôpital parisien Georges-Pompidou, service des urgences. C’est l’heure des «transmissions» (d’infos) entre l’équipe de nuit et le personnel de jour au sujet des quinze patients hospitalisés. Depuis quelques jours, les lits sont complets et les couloirs légèrement occupés. En période de canicule, et sans grande surprise, la majorité des prises en charge sont des personnes âgées. Il y a ces sœurs jumelles, Marie et Anne, 66 ans, inséparables, qui reviennent constamment à Pompidou depuis le début de l’été pour déshydratation sévère. Andrée, 96 ans, victime d’une chute malheureuse à son domicile suite à un coup de chaleur. René, 80 ans, retrouvé en plein épisode de confusion, seul à déambuler en plein milieu de la rue sous le soleil brûlant. Ou Jean, 92 ans, atteint de démences depuis le début des grosses températures, qui voit des chiens qui n’existent pas.

Certains d’entre eux sont là depuis plus de vingt-quatre heures, une anomalie pour un service d’urgence. La règle de base : garder les hospitalisés au maximum une journée avant de les reconduire chez eux ou de les transférer dans un service plus adapté. «Le problème c’est que les personnes âgées qui pourraient rentrer à la maison sont pour la plupart très isolées, sans personne pour veiller sur elles», commente Sophie Jumel, médecin urgentiste. On ne peut pas les renvoyer, les abandonner à leur sort, c’est trop dangereux. Alors forcément, les patients s’accumulent ces derniers jours…»

37°C à Saint-Antoine

On enchaîne au bureau médical de l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD), le repaire des soignants. Un ventilo s’active à plein régime. Il fait doux, comme dans les chambres et autres boxes pour malades de cet établissement récent qui n’a rien de vétuste. Loin des 37 degrés affichés dans certaines pièces de l’hôpital voisin de Saint-Antoine (dont les soignants dénoncent leur condition de travail depuis déjà six jours). Deux infirmières commencent à s’agiter dans le couloir. La première victime de la canicule journalière vient d’arriver : Bernard, 71 ans, souffre d’une douleur thoracique. Une douleur si vive qu’elle irradie son corps et le fait crier à gorge déployée. Atteint d’une maladie cardiaque, sa déshydratation sévère l’a peut-être conduit à l’infarctus. Tristement probable en cette période de canicule. «Les personnes âgées ont des pathologies chroniques qui se dégradent forcément par grande chaleur», explique le médecin Florent Flémy. Soit la personne âgée ne va pas boire assez d’eau et nous sommes dans un cas de déshydratation qui va réellement détériorer son problème cardiaque ou son insuffisance rénale par exemple. Soit la personne va se désaltérer correctement mais ne va presque rien manger, ce qui est tout aussi dangereux. Le taux de sel va être déséquilibré par rapport au taux d’eau dans le corps. C’est ce qu’on appelle l’hyponatrémie et ce n’est pas bon du tout pour les populations fragiles.»

On pénètre enfin dans le bureau de Philippe Juvin, chef du service des urgences. Le médecin prend les appels téléphoniques, répond aux mails, consulte les derniers dossiers. C’est soudainement presque calme. «Vous savez, certains hôpitaux souffrent en ce moment, mais c’est très ponctuel, on ne peut pas parler de crise. Rien n’est comparable avec l’été catastrophique d’il y a quinze ans…» Le Dr Junin se souvient de 2003 et ses vingt mille morts. De cette journée particulièrement intense du 5 août. Il était à l’époque anesthésiste à l’hôpital Bichat Claude-Bernard de Paris. «Tôt le matin, notre établissement a eu une panne générale d’électricité. J’étais de congé ce jour-là. On m’a appelé à la rescousse en me disant que c’était la grosse panique au service des urgences, se remémore-t-il. Quand je suis arrivé, il y avait des patients mourants, installés n’importe où et plongés dans le noir, les soignants paniqués, c’était un immense bordel…»

«Quinze jours d’horreur» en 2003

L’anesthésiste passera sa journée de congé dans la peau d’un urgentiste. «Moi ce jour-là, j’avais la tête dans le guidon et aucun recul sur la situation. Je ne me rendais pas compte que nous allions vivre encore quinze jours d’horreur. Que nous étions en train de vivre un événement grave et majeur dans l’histoire de la médecine et des hôpitaux français.» Aujourd’hui, Philippe Juvin dit avoir tiré des leçons des défaillances de 2003, qui avaient couté son poste à Jean-François Mattéi, le ministre de la Santé de l’époque. «Depuis ce drame, la société est devenue de plus en plus préventive, voire hygiéniste… Les gens sont très prudents. C’est peut-être trop, mais ça a le mérite d’aborder les périodes de canicule sans trop d’appréhension. Et surtout à ne pas repenser aux démons du passé

Résultat de la Question de la Semaine

J’ai participé à la table ronde de l’Humanité dans son édition du 15 juin 2018

Retrouvez les actions menées par la délégation française LR au Parlement européen

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Au Service des Urgences de l’hôpital Pompidou nous avons fait un grand exercice de simulation des risques NRBC (Nucléaires, Radiologiques, Biologiques, Chimiques)

J’ai participé à un débat sur Public Sénat concernant la violence à l’hôpital – 16 mai 2018

Avec :
Caroline MICHEL-AGUIRRE : Journaliste à l’Obs,
Michel AMIEL : Sénateur (LREM )des Bouches-du-Rhône , Médecin,
Thierry AMOUROUX : Secrétaire général du syndicat national des professionnels infirmiers,
Alexia GERMONT : Présidente-fondatrice du think tank France Audacieuse,
Anne-Sophie BEAUVAIS : Directrice générale de Sciences Po Alumni, Rédactrice en chef du magazine Emile,
Cathy LE GAC : Secrétaire générale de Sud Santé AP-HP.
Présenté par Rebecca FITOUSSI.

Retrouvez mes passages médias du mercredi 9 et jeudi 10 mai relatifs au décès d’une jeune Strasbourgeoise qui avait pourtant appelé le Samu

 

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « RTL Midi » ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « Punchline » sur Cnews ce mercredi 9 mai 2018 :

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « News et compagnie » sur BFMTV ce mercredi 9 mai 2018 (à partir de 5mn49):

⇒ Retrouvez ci-dessous mon passage dans « C dans l’air » sur France 5 ce jeudi 10 mai 2018 :

Ma tribune dans le journal Libération – mardi 24 avril 2018

Revoir le débat sur Public Sénat dans lequel j’ai témoigné des difficultés auxquelles font face les hôpitaux


Avec :
Philippe JUVIN : Député européen (LR), chef de service des urgences de l’hôpital Georges-Pompidou,
Caroline MICHEL : Journaliste à l’Obs,
Christophe PRUDHOMME : Porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France,
Claude LE PEN : Economiste de la santé à l’université Paris-Dauphine,
Bruno JEANBART : Directeur des études politiques d’Opinion Way,
Nicolas PRISSETTE : Journaliste ,
Daniel CHASSEING : Sénateur (Les Indépendants, République et Territoires) de Corrèze, Vice-présiden.
Présenté par Rebecca FITOUSSI.

JT TF1, France 5 et Cnews : déclenchement du plan « hôpital en tension »

J’ai été interviewé par TF1, France 5 et Cnews pour témoigner de la situation inquiétante dans les services d’urgence. Une centaine d’établissements viennent de déclencher le plan « hôpital en tension ». Et pour cause, il n’y a plus assez de lits disponibles.

Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 20H du 17/03/2018 sur TF1. Cliquez ici pour le revoir.

Cnews a également réalisé un reportage à l’hôpital Georges Pompidou à Paris, à retrouver ci-dessous :

France 5 est également venu rendre compte de la situation à l’hôpital , à retrouver dans leur journal ci-dessous :

Mon interview dans l’Opinion – lundi 12 mars 2018

Je m’exprime en direct du Parlement européen à Bruxelles sur les sujets d’actualité

COMMUNIQUE DE PRESSE : Baisse de 1,2 % des tarifs à l’hôpital : un coup de Jarnac qui peut asphyxier de nombreux établissements de santé

par Pr Philippe JUVIN, député européen LR

Le gouvernement a annoncé une baisse autoritaire de 1,2 % des tarifs de l’hôpital en 2018.

Sur la forme, l’annonce est contraire à la volonté exprimée par le président de la République de réformer l’hôpital dans la concertation; cette décision est brutale et sans appel. Elle est un coup de Jarnac sec comme un coup de hache.

Sur le fond, cette décision est particulièrement grave. Ce coup de rabot va non seulement contraindre les établissements de santé à réaliser encore plus d’actes pour tenter de maintenir leur équilibre budgétaire mais également les obliger à diminuer leurs effectifs. Selon la Fédération Hospitalière de France, cela pourrait conduire à supprimer 33 000 emplois dans les hôpitaux ! Un plan social qui ne veut pas dire son nom, fou, aveugle et dangereux.

Les hôpitaux sont donc condamnés à faire toujours plus d’actes avec toujours moins de moyens. Cette folle course au rendement se fera aux dépens de la qualité des soins et en demandant toujours plus à un personnel déjà usé par la course à l’activité.

Dans nos hôpitaux, nous nous sommes déjà restructurés, parfois au prix de grands efforts, nous avons déjà travaillé sur toutes les optimisations possibles. Maintenant nous sommes à l’os ! Les vis ont été serrées partout où cela était possible. La prochaine étape, c’est l’asphyxie pour beaucoup.

La survie de certains établissements est désormais en jeu. Mais peut-être est-ce là le but recherché, qui permettra de présenter comme inéluctable la fermeture de certains établissements …

Les hôpitaux doivent évidemment résorber leur déficit : mais cela ne peut pas se faire aux dépens de la qualité des soins ni de la qualité de vie au travail. D’autres pistes existent, comme le regroupement de plusieurs activités, la lutte contre les actes médicaux inutiles et coûteux, une meilleure collaboration entre la médecine de ville, les hôpitaux privés et publics et les établissements médico-sociaux.

Madame Buzyn, où est la concertation que vous aviez promise ? Revenez sur votre décision et n’asphyxiez pas l’hôpital public.


Contact presse :

Sabine Rozier-Deroche  srd@taolaconsultants.com

Tribune dans Le Figaro «Il faut supprimer le numerus clausus»

FIGAROVOX/TRIBUNE – Selon le Professeur Philippe Juvin, la fin du numerus clausus rendrait plus juste la sélection en études de médecine, et permettrait surtout de mieux répondre au besoin croissant de praticiens dans une France de plus en plus parsemée de déserts médicaux.


Le Professeur Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’Hôpital Européen Georges-Pompidou, professeur des universités à Paris V et député européen (LR).


Dans un récent entretien au Figaro, la ministre de l’Enseignement supérieur a exclu une refonte importante des études de médecine et particulièrement du concours de fin de première année en déclarant: «Il est important de ne pas bousculer cette réalité». Cette déclaration est une déception car le Président Macron avait ouvert un espoir de voir évoluer les conditions de la sélection dans les études de médecine, quand il avait qualifié avec justesse le concours de fin de première année de «dispositif périmé», durant la campagne.

Les études de médecine durent de 9 à 12 ans en fonction de la spécialité choisie. La sélection principale des étudiants a lieu en fin de première année d’étude par un concours très sélectif. Le nombre de reçus est déterminé chaque année par le gouvernement selon un mécanisme appelé le numerus clausus. Quelques voies d’accès supplémentaires aux études de médecine existent sous forme de passerelles, mais elles concernent peu d’étudiants français.

Le numerus clausus permet de réguler le nombre d’étudiants en médecine et donc celui des médecins diplômés en France. Sa principale justification, il y a 40 ans, était qu’on pensait qu’en réduisant le nombre de médecins prescripteurs, on diminuerait la dépense de santé. Cette prédiction s’est révélée fausse. De plus, la mobilité des médecins entre pays européens et leur liberté d’installation a rendu illusoire ce type de régulation nationale.

Le numerus clausus est totalement inadapté pour sélectionner les futurs médecins.

S’il varie un peu entre les Facultés, de 11,8 % (Strasbourg) à 26,5 % (Besançon, selon les chiffres 2015-2016 de L’étudiant), le taux de réussite global en médecine à la fin de la première année est tel qu’en moyenne, 80 % des étudiants sont recalés. Ces échecs sont une source de démotivation pour les étudiants qui, pour certains, perdent deux ans quand d’autres vont jusqu’au burn-out. Les Facultés sont quant à elles surchargées par le nombre d’inscrits puisqu’elles sont collectivement tenues d’inscrire tous ceux qui désirent tenter leur chance. Quand je fais un cours en première année, le nombre d’étudiants est tel que je suis obligé de faire deux fois le cours en amphithéâtre, et chacun de ces cours est lui-même filmé et retransmis en plus dans un second amphithéâtre voisin! On a connu de meilleures conditions d’enseignement.

Le numerus clausus, tel qu’il existe aujourd’hui, est totalement inadapté pour sélectionner les futurs médecins. De nombreux étudiants sont recalés alors que les épreuves de première année ne reflètent clairement pas toutes les qualités futures pour devenir un bon praticien. La première année de médecine est devenue une sorte de bachotage sans aucune possibilité d’évaluer le projet personnel des candidats et leurs qualités humaines pourtant si importantes dans l’exercice de leur futur métier.

Mais surtout, le numerus clausus est injuste pour les étudiants français. Chaque année, selon la DRESS, sur 100 médecins autorisés à exercer la médecine, 25 ont un diplôme étranger. Or ceux-ci ont échappé au barrage du numerus clausus, puisqu’il n’existe pas dans leur pays. À titre d’illustration, au 1er janvier 2017, le nombre de médecins inscrits en France et diplômés de Roumanie (où il n’y a pas de numerus clausus) était de 4254, soit une augmentation de 659 % entre 2007 et 2017! Soyons clairs: la question n’est pas d’empêcher des médecins à diplômes étrangers de venir en France ; ils sont indispensables et servent bien notre pays. Sans eux, de nombreux hôpitaux ne fonctionneraient pas. Ils sont aussi des vecteurs d’influence française dans le monde. Et accessoirement, la loi européenne affirme la liberté de circulation. Mais je soutiens qu’il est injuste d’interdire à des jeunes Français, dont certains auraient fait de bons praticiens humains et capables, de devenir médecins, quand on donne cette facilité à d’autres qui ont échappé au numerus clausus. Le numerus clausus crée des règles plus dures pour les étudiants qui font des études en France.

Fait souvent caché car honteux, le numerus clausus introduit aussi des éléments de sélection par l’argent. Le concours de fin de première année est si difficile que plus des 2/3 des étudiants suivent des cours de soutien durant l’année universitaire. Ces cours sont délivrés par de nombreuses officines privées dont le coût est parfois très élevé. Même si des Facultés ont mis en place des aides et des tutorats, l’inégalité persiste. Celui qui ne peut se payer ces préparations privées part avec un handicap. Mais surtout de nombreux étudiants français recalés en France par le numerus clausus vont en Roumanie faire leurs études dans des facultés francophones spécialement développées à leur intention, et qui n’appliquent évidemment pas de numerus clausus. Ce moyen légal de contournement du processus de sélection favorise les étudiants qui ont des moyens. Est-ce normal?

Le numerus clausus introduit aussi des éléments de sélection par l’argent.

Enfin, et c’est le plus important, le numerus clausus est inadapté aux besoins du pays. On entend et lit souvent que le nombre de médecins augmente en France. C’est faussement vrai. Le nombre de médecins inscrits au Conseil de l’Ordre a effectivement augmenté depuis 10 ans, mais cette augmentation s’est majoritairement faite au bénéfice des médecins retraités. Le 1er janvier 2017, sur 290 974 médecins inscrits au Conseil de l’Ordre, seuls 68 % (197 859) avaient une activité régulière, soit 10 % de moins qu’en 2007. En nombre absolu, le nombre de médecins en activité régulière a baissé depuis 2007. Et la ministre de la Santé joue sur les mots quand elle déclare que le numerus clausus n’est pas responsable des déserts médicaux: le numerus clausus n’a effectivement aucun rapport avec le choix final du lieu d’installation, mais supprimer le numerus clausus augmenterait le nombre de médecins et donc les chances qu’un certain nombre d’entre eux s’installent en zone désertée.

Cette situation est absurde car on aura besoin demain de beaucoup plus de médecins qu’aujourd’hui.

D’abord parce que les besoins en médecins augmentent car la population s’accroît et vieillit. Mais aussi parce que la médecine change. Des spécialités naissent régulièrement qui demandent chacune des forces vives qui augmentent les besoins sans diminuer les effectifs des spécialités plus anciennes. Le progrès médical va exiger demain de plus en plus d’hyperspécialistes dont on ne soupçonne pas aujourd’hui ce que sera leur activité. Il y a 20 ou 40 ans, imaginait-on un tel besoin de médecins informaticiens, de médecins de soins palliatifs, de gériatres ou d’urgentistes? La ministre de la santé nous répond qu’on a doublé le numerus clausus en dix ans. C’est vrai. Mais cette augmentation n’a pas été à la hauteur puisqu’on manque, déjà, de médecins. Selon la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, 30 % des postes dans les hôpitaux publics sont vacants. Seuls les aveugles ne le voient pas.

Il faut donc supprimer l’actuel numerus clausus de fin de première année, et le remplacer par une sélection à la fin de la Terminale. À part la Belgique et la France, tous les pays font ainsi et limitent l’accès aux Facultés de médecine. L’admission doit se faire par un concours qui comprenne un entretien oral qui permettra de juger la motivation des étudiants. Les qualités humaines des candidats doivent être valorisées. Parallèlement, il faut massivement développer les passerelles d’admission directe en deuxième ou troisième année de médecine. Cela doit concerner les étudiants d’autres filières d’excellence, mais aussi les professions paramédicales. Pourquoi une infirmière ou un kinésithérapeute qui ont 5 ou 10 ans d’expérience ne pourraient-ils pas se lancer dans des études de médecine? Enfin, le nombre total d’admis à poursuivre des études de médecine doit massivement augmenter pour les raisons décrites plus haut. Quant aux Facultés de médecine, débarrassées du poids d’une première année surchargée et difficile à organiser, elles retrouveront des marges de manœuvre et pourront former plus de médecins.

Il ne faut pas évidemment pas baisser le niveau des études de médecine. Mais il faut cesser de tromper les étudiants. Il faut rendre la sélection plus adaptée aux qualités que demande cette profession, l’ouvrir largement à d’autres profils et l’adapter aux besoins réels du pays.

Le numerus clausus de fin de première année de médecine a presque un demi-siècle. Il est devenu un poids pour tous. Il est temps d’y mettre fin. La récente décision de certaines facultés d’interdire le redoublement en fin de première année démontre d’ailleurs qu’il est temps de réformer complètement ce système. Mais les hésitations des ministres à s’attaquer au problème ne sont pas rassurantes.

Interview France Info – Episode neigeux

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Avec l’épisode de neige et de verglas qui traverse une partie de la France depuis mardi, le nombre de personnes prises en charge aux urgences pour des traumatismes est en hausse. « Les gens glissent sur les trottoirs et se réceptionnent mal », a expliqué mercredi 7 février sur franceinfo Philippe Juvin, chef des urgences à l’hôpital Georges Pompidou à Paris.

franceinfo : Avez-vous constaté plus d’activité en raison de cet épisode de neige ?

Philippe Juvin : Il y a clairement plus de traumatismes. Ils ne sont pas forcément très sévères, mais il y a plus d’entorses, de fractures du poignet, de la clavicule. Les gens glissent sur les trottoirs et se réceptionnent mal. Ça fait un peu plus de monde aux urgences pour la traumatologie. Globalement, nous nous en sortons.

Que dites-vous à ceux qui ne peuvent pas se déplacer aux urgences, compte tenu de la météo ?

Je les invite à faire le 15. On tombe sur un médecin qui est apte à vous donner des conseils, à juger de la pertinence d’aller ou non aux urgences. Ça permet de mieux réguler les choses. J’invite aussi les gens à se préoccuper des personnes seules, notamment les personnes âgées, qui ne sont pas sorties compte tenu de la neige, et qui ont peut-être besoin d’un coup de main. Il faut aussi faire attention à bien se couvrir. On a quelques cas d’hypothermie, de gens qui sortent d’une manière un peu téméraire, non couverts.

A cause des difficultés pour se déplacer, y-a-t-il beaucoup de personnel absent dans votre hôpital ?

Il est vrai qu’il y a eu quelques cas d’absentéisme, qu’il a fallu pallier. Une des inquiétudes que nous avons, c’est que la vague semble devoir continuer. Si ça dure 48 heures, plus d’agents ne pourront pas venir travailler. Dans ces cas-là, c’est le système D. On essaie de se répartir le travail entre les présents. Et puis, on passe un coup de fil à ceux qui habitent le plus près et on leur propose de travailler un jour de plus.

Ma tribune dans le Figaro Vox : L’épidémie de grippe révèle la crise des services hospitaliers

FIGAROVOX/TRIBUNE – L’épidémie de grippe de cet hiver a encore une fois provoqué une submersion des services hospitaliers. Ceux-ci sont de moins en moins capables de faire face à des situations d’urgences, pourtant prévisibles. Philippe Juvin tire la sonnette d’alarme.


Le Professeur Philippe Juvin est chef du service des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou et député européen (LR).


L’épidémie de grippe a atteint son pic la première semaine de janvier, sauf en Corse et dans les Hauts-de-France où la décrue n’était pas encore observée. Par rapport à l’année dernière, l’épidémie a plus durement touché les patients de moins de 65 ans, même si les patients âgés resteront toujours les premières victimes. Sur le terrain, nous avons eu le sentiment que nous devions faire face à plus de cas graves que d’habitude. Entre le 1er novembre 2017 et la deuxième semaine de 2018, 1 137 cas graves de grippe avaient été signalés. L’âge moyen des patients était de 57 ans, et la majorité d’entre eux n’était pas vaccinés. Parmi les cas admis en réanimation, 123 sont décédés: 3 étaient âgés de moins de 5 ans, 50 de 15 à 64 ans et 70 de 65 ans et plus. Comme chaque année, un bilan complet sera fait et publié dans les prochains mois. Mais on peut déjà tirer quelques observations de ces dernières semaines d’épidémie.

Tout d’abord, que les services d’urgences hospitaliers ont été submergés, comme ils le sont désormais chaque année en hiver. Les équipes ont dû faire face à un afflux très important de patients et à une inquiétante pénurie de lits d’hospitalisation. Dans certains services d’urgence, il y avait jusqu’à deux fois plus de patients à hospitaliser que de lits disponibles. Cette situation d’encombrement des urgences est inacceptable, elle augmente le risque pour les patients: ils sont vus plus tardivement, les examens (scanner, biologie, …) sont réalisés plus lentement, et leur surveillance est insuffisante. Plus il y a encombrement des urgences, plus il y a de complications médicales et de fatigue du personnel: cette observation est constamment faite dans la littérature scientifique.

Mais ce qui est encore plus inacceptable, c’est que cette situation était prévisible. On sait que tous les ans, de novembre à janvier, les services d’urgence seront submergés. Et pourtant, chaque année, on feint de découvrir la situation et on prend des mesures en catastrophe. Certes des «plans» existent, mais ils ne règlent rien: conçus au niveau national, ils sont très théoriques, pas toujours appliqués et ne comportent surtout aucun moyen supplémentaire.

On observe ensuite une paupérisation de l’hôpital public. L’hôpital est capable de répondre à une crise ponctuelle, si elle ne dure pas. C’est pour cette raison que nous avons été exemplaires lors des attentats, et que nous le serons encore. Mais quand la crise dure, comme en cas d’épidémie, le système craque. Et on ne peut alors plus compter que sur l’extrême bonne volonté des personnels pour tenir. Or ils sont aujourd’hui usés. Car la réalité est simple: les services d’urgence manquent gravement de moyens humains et matériels. Leur activité ne fait que croître chaque année et ils travaillent tous sur le fil: quand survient un pic d’activité durable, ils sont immédiatement en tension. Certains responsables politiques font le pari de la médecine de ville pour alléger les services d’urgence. Il faut évidemment renforcer la médecine de ville, mais cela sera insuffisant. Il est illusoire de penser que les Français iront massivement moins aux urgences dans l’avenir, car la population croît et vieillit. Il faut donc un nouveau «Plan urgences» national avec des moyens pour les hôpitaux. À cette condition, on évitera peut-être une catastrophe ou, plus insidieusement, la baisse progressive de niveau des services, liée à la fuite de personnels usés et fatigués.

Venons-en maintenant à la réanimation. Cette médecine de très haut niveau est depuis longtemps une des réussites de la médecine française. Or l’épidémie de grippe a montré sa fragilité: nous avons manqué de lits de réanimation. À ma connaissance, c’est la première fois qu’une telle situation survient. C’est une alerte supplémentaire sur le niveau de paupérisation générale de l’hôpital public.

La quatrième observation concerne la communication des pouvoirs publics vers la population. L’information délivrée aux populations n’est pas, historiquement, le point fort de notre système de santé. Les quelques rares communiqués du ministère au moment de l’épidémie de grippe ne concernaient que les mesures élémentaires d’hygiène, ou la vaccination. Ces sujets sont importants, mais insuffisants. Par exemple, aucun message ne responsabilisait les populations sur leur propre prise en charge. Quel contraste avec nos voisins, qui expliquent quand on peut rester au chaud chez soi, quand il faut aller voir son généraliste, quand on peut prendre un conseil auprès de son pharmacien ou un autre professionnel de la santé, ou quand il est nécessaire d’aller aux urgences! Notre système de santé, malgré de grandes déclarations, ne fait pas confiance aux patients. Cette incapacité à délivrer un message clair sur les parcours de soin au moment de la grippe témoigne aussi de l’hypercentralisation de notre système autour de l’hôpital, et sa difficulté à promouvoir des alternatives. La communication en direction des patients et l’idée qu’on se fait de leur rôle se sont arrêtées à la fin du siècle dernier.

Enfin, l’épidémie de grippe est une nouvelle illustration de l’ambiguïté de notre pays vis-à-vis de la vaccination. Elle concernait, en 2014, moins de 50 % des personnes de plus de 65 ans alors qu’elle était au début des années 2000 comprise entre 60 et 65 %. Que le pays qui a inventé la vaccination (Pasteur) et la raison (Descartes) soit si réticent à se faire vacciner s’explique peut-être par la faiblesse de la culture scientifique délivrée à l’école. Certes le vaccin contre la grippe est loin d’être totalement efficace, mais il évite chaque année des arrêts de travail, des hospitalisations et 2 500 décès. Quant aux professionnels de santé, ils devraient être obligés de se vacciner. Pour se protéger, et surtout pour protéger leurs propres patients qu’ils peuvent contaminer. Que personne, à part quelques esprits isolés comme l’ancien directeur général de la santé, ne semble se préoccuper de la question éthique que pose un médecin dont la décision de ne pas se vacciner compromet la santé de son malade, est une raison supplémentaire de perplexité. Où est la réflexion éthique dans notre pays?

L’épidémie de grippe n’est pas terminée. Mais d’ores et déjà, elle éclaire cruellement la crise de notre système de santé: paupérisation majeure de l’hôpital public, manque de moyen dans les urgences, absence de marges de manœuvre en cas de crise durable, centralisation du parcours de soins autour des hôpitaux et des urgences, communication institutionnelle rigide, absence de confiance dans le patient qui est considéré comme incapable de prendre les décisions qui le concernent, absence de confiance de la société dans le progrès, et pauvreté du débat éthique. Et pendant ce temps-là, tous ceux qui ne veulent rien changer, par aveuglement ou conformisme, rejoignent tous ceux qui ne peuvent rien financer du fait de notre état économique misérable. Ensemble, ils continuent à ânonner que nous avons le meilleur système de santé du monde, et s’en satisfont. Dormez bien, braves gens.

Inauguration du centre paramédical dans le quartier des Champs-Philippe à La Garenne

Ce centre paramédical a pour vocation de réunir une équipe pluridisciplinaire de 8 professionnels paramédicaux. Le centre est ouvert du lundi au samedi de 8h à 21h. Le centre permet d’obtenir une réponse complète aux troubles de l’apprentissage et offre également une réponse aux besoins locaux de soins paramédicaux pour toutes les classes d’âge.

Par ailleurs, le centre sensibilise les professionnels à la complémentarité des différents métiers, intègre et forme de jeunes diplômés à la pratique pluridisciplinaire et libérale.