Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes

Culture | Philippe Juvin, le blog

Actualités 'Culture'

Si le soleil ne revenait pas

  Ramuz a eu son heure de gloire ; il est même entré dans la Pléiade. Alors, poussé par une âme missionnaire qui souhaitait que je le découvre, j’ai lu « Passage du poète ». Curieuse sensation d’une langue au style hésitant, circulaire, souvent gauche, qui avance en boucle. Et pour tout dire souvent terriblement ennuyeuse… Texte sauvé toutefois par quelques fulgurances. « Elle a mis sa tête à elle là où est son cœur à lui ». Toujours encouragé dans mes efforts, je me donnai une seconde chance avant de classer définitivement Ramuz dans la catégorie des fâcheux, qu’il faut aimer parce-que-ça-fait-chic. J’ouvris donc : « Si le soleil ne revenait pas ». Surprise, un vrai concentré de poésie : « Même ici où on ne voit pas le soleil pendant six mois, on le sent qui est là, derrière les montagnes, et envoie en délégation ses couleurs, qui sont le rose pâle, le jaune clair, le roux, dont un pinceau minutieux revêt autour de vous les pentes. La neige sur les toits est comme du linge qu’on vient de passer au bleu; elle est sur les côtés des toits comme des piles de draps de lit pliés en quatre dont on voit les épaisseurs lesquelles débordent; et la masse dépassant, de temps en temps, se rompt et tombe, avec un bruit d’écrasement, comme un fruit mûr. La neige est à la point des pieux comme des bonnets en laine d’agneau. L’air est à la fois immobile et animé d’un mouvement secret; il ne se respire pas, il se boit. »

Le parlement européen a voté l’interdiction de vente des « CDS à nu » : une victoire sur le terrain de la régulation financière

Hier, le Parlement européen a adopté à une large majorité, et suite à de longues heures de négociations avec les Etats membres, l’interdiction de vente des instruments financiers très spéculatifs, appelés contrats « CDS (crédit default swaps) à nu », utilisés sur les marchés pour parier sur le défaut de paiement des États. Tout comme le feraient des contrats d’assurance, les CDS souverains sont des contrats qui prémunissent contre le risque de défaut de paiement d’un pays. Il s’agit donc d’un pari sur la dette des Etats.

Le Parlement a voté hier l’interdiction de la spéculation sur les dettes souveraines en Europe. Ce vote marque le renforcement de la stabilité mais aussi de la régulation financière. En septembre 2010, la Commission européenne s’était contentée de vouloir mieux encadrer ces CDS. Le Parlement européen est allé plus loin dans la lutte contre la spéculation financière. Ce vote démontre la volonté du Parlement européen d’être moteur dans la protection des Etats membres et de les soutenir dans la sortie de la crise économique.
Le Parlement européen a ainsi pleinement incarné cette Europe protectrice et solidaire.

Chant funèbre pour les morts de Verdun, Montherlant

La dictée de Mérimée : devoirs de vacances

La dictée faisait partie des passe-temps de la cour de l’empereur Napoléon III. Mythe ou réalité, la dictée attribuée à Mérimée a mis à l’épreuve les souverains ainsi que leurs invités. Napoléon III commit 75 fautes, l’impératrice Eugénie, 62, Alexandre Dumas fils, 24. Seul un étranger, le prince de Metternich, ambassadeur d’Autriche, n’en fit que 3…

Voici le texte de « la fameuse dictée » publiée par Léo Claretie en 1900.
« Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier. Quelles que soient et quelqu’exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis et de leur infliger une raclée alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires. Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés, une dysenterie se déclara, suivie d’une phtisie. – Par saint Martin, quelle hémorragie, s’écria ce bélître ! À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »

Les musiques de La règle du Jeu

En complément de la dernière note, ce lien vers un intéressant travail portant sur les musiques de La Règle du Jeu. Les amateurs de Jean Renoir sont bercés par ses choix musicaux qui provoquent chaque fois des torrents de nostalgie.

En revenant d’la revue

Cliquer ici pour lire la vidéo : En revenant d’la revue :

1886 – Paroles de Lucien Delormel et léon Garnier, musique de Louis-césar Désormes.

Cette chanson populaire, initialement composée à la gloire du Général Boulanger puis reprise en hommage aux revues du 14 juillet, est interprétée dans le très beau film de Renoir : La Règle du jeu. [Lire la suite ...]

Merdre ! Ubu et la pompe à Phynances sont à la Comédie Française

« De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content », lance le Père Ubu, nouveau Macbeth de pacotille, à sa femme qui voudrait le voir déjà sur le trône. Elle l’y verra bientôt, après l’avoir incité, avec la complicité du capitaine Bordure, à tuer le roi, contraignant la reine et son fils Bougrelas à l’exil. Ubu va exercer le pouvoir avec la délicatesse d’un char d’assaut, tyrannique, spoliateur et assassin de la noblesse, des magistrats et des financiers. Joyeux archétype de la bassesse humaine, Ubu manie redoutablement la machine à décerveler et le croc-à-merdre ou crochet-à-noble… Mais, s’il a pensé à éliminer ses adversaires pour régner sans partage sur cette improbable Pologne, «c’est-à-dire nulle part», Ubu a négligé de respecter ses promesses. Sa seule issue est donc la fuite en avant : attaquer le « Czar » et la Russie. Sortant sain et sauf d’une bataille (et d’une déculottée) aussi rocambolesque que le reste, il finit par décider de venir vivre chez nous en France…

La mise en scène sert parfaitement le texte : c’est drôle et absurde. Les acteurs sont beaux, ils ne font qu’un avec le texte de Jarry qui n’a pas pris une ride.Deux heures d’enchantement.

Pour voir l’air de fin, cliquer ici : Ubu : air de fin

Agamemnon à la Comédie Française

« Jamais ma fureur prophétique
Ne m’a fait voir aussi clair
Je regarde, je suis là-bas
Je jouis du spectacle à l’avance
Non ce ne sont pas des hallucinations
Ce ne sont pas des fantasmes illusoires
Ce spectacle nous allons y assister ensemble »
Cassandre

La Comédie française donne la pièce de Sénèque à la Salle Richelieu. Lorsque le fantôme de Thyeste apparaît devant le palais des Atrides pour exhorter son fils Égisthe à tuer Agamemnon, tout est scellé. Le texte de Sénèque, qui dévoile la toute-puissance des images sur les choses, ne se soucie pas de montrer l’action; il donne la parole à Clytemnestre – qui répugne à tuer mais cède aux arguments d’Égisthe –, à Eurybate, messager qui décrit le naufrage de la flotte d’Agamemnon, mais surtout à Cassandre, butin ramené de Troie par Agamemnon. Cassandre n’a plus rien à perdre; il ne lui reste qu’à raconter, dans une sorte de transe, la mort du héros grec en même temps qu’elle a lieu. La mise en scène est miraculeuse et la traduction française du texte initial fluide et mélodieuse, sans aucune perte de richesse ni d’ampleur. Vous pouvez y courir, et vous ne serez pas déçus !

Le Mastaba à La Garenne


Le Mastaba 1 par lagarennecolombes
Il y a quelques années, l’artiste Jean-Pierre Raynaud, a décidé de vendre sa célèbre maison : le mastaba. Il m’avait alors prévenu qu’il avait un acheteur : une association iranienne qui voulait en faire un lieu d’étude coranique.
La question s’est donc alors immédiatement posée à la Commune de La Garenne de savoir ce que nous souhaitions faire de ce lieu.
C’est pourquoi j’ai alors proposé au Conseil municipal d’acquérir cette maison magnifique. Elle a couté 1.8 Millions d’euros. Elle est aujourd’hui ouverte à tous, tous les samedis et dimanches.
Ce reportage de TEVA est une bonne présentation de ce joli lieu de La Garenne.

La Biennale Noir et Blanc

Ce soir se tenait la 22e édition de la biennale du Noir et Blanc. J’ai pu apprécier la grande qualité des nombreuses œuvres réalisées par les artistes garennois. Une superbe exposition à voir absolument !
Je tiens à remercier particulièrement Catherine GAMBLIN, Présidente du Cercle des Arts Plastiques, tous les membres et les bénévoles du Cercle, le jury pour sa sélection et les artistes pour leur participation fidèle.

–> Biennale du 12 au 27 mars au Foyer des Arts et Loisirs.

 

Anniversaire de la bataille de Verdun, Guillaume Apollinaire

Je t’écris ô mon Lou de la hutte en roseaux
Où palpitent d’amour et d’espoir neuf coeurs d’hommes
Les canons font partir leurs obus en monômes
Et j’écoute gémir la forêt sans oiseaux

Il était une fois en Bohême un poète
Qui sanglotait d’amour puis chantait au soleil
Il était autrefois la comtesse Alouette
Qui sut si bien mentir qu’il en perdit la tête
En perdit sa chanson en perdit le sommeil

Un jour elle lui dit Je t’aime ô mon poète
Mais il ne la crut pas et sourit tristement
Puis s’en fut en chantant Tire-lire Alouette
Et se cachait au fond d’un petit bois charmant

Un soir en gazouillant son joli tire-lire
La comtesse Alouette arriva dans le bois
Je t’aime ô mon poète et je viens te le dire
Je t’aime pour toujours Enfin je te revois
Et prends-la pour toujours mon âme qui soupire

Ô cruelle Alouette au coeur dur de vautour
Vous mentîtes encore au poète crédule
J’écoute la forêt gémir au crépuscule
La comtesse s’en fut et puis revint un jour
Poète adore-moi moi j’aime un autre amour

Il était une fois un poète en Bohême
Qui partit à la guerre on ne sait pas pourquoi
Voulez-vous être aimé n’aimez pas croyez-moi
Il mourut en disant Ma comtesse je t’aime
Et j’écoute à travers le petit jour si froid
Les obus s’envoler comme l’amour lui-même

10 avril 1915.

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou (1915)
Poème dédié à la Comtesse Louise de Coligny, dite Lou.

Giulio Cesar

Giulio Cesar, opéra de Haendel à Garnier. La scène se déroule dans les réserves du musée d’Alexandrie. Les acteurs évoluent entre les statues qui les représentent. Habituellement, ces mises en scène intellectualisées sont lourdingues. Rien de tout cela ici. La pièce a un air de liberté aérienne. Les acteurs sont beaux, les musiciens sont beaux, la musique est belle. On rêve, on sourit, on pleure. C’est une très belle soirée.

L’antiquité rêvée au Louvre, exposition

‎ »De même qu’en son fond la mer demeure toujours calme, si furieuse qu’en soit la surface, de même l’expression des effigies grecques, quelle que soit la passion qui les agite, fait paraître une âme grande et toujours égale » Johann Joachim Winckelmann 1755

Cliquez ici.

Charles Péguy : Par ce demi-clair matin

DEUXIÈME SUITE DE NOTRE PATRIE
briser le solennel silence; quel froid glacial parmi ces hommes de bonne compagnie ; c’est donc l’auteur qui essuiera les plâtres ; on leur a tant demandé, à ces bons auteurs, qu’ils feront bien encore cela pour nous ; Tha­raud lut ; Charles Jean-Tharaud, qu’on appelait le petit Tharaud, parce qu’il était beaucoup plus grand que son frère, – mais il était plus jeune,

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2011 : année La Tour du Pin : Les enfants de septembre

Les Enfants de septembre.


Les bois étaient tout recouverts de brumes basses,
Déserts, gonflés de pluie et silencieux;
Longtemps avait soufflé ce vent du Nord où passent
Les Enfants Sauvages, fuyant vers d’autres cieux,
Par grands voiliers, le soir, et très haut dans l’espace

J’avais senti siffler leurs ailes dans la nuit,
Lorsqu’ils avaient baissé pour chercher les ravines
Où tout le jour, peut-être, ils resteront enfouis;
Et cet appel inconsolé de sauvagine
Triste, sur les marais que les oiseaux ont fuis.

Après avoir surpris le dégel de ma chambre,
A l’aube, je gagnai la lisière des bois;
Par une bonne lune de brouillard et d’ambre
Je relevai la trace, incertaine parfois,
Sur le bord du layon, d’un enfant de Septembre.

Les pas étaient légers et tendres, mais brouillés,
Ils se croisaient d’abord au milieu des ornières
Où dans l’ombre, tranquille, il avait essayé
De boire, pour reprendre ses jeux solitaires
Très tard, après le long crépuscule mouillé.

Et puis, ils se perdaient plus loin parmi les hêtres
Où son pied ne marquait qu’à peine sur le sol;
Je me suis dit : il va s’en retourner peut-être
A l’aube, pour chercher ses compagnons de vol,
En tremblant de la peur qu’ils aient pu disparaître.

Il va certainement venir dans ces parages
A la demi-clarté qui monte à l’orient,
Avec les grandes bandes d’oiseaux de passage,
Et les cerfs inquiets qui cherchent dans le vent
L’heure d’abandonner le calme des gagnages.

Le jour glacial s’était levé sur les marais;
Je restais accroupi dans l’attente illusoire,
Regardant défiler la faune qui rentrait
Dans l’ombre, les chevreuils peureux qui venaient boire
Et le corbeaux criards, aux cimes des forêts.

Et je me dis : je suis un enfant de Septembre,
Moi-même, par le coeur, la fièvre et l’esprit,
Et la brûlante volupté de tous mes membres,
Et le désir que j’ai de courir dans la nuit
Sauvage, ayant quitté l’étouffement des chambres.

Il va certainement me traiter comme un frère,
Peut-être me donner un nom parmi les siens;
Mes yeux le combleraient d’amicales lumières
S’il ne prenait pas peur, en me voyant soudain
Les bras ouverts, courir vers lui dans la clairière.

Farouche, il s’enfuira comme un oiseau blessé,
Je le suivrai jusqu’à ce qu’il demande grâce,
Jusqu’à ce qu’il s’arrête en plein ciel, épuisé,
Traqué jusqu’à la mort, vaincu, les ailes basses,
Et les yeux résignés à mourir, abaissés.

Alors, je le prendrai dans mes bras, endormi,
Je le caresserai sur la pente des ailes,
Et je ramènerai son petit corps, parmi
Les roseaux, rêvant à des choses irréelles,
Réchauffé tout le temps par mon sourire ami…

Mais les bois étaient recouverts de brumes basses
Et le vent commençait à remonter au Nord,
Abandonnant tous ceux dont les ailes sont lasses,
Tous ceux qui sont perdus et tous ceux qui sont morts,
Qui vont par d’autres voies en de mêmes espaces !

Et je me suis dit : Ce n’est pas dans ces pauvres landes
Que les enfants de Septembre vont s’arrêter;
Un seul qui se serait écarté de sa bande
Aurait-il, en un soir, compris l’atrocité
De ces marais déserts et privés de légende ?

Patrice de La Tour du Pin – La Quête de la joie.

Saint-John Perse, Amers

Et comme nous courions à la promesse de nos songes, sur un très haut versant de terre rouge chargée d’offrandes et d’aumaille, et comme nous foulions la terre rouge du sacrifice, parée de pampres et d’épices, tel un front de bélier sous les crépines d’or sous les ganses, nous avons vu monter au loin cette autre face de nos songes : la chose sainte à son étiage, la Mer, étrange, là, et qui veillait sa veille d’Etrangère – inconciliable, et à jamais inappariée- la Mer errante prise au piège de son aberration.

St J P, Amers

Orages d’acier, Ernst Jünger

Ernst Jünger. La Grande Guerre a près de 100 ans. D’où nous vient qu’elle marque toujours autant les consciences ? Les histoires de familles, celles que l’on se raconte (ou plutôt celles que l’on se racontait puisqu’on le seul temps dont on dispose se dépense désormais dans Facebook, Messenger ou … les blogs) et que l’on transmet de génération en génénation ? Quelle famille n’a pas eu un oncle un cousin ou un père qui fut blessé ou tué, ou qui en revint, tout simplement. Je connaissais Barbusse, Genevoix, Romain, Dorgeles, ou Remarque. Ou Céline, ou l’incroyable Maurois, dans un mode différent. Je confesse que je n’avais jamais lu Jünger. Je n’ai toujours pas lu Orages d’acier, je l’ai englouti. Ce journal de guerre est à couper le souffle. Tout ce qui a été écrit ailleurs, et qui est pourtant si bon, prend un arrière goût de plaine très très plate, là où Jünger franchit les montagnes, les ravins, les jungles et les océans. Avec Jünger, on y est. On croupit dans la tranchée. On a le trac avant l’assaut. On rentre les épaules lors des préparations d’artillerie. On se demande comment des gens civilisés on pu faire ça, avec la conscience claire qu’il y avait en face d’autres gens, civilisés. On reprend son souffle quand il épargne (dans un éclair d’humanité ?) un officier anglais qui brandit une photographie où on le reconnait avec sa famille sur une terrasse. Et on comprend qu’en fait, la mort était devenue une compagne que l’on acceptait.  Lisez, lisez ! Vous ne serez pas déçu ! Dans la Pleïade ou en poche.

Extrait : « Je crois avoir imaginé une analogie qui rend fort bien le sentiment propre à une situation où je me suis trouvé souvent, comme tous les autres soldats de cette guerre: qu’on se représente ligoté à un poteau et constamment menacé par un bonhomme qui brandit un lourd marteau. Tantôt il arrive en sifflant, vous frôlant le crâne, puis il frappe le poteau si fort que les éclats en volent — c’est exactement cette situation que reproduit tout ce qu’on subit quand on est pris à découvert en plein milieu d’un pilonnage. »

Dictionnaire des injures littéraires, Pierre Chalmin, l’Editeur

« Monsieur, ce matin votre fils, sommé par le sous-Directeur de remettre un billet qu’un de ses camarades venait de lui glisser, refusa de le donner, le mit en morceau et l’avala. Mandé chez moi, il me déclare qu’il aime mieux toute punition que de livrer le secret de son camarade et pressé de s’expliquer dans l’intérêt même de cet ami, il me répond par des ricanements dont je ne dois pas souffrir l’impertinence. Je vous renvoie donc ce jeune homme qui était doué de moyens assez remarquables, mais qui a tout gâché par un mauvais esprit, dont le bon ordre du Collège a eu plus d’une fois à souffrir. » Jean Pierot, proviseur de Louis-Le-Grand à propos de Baudelaire.
« Comme je disais (à Léautaud) que Victor Hugo était parmi les auteurs que j’ai toujours négligés : »Vous pouvez continuer » « . Ernst Junger.
« Voilà un militaire qui a des couilles au cul. L’ennui, c’est que ce ne sont pas les siennes ». Clémenceau parlant de Lyautey.
« La Belle meunière de Marcel Pagnol ,n’est pas un film neuf, mais un évènement gastronomique. pagnol a trouvé un plat inédit : le navet en croûte » Henri Jeanson.
« Un poète persan dans une loge de concièrge » Barrès à propos de Proust.
« Mallarmé, intraduisible, même en français » Jules Renard.
Et une dernière citation, qui est loin d’être injurieuse : « Inacessible, rien que des sommets ! » (Thomas Bernhard à propos de Shakespeare).

Eventail de Mademoiselle Mallarmé

Ô rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L’horizon délicatement.

Vertige ! voici que frissonne
L’espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s’apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu’un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l’unanime pli !

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d’or, ce l’est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d’un bracelet.

Stéphane Mallarmé

Les noces de Figaro à l’Opéra Bastille

Les noces de Figaro a Bastille. Le comique de situation de
Beaumarchais, l’impertinence de Figaro et le génie de Mozart. Un chef
d’orchestre qui fait vivre ses musiciens, des chanteurs aussi beaux
que leurs airs et un décor qui est un écrin. Courez vite.

La petite renarde rusée à l’Opéra Bastille

Charmant petit opéra. Décors et costumes pleins de sympathie.

Les enfants du choeur de l’Opéra de Paris sont parfaits dans leur jeu de scène et leurs airs.

Allez-y avec vos enfants. Vous ne serez pas les seuls : la moyenne d’âge du public ne dépassait guère les 8-9 ans…

Une première à Bastille. [Lire la suite ...]

Droit d’auteur sur internet : aveuglement et démagogie

Lire l’excellente tribune de Marielle Gallo dans Libération du 5 juillet, qui explique les conséquences désastreuses du téléchargement illégal sur internet en matière de production intellectuelle. Ceux qui entretiennent l’illusion de la liberté et de la gratuité sur internet mettent en danger la production intellectuelle. Par conviction ou démagogie, cela revient à « condamner à brève échéance le secteur économique de la connaissance et de la culture qui permet l’innovation et la créativité en Europe ». Le droit d’auteur est un obstacle, disent-ils. Supprimons-le ou remplaçons-le par une sorte de contribution dont on ne sait comment elle sera financée nous rappelle Marielle Gallo… Et dire que les socialistes et les verts viennent, au Parlement européen, de demander le report du rapport Gallo sur ces questions si importantes … Quel aveuglement. Quelle démagogie. Quel renversement des valeurs … Elle cite Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ».

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