Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes

Culture | Philippe Juvin, le blog

Actualités 'Culture'

La petite renarde rusée à l’Opéra Bastille

Charmant petit opéra. Décors et costumes pleins de sympathie.

Les enfants du choeur de l’Opéra de Paris sont parfaits dans leur jeu de scène et leurs airs.

Allez-y avec vos enfants. Vous ne serez pas les seuls : la moyenne d’âge du public ne dépassait guère les 8-9 ans…

Une première à Bastille. [Lire la suite ...]

Droit d’auteur sur internet : aveuglement et démagogie

Lire l’excellente tribune de Marielle Gallo dans Libération du 5 juillet, qui explique les conséquences désastreuses du téléchargement illégal sur internet en matière de production intellectuelle. Ceux qui entretiennent l’illusion de la liberté et de la gratuité sur internet mettent en danger la production intellectuelle. Par conviction ou démagogie, cela revient à « condamner à brève échéance le secteur économique de la connaissance et de la culture qui permet l’innovation et la créativité en Europe ». Le droit d’auteur est un obstacle, disent-ils. Supprimons-le ou remplaçons-le par une sorte de contribution dont on ne sait comment elle sera financée nous rappelle Marielle Gallo… Et dire que les socialistes et les verts viennent, au Parlement européen, de demander le report du rapport Gallo sur ces questions si importantes … Quel aveuglement. Quelle démagogie. Quel renversement des valeurs … Elle cite Lacordaire : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maitre et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère ».

« Jugements derniers », Joseph Kessel

Recueil des compte-rendus de procès par Kessel : Pétain, Nuremberg, Eichmann. Voyage dans l’inhumanité et, pour moi, l’incompréhension de ce qui a été fait. Le cas Eichmann est le plus terrible. Qu’avez-vous fait ? Pourquoi et comment les barrières les plus élémentaires ont –elles rompu ? Pas dans un monde de barbares, mais en Europe, là où nous avons inventé la démocratie, les droits de l’Homme, les arts et la philosophie. L’explication de Hanna Arendt m’a toujours terrifié. Arendt a conclu qu’Eichmann n’a montré ni antisémitisme ni trouble psychique, et qu’il n’avait agi de la sorte que pour « faire carrière ». Elle le décrit comme la personnification même de la « banalité du mal », effectuant consciencieusement son travail de mort. Lire à ce sujet le terrible « La mort est mon métier ».

« Champion du monde », Paul Morand.

« Seul ! Malheur inouï qu’aucun Américain n’imagine sans frémir. Pays indivis où l’hospitalité, la radio, les loges, les mutuelles pour enterrement n’ont d’autre but que de boucher ces abïmes d’isolement que l’Enfer entr’ouvre parfois sous nos pas. »

Les femmes savantes

Ah permettez, de grâce
Que pour l’amour du grec, Monsieur, on vous embrasse.

Comprenne qui voudra

Ce petit poème d’Eluard, et la vidéo de Pompidou, contre les moralisateurs et pour l’humanité.

Comprenne qui voudra

Moi mon remords ce fut
La malheureuse qui resta Sur le pavé
La victime raisonnable
A la robe déchirée Au regard d’enfant perdue Découronnée défigurée
Celle qui ressemble aux morts
Qui sont morts pour être aimés Une fille faite pour un bouquet
Et couverte
Du noir crachat des ténèbre
Une fille galante
Comme une aurore de premier ma
La plus aimable bête
Souillée et qui n’a pas compris
Qu’elle est souillée Une bête prise au piège
Des amateurs de beauté
Et me mère la femme
Voudrait bien dorloter
Cette image idéale
De son malheur sur terre.

Paul Eluard

A lire absolument : une claque de culture et d’intelligence pour les amoureux de l’Europe.

Discours à la nation européenne, Julien Benda (le livre en version PDF)
« D’aucuns (i.e. Gide) vous ont prêché : C’est en étant le plus nationale qu’une œuvre sert le mieux l’universel.  Quoi de plus espagnol que Cervantes, de plus anglais que Shakespeare, de plus italien que Dante, de plus français que Voltaire ou Montaigne, que Descartes ou que Pascal… ; et quoi de plus universel lement humain que ceux‑là ? » — D’abord, est‑il bien sûr que tel écrivain de terroir et de renommée étroitement locale ne soit pas plus proprement fran çais que Pascal, plus proprement anglais que Sha kespeare, plus proprement espagnol que Cervantes ? Mais surtout, est‑il vrai que ce soit en étant nationaux que ces maîtres ont servi l’universel ? Non. Ils ont servi l’universel, parce qu’ils ont prêché l’uni versel, parce qu’ils ont parlé dans l’universel. S’ils avaient prêché le national, ils eussent eu beau être les plus nationaux des écrivains, ils eussent servi le national, et non l’universel. Treitschke et Barrès étaient éminemment nationaux ; ils n’ont nullement servi l’universel. Érasme et Spinoza l’ont servi, et n’avaient pas de nation. »

Le succès du Conservatoire de Musique !

J’assistais vendredi soir au concert de fin d’année des élèves du conservatoire de Musique.
Celui-ci a recueilli un très vif succès auprès des Garennois, à l’image du succès du Conservatoire, lequel accueille près de 600 personnes chaque année.

Le Conseil municipal votait d’ailleurs le même jour une augmentation de 7% de leur subvention afin que le Conservatoire puisse répondre positivement à toutes les nouvelles demandes d’inscriptions.
En effet, conformément à la politique que j’ai mise en place afin de favoriser l’enseignement musical, tous les élèves doivent avoir facilement accès au Conservatoire, sans passer par des listes d’attente. La Ville finance systématiquement toute nouvelle plage horaire qui serait nécessaire. Il est regrettable que l’opposition n’ait pas souhaité voter cette augmentation de subvention…

Je tiens à remercier et féliciter Jean-Baptiste Merel, le Président du Conservatoire pour le remarquable travail qu’il réalise chaque jour avec l’ensemble de son équipe.

Journées du Patrimoine à La Garenne

Ville de La Garenne-ColombesA l’occasion des journées Européennes du Patrimoine, découvrez en avant-première la maison-musée de Jean-Pierre Raynaud.
Retrouvez aussi tous le Patrimoine de la ville en photo : cliquez ici

Portes ouvertes de 14 à 18 heures.
10 avenue Rhin-et-Danube
92250 La Garenne-Colombes

L’étrange défaite

416xdznyjvl__sl500_aa240_Le livre pour comprendre comment un grand pays, porteur de grandes valeurs, a pu sombrer, militairement et philosophiquement.
« Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France, ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »
Marc Bloch a été fusillé par les nazis à Trévoux le 16 juin 1944. On sait comme il est mort. Un gosse de 16 ans tremblait près de lui : « ça va faire mal ». Marc Bloch lui prit affectueusement le bras et dit seulement « Mais non, petit, cela ne fait pas mal », et tomba en criant, le premier, « Vive la France ».

Perrichon au vieux Colombier

comedie-francaiseDécidément, la Comédie Française doit croire les spectateurs incapables de comprendre les textes. Dans le Voyage de Perrichon, Julie Brochen doit craindre que nous ne comprennions pas la critique de caractère peinte par Labiche. Critique contre la vanité. Alors, Madame Brochen, qui met en scène, s’evertue avec une parfaite efficacité à rendre un spectacle gai et pétillant en une pièce triste et inquiétante. Avec une mise en scène qui se résume à quatre strapontins (sûrement prélevés dans la salle : cela aura au moins permis à quatre spectateurs d’échapper à l’épreuve) et un piano aux mélodies souvent dysphoniques (ça fait plus chic) et sinistres. Et puis cette manie snob du Théatre Français de faire désormais jouer deux ou trois personnages par le même acteur, sans doute un effet de la crise économique. Sans parler du rôle masculin confié à une femme (technique dont l’utilité ne saute pas au yeux du béotien que je suis), sans doute un effet d’une vision exacerbée de la parité. Seul Pierre Vial sauve Labiche : drôle, grotesque, vaniteux à souhait. Il est, lui, un Perrichon parfait. J’espérais passer un bon quart d’heure; le problème est que la pièce en aura duré six.

Pouvez-vous me passer le sel, SVP ? Mihi salem trade, quaeso ?

D’abord, bien s’imprégner. À défaut de messes en latin, devenues rares par les temps qui courent, malgré les assouplissements de Benoît XVI, écoutez en boucle les Carmina burana de Carl Orff ou un bon requiem (par exemple celui de Fauré). Mieux : devenez ecclésiastique. Pas l’un de ces simples curés courant d’une église à l’autre expédier des messes en français devant un maigre public, mais un ecclésiastique ambitieux à visées vaticanes. Nommé à Rome, vous ne deviendrez peut-être pas tout de suite pape, mais vous aurez au moins l’occasion d’écouter pendant les dîners à la curie vos confrères et futurs rivaux vous demander en latin de leur passer le sel (mihi salem trade, quaeso) ou de leur éclaircir les idées d’un coup de chianti (car In vino veritas).

Et puis s’entraîner. Apprendre à bien articuler – par exemple vobiscum – non à la française (le « v » prononcé comme dans « vélo » et le « um » comme dans « humide »), ni même à la catholique (le « um » comme dans « rhum »), mais selon la prononciation restituée, celle des vrais Romains d’antan, telle qu’on l’a reconstituée à partir de judicieuses déductions.

Ainsi, quand Cicéron nous raconte dans son De divinatione que Crassus, embarquant son armée à Brindes et entendant sur le quai le cri d’un marchand de figues (« cauneas ! ») , aurait dû comprendre « cave ne eas » (ne pars pas !) et s’abstenir sagement d’une expédition qui devait lui être fatale, il nous prouve que « v » et « u » se prononçaient de la même façon (« ou »). Vobiscum se dit donc « hou-o-bis-coum » et les fameux mugissements bovins du doux Virgile, « mugitusque boum » , prennent, correctement expectorés, des allures d’onomatopées (« mOUguitOUsscOUé bohOUm » !).« Quel tohou-bohou ! », comme me dit un jour le regretté Marcel Arland, qui préférait en tout la litote.

Évidemment, prononcer ne suffit pas, il faut comprendre. Vous ne pourrez faire l’impasse des cinq déclinaisons, des quatre conjugaisons, de quelques verbes irréguliers et d’une bonne poignée de règles de grammaire. Quelques auteurs faciles pour vous faire les dents (César, mais souvent aussi Ovide, ou, pourquoi pas ? Descartes) et hop ! votre vie va changer. Vous vous promènerez plus lumineusement dans l’espace et dans le temps. 

Vous comprendrez enfin l’inscription gravée au fronton de l’Institut : « IUL.MAZARIN. S.R.E.CARD. BASILICAM ET GYMNAS.FC.A MDCLXI » (en gros, c’est Mazarin qui a tout fait !). Vous saurez, contrairement à tant de journalistes, qu’on ne peut dire des persona non grata (puisque persona est un singulier ; au pluriel il faudrait personae non gratae).

Vous ne pourrez peut-être pas faire du premier coup des vers latins comme Baudelaire ou Rimbaud, ni écrire, comme Jaurès, une thèse complémentaire intitulée De primis socialismi germanici lineamentis, mais vous saisirez enfin le sens de mille expressions : a priori, par exemple, qui est l’abréviation d’a priori ratione quam experientia (par la raison avant que par l’expérience), ou Homo homini lupus, qui n’évoque pas des risques de taches sur le visage liés à l’homosexualité mais la sauvagerie humaine vue par Hobbes (« L’homme est un loup pour l’homme ») – homme, comme homo , désignant l’être humain en général, quel que soit son sexe, donc aussi bien une candidate à la direction du PS qu’un commandant de CRS un peu musclé.

Question muscle, vous pourrez lire (c’est bien le moins) Astérix en VO et last but not least(ultime sed non minime), vous comprendrez les joyeuses obscénités de Catulle ou de Martial. Ce sera presque le bonheur.

Il vous restera à apprendre le grec.

Le Figaro

Lire aussi : Dans le latin, tout est bien

L’illusion comique à la Comédie française

La pièce de Corneille où est écrit l’apologie du théatre (Acte V)

              À présent le théâtre

              Est en un point si haut que chacun l’idolâtre,

Et ce que votre temps voyoit avec mépris
Est aujourd’hui l’amour de tous les bons esprits,
L’entretien de Paris, le souhait des provinces,
Le divertissement le plus doux de nos princes,
Les délices du peuple, et le plaisir des grands :
Il tient le premier rang parmi leurs passe-temps ;
Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde
Par ses illustres soins conserver tout le monde,
Trouvent dans les douceurs d’un spectacle si beau
De quoi se délasser d’un si pesant fardeau.
Même notre grand Roi, ce foudre de la guerre
Dont le nom se fait craindre aux deux bouts de la terre,
Le front ceint de lauriers, daigne bien quelquefois
Prêter l’oeil et l’oreille au Théâtre François »

Haedens a-t-il vraiment écrit dans « je suis partout », journal ouvertement pro-nazi ?

« Je suis partout » est un des plus ignobles exemples de ce qu’a pu produire Vichy. Qui pourtant a quelques records à son triste palmarès. Et les opposants garennois à Kléber Haedens accusent celui-ci d’avoir écrit  dans ce « Je suis partout » qui fut ouvertement pro nazi.

Cette accusation, gravissime, est-elle vraie ?

Non, c’est un très très très gros mensonge. Un mensonge énorme et surtout pervers.

KH a écrit dans le « Je suis partout », mais AVANT la guerre. Le journal d’avant la défaite, avant Pétain, avant la collaboration, avant le virage kollabo de ce journal.

Car Je suis partout a été publié entre 1930 et 1940 avant de disparaître avec la défaite, pour reparaître à la solde de Vichy en 1941, pour devenir ouvertement pro nazi.

C’est là où l’accusation portée contre Haedens est perverse : car, si KH a bien écrit dans le journal, c’est pendant ces 10 ans, entre 1930 et 1940. A une époque où le journal ne collaborait pas, par définition ! Et il y a écrit 3 fois …

Qu’a-t-il écrit ? Deux articles littéraires en 1938 (un article sur la théorie du roman au XXème en février-mars, et un autre sur la violence en littérature en juin) et une nouvelle : ‘ »Pas de chance », en mars 1940. C’est-à-dire pendant la drôle de guerre.

Donc Haedens a-t-il écrit dans ce « Je suis partout » ouvertement pro nazi ?

Non. 

Est-il envisageable que ceux qui ont écrit le contraire reconnaissent maintenant leur erreur ? Car c’est évidemment une erreur, et non un mensonge délibéré … Je pense en particulier à deux anonymes actifs accusateurs sur le net : je pense qu’un des deux, si je crois comprendre leurs vraies motivations, fera amende honorable. L’autre non. Ils devraient se reconnaître.

Je pense surtout à tous ceux qui, de bonne foi, se sont fait abuser par des excités qui voulaient faire un coup politicien …  Ils ne seront peut être pas contents d’avoir été abusés ! Et ils auront bigrement raison !

En réalité, il n’y a pas de sujet Haedens-politique. Il n’y a qu’un sujet Haedens-littérature.

Certains ont voulu faire croire le contraire pour de minables raisons politiciennes.

Et pour ceux qui doutent encore : pas une seule personnalité du monde des lettres ou du monde de la politique n’a soutenu le Modem dans cette querelle … Même pas Bayrou ! On comprend pourquoi tellement l’accusation était folle !

Françoise, Jallez, Jerphanion : les voies de l’esprit

« Je me suis toujours fait une idée extraordinaire de ces vagabondages à
travers la ville quotidienne… Avec une préférence pour certains
parages, certaines directions que je trouve plus émouvantes… Il est
très difficile de faire cela avec quelqu’un. Pour mille raisons que
vous entrevoyez. Il n’y a pas de situation où se découvre mieux la
sottise des gens, ou leur vulgarité, ou leur absence complète de
personnalité, leur impuissance à sentir les choses par eux-mêmes, leur
défaut de poésie… et aussi l’ennui essentiel qui les habite… Et
pourtant errer ainsi, en compagnie d’un être pour qui on éprouve une
affection profonde, une fraternité… c’est pour moi un des sommets de
la vie…sans rien exagérer, je vous assure…et pas un sommet réduit
à la pointe d’un instant, non, un sommet à large courbure, qui se
développe pendant des heures, comme ces belles vieilles montagnes,
autant plateaux que montagnes… »

Françoise, Chapitre XXXV, in Les Hommes de bonne volontés, Jules Romains

La trahison des clercs : Julien Benda

Un des livres indispensables à l’exercice de la politique et de la démocratie. Clair et limpide. Mais très très dérangeant : personne n’est épargné. Aron en faisait un livre clé de sa réflexion. Julien Benda se propose de définir le rôle de l’intellectuel. L’intellectuel se doit de sortir de sa réserve dès lors que la vérité et la justice sont menacées. Il ne doit surtout pas s’impliquer dans les affaires courantes. Il doit se consacrer à ce qui est sa vocation première : la méditation, la connaissance désintéressée, l’amour du beau, toutes choses en somme qui le distinguent de l’homme de parti. A cette figure de l’intellectuel, Benda oppose ce qui, au moment où il écrit, est en passe de devenir l’une des figures les plus courantes de l’intelligentsia : l’intellectuel engagé dans un parti ou proche d’un parti. Benda a alors surtout à l’esprit les intellectuels de l’Action française. Benda y fustige « la tendance à l’action, la soif du résultat immédiat, l’unique souci du but, le mépris de l’argument, l’outrance, la haine, l’idée fixe », en bref tout ce qui fait la passion politique des hommes d’action (les laïcs) et tout ce qui doit rester étranger au savant et au moraliste, c’est-à-dire au clerc. Il n’y condamne cependant pas absolument l’engagement de l’intellectuel, exigeant que celui-ci ne descende sur la place publique et n’intervienne dans le débat séculier que pour faire triompher les idéaux abstraits et désinteressés du clerc : la vérité, la justice, la raison, la liberté intellectuelle et sociale.

Collège Kleber Haedens

Jean d’Ormesson sera donc à La Garenne pour poser la première pierre du futur collège Kleber Haedens (KH). Il en profitera pour rappeler que Kleber Haedens, qui fut son ami, serait probablement entré à l’Académie s’il n’était pas décédé prématurément. Il en profitera aussi pour rappeler qui fut Kleber Haedens, et tordre le coup à l’entreprise de désinformation folle créée de toute pièce par mes opposants locaux.

La vérité ? KH fut un grand critique littéraire, libre et anarchiste de droite : comme le dit le Figaro littéraire (attention , un journal réactionnaire …) :  »Kléber Haedens brossa pour ses lecteurs un magnifique tableau des lettres. Si l’on voulait savoir ce qu’il fallait penser de Sagan, de Le Clézio, de Butor ou de Michel Déon, il fallait lire Haedens. Des générations de jeunes gens ont appris à aimer les livres dans son Histoire de la littérature française, admirable essai, écrit à moins de trente ans, où il fait découvrir Maurice Scève, Ronsard et Stendhal et tire avec irrévérence les barbiches de Hugo, Flaubert et Zola. »

Mes opposants reprochent à Kleber Haedens, non pas ses écrits, mais d’avoir écrit dans des revues maurassiennes. La belle affaire. Et là, amalgame et tout le bastringue. Maurras = extrème droite = Vichy = Pétain = Collaboration. Et voilà Haedens, qui ne fit jamais de politique de toute sa vie d’écrivain, présenté comme embrigadé dans les colonnes nauséabondes de l’Etat français. Comme le dit Le Figaro, « On ne fait pas plus sot ». Trois lettres cruelles pour mes opposants mais tellement vraies … On ne fait pas plus sot car amalgamer les royalistes aux collaborateurs est un raccourci digne des plus beaux procès staliniens (Bénouvlle et Estienne d’Orves n’étaient-ils pas issus des milieux royalistes ?) … On ne fait pas plus sot car rien dans les écrits de Haedens ne fait l’apologie de tout ce que j’ai toujours condamné. On ne fait pas plus sot car Kleber Haedens passa la guerre à Lyon, où il aida Bénouville, un grand résistant. Alors, mes détracteurs ennuyés par la réalité de ce KH qui ne colle pas avec ce qu’ils veulent démontrer, trouvent des défauts au grand résistant : il était … de droite … Mes détracteurs ne savent-ils pas que la droite aussi a résisté … ? Au même moment, Sartre montait ses pièces devant des officiers allemands dans Paris occupé.

Curieuse société où on procède par excommunication sans prendre le temps de lire. Un des conseillers municipaux d’opposition osant même un fulgurant : « pas besoin de lire KH pour le condamner » qui restera dans les annales… On disserte à l’envie sur le mot liberté, mais on excommunie illico tout individu qui ose faire preuve de liberté et d’indépendance d’esprit. Car KH était indépendant d’esprit : il n’aimait ni Voltaire ni Flaubert ni Hugo. Et le disait ! La belle affaire ! Alors, je vais révéler un secret aux anti KH : l’histoire de la littérature est pleine de ces histoires d’opposition. Vous ne le répéterez pas, mais ce sont justement ces querelles qui font la richesse de la pensée : la querelle des anciens et des modernes, le contre Sainte-Beuve … La littérature n’est pas un congrès du Modem, où il n’y a qu’une vérité, celle du chef.

En fait mes opposants dissertent sur la liberté, mais restreignent celle-ci dès que leur prêt-à-penser n’est pas respecté. Liberté de penser donc, mais selon des standards. Les mêmes auraient pu condamner les Fleurs du Mal et mettre le feu à Hernani lors de la première. Des conservateurs génés dans leurs certitudes, qui cachent leur grand conservatisme sous des discours moralisateurs et progressistes. On savait depuis Bové que les pires conservateurs avaient un discours révolutionnaires, mais là … 

Alors pourquoi avoir choisi KH ? Parce que c’était un polémiste de grand talent, et que son Histoire de la littérature fançaise est une leçon d’anticonformisme intellectuel et de liberté de penser. Deux qualités dont semblent cruellement dépourvus les moralisateurs qui veulent faire d’Haedens, sans avoir pu citer un seul paragraphe ambigü de sa plume, un affreux collabo…Et le Figaro littéraire de conclure : « En plaçant les collégiens sous le signe bienveillant de Kléber Haedens, le maire de La Garenne-Colombes leur donne une chance d’acquérir une vertu qui n’est pas au programme : la liberté de penser. »

Le sublime fut récemment atteint quand les opposants à KH se firent les défenseurs des valeurs de la République (rien de moins) contre KH et votre serviteur, coupables d’attenter à celles-ci. Quel spectacle que la défense des valeurs de la République mise à toutes les sauces, de façon anonyme (l’internet est bien pratique …) et sans aucun danger, au chaud derrière son ordinateur ! Il est vrai que tous ces combattants de salon devraient m’impressionner, moi qui n’ai passé cette année que deux petits mois en Afghanistan pour y défendre justement ces quelques valeurs. Il est intéressant de noter d’ailleurs qu’une des plus excitées commentatrices anti KH m’avait justement reproché d’être allé à Kaboul ! C’est la preuve que tout est bon pour s’opposer … Léon Daudet (j’aggrave mon cas) parlait de révolutionnaires de comptoir …

Enfin, depuis quelques jours, l’Opposition prend conscience du ridicule de leur position. En effet, les témoignages de ceux qui ont connu Haedens commencent à arriver et à contredire leur version. Et tous ceux qu’ils ont abusé risquent de leur en vouloir (ils auraient bigrement raison !!) . Ils tentent donc une marche arrière sans le dire, qui n’ait pas trop l’air d’une retraite. La dernière ? Tenez vous bien : le conseiller du Modem m’a dit qu’il voulait finalement bien du nom de Kleber Haedens … mais « pour une rue » (!) « pas un collège »… Je pose donc une question idiote : si vraiment tout ce que vous dites est vrai, et que Kleber Haedens est aussi amoral que cela, pourquoi accepter de baptiser une rue de son nom … :-) . En attendant, le blog de l’opposition à KH a avoué censurer les témoignages de ceux qui, nombreux, contredisaient leur folle version ! Belle preuve d’attachement à la liberté d’expression. 

La mauvaise foi permet donc d’aller bien bas, mais jamais très loin. Alors terminons par Bernanos, un affreux écrivain de droite (tiens, il faudra aussi penser à débaptiser les collèges Bernanos) : « Jamais, jamais, nous ne nous lasserons d’offenser les imbéciles »…

Et pour  ceux qui veulent (vraiment) se faire leur idée, et qui ne se satisfont pas du prêt à penser :

Une histoire de la littérature française , Grasset

Adios, Grasset

Salut au Kentucky, Grasset

Salut à Kleber Haedens (biographie par Etienne de Montety, patron du Figaro littéraire), Grasset

Albert Camus – René Char, Correspondance 1946 – 1959

Albert Camus René Char Correspondance 1946 – 1959. Je préfère Char à Camus, définitivement. Camus a raison sur tout, certes. Mais il est tellement vrai qu’il en devient ennuyeux. Char est aérien.  » l’envie d’écrire des poèmes ne s’accomplit que dans la mesure précise ou ils sont pensés et sentis à travers de très rares compagnons  » . Cette correspondance nous fait passer de la curiosité de découvrir deux beaux auteurs par leur quotidien à l’impression de participer un peu à leurs créations. « Les livres sont des présences libérantes  » dit Char à Camus (juin 1950). Il a raison !

Proust Bergson

Proust, « c’est une vision directe et continue de la réalité intérieure » (Bergson)

Le Mariage de Figaro à la Comédie Française

Vu aujourd’hui le Mariage de Figaro. Une Suzanne espiègle à souhait (Anne Kessler), et un Comte merveilleusement drôle de jalousie (Christian Hecq). La mise en scène en costumes du XXième siècle est dynamique et belle. Figaro ou la liberté de penser. Je me demande (il faudra que je vérifie) si le Figaro sous-titre toujours « Sans la liberté de penser … ». J’espère ! Deux extraits pour la route (acte V scène 3) : le premier qui rappelle curieusement l’affaire des caricatures de Mahomet, et un second drôle sur la liberté d’expression, que je ressortirai devant le tribunal correctionnel dans l’affaire qui m’oppose à France Télévision. Le premier : « Je broche une comédie dans les mœurs du sérail. Auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l’instant un envoyé… de je ne sais où se plaint que j’offense dans mes vers la Sublime-Porte, la Perse, une partie de la presqu’île de l’Inde, toute l’Egypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc : et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois, ne sait lire, et qui nous meurtrissent l’omoplate, en nous disant : chiens de chrétiens ! – Ne pouvant avilir l’esprit, on se venge en le maltraitant. 

–  » Le second :   « On me dit que, pendant ma retraite économique, il s’est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s’étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l’autorité, ni du culte, ni de la politique, ni dé la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l’Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l’inspection de deux ou trois censeurs. Pour profiter de cette douce liberté, j’annonce un écrit périodique, et, croyant n’aller sur les brisées d’aucun autre, je le nomme Journal inutile. Pou-ou ! je vois s’élever contre moi mille pauvres diables à la feuille, on me supprime, et me voilà derechef sans emploi ! »

Churchill, Mémoires

« Dans la Guerre : Résolution
Dans la Défaite : Intransigeance
Dans la Victoire : Magnanimité
Dans la Paix : Bonne volonté »
Churchill

Ce soir concert hommage a Pavarotti

Ce soir concert hommage a Pavarotti

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