Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes

Afghanistan | Philippe Juvin, le blog - Part 2

Actualités 'Afghanistan'

Afghanistan, Kaboul J61 : Hervé Morin et Philippe Folliot à Kaboul

Visite_dputs_gmc_2

Visite éclair d’Hervé
Morin à Warehouse. Discours assez plat du ministre, mais peut-être
était-ce le fait de s’être levé à 4 heures du matin après avoir passé
la nuit dans une fob. Son emploi du temps ne lui a pas permis de
visiter le GMC, qu’il connaissait en fait déjà. Quelle ne fut pas ma
surprise de rencontrer, l’accompagnant, Philippe Folliot. J’ai connu
Philippe Folliot il y a 15 ans, alors que j’étais président de l’UJP.
Il était un des vice-présidents. A l’époque, Philippe était un
anticonformiste de la politique, qui n’hésitait pas à dénoncer les
archaïsmes du RPR dans son département. Je me souviens qu’il m’avait
fallu le défendre contre les instances du RPR qui voulaient l’exclure.
Il était alors maire de St Pierre de Trivisy. Il est aujourd’hui député
du Tarn. Comme dans Dumas mais avec 5 ans de moins, il est toujours le
même. Philippe venait rendre visite aux militaires du RPIMa de Castres,
ville dont il est élu. J’ai été content de le revoir, et il m’a fait
l’amitié de visiter notre hôpital militaire. J’oubliais qu’il est un
homme à connaître, puisque il est le rapporteur pour avis du budget du service de santé des armées …

Afghanistan, Kaboul J60 : Aide à la population

Ce week-end, nous nous sommes rendus à deux médecins, un dentiste, une infirmière et une aide soignante plus notre escorte, dans un village situé dans une vallée entre Kaboul et Bagram. Avant de partir, je suis ravi des consignes de sécurité du jour. Elles nous sont rappelées intelligemment par un sergent chef, qui appelle à la modération dans notre attitude vis-à-vis des afghans sur la route. Cela ait du bien. Nous partons. Une bonne heure de route sans encombre. Arrivée au village, installation chez le Malek, le maire. Photos de Massoud et des ancêtres dans la salle qui nous est prêtée. C’est le Malek qui a choisi ceux de ses concitoyens qui pourront venir nous voir. Pendant trois à quatre heures, interrompues une fois par le traditionnel thé, nous avons vu 150 à 200 personnes. Peut-être plus. Nous ne comptions plus, la fatigue aidant. Des douleurs de tout type. Des diarrhées et des otites chez les enfants. Des cataractes chez les vieillards. Des petits bobos. Des plaies des pieds. Des douleurs abdominales. Des céphalées. Des fatigues et des lassitudes. Bref, un riche cortège fonctionnel. Nos deux malles de médicaments ont été largement utilisées. Les prescriptions se faisaient par plaquettes complètes de paracétamol, d’AINS ou de Mopral…  Quelques antibiotiques et des solutions de réhydratation. Avons-nous médicalement servi à quelque chose … ? A quatre ou cinq patients, certainement. Aux autres ? Ils sont partis avec des médicaments … Et surtout, ils auront une bonne idée des français. Et peut-être si demain une patrouille ne se fait pas tirer dessus dans ce village, pourrons-nous penser que nous n’y sommes pas totalement étrangers… J’oubliais : la chaleur a fait partir une balle de mitrailleuse dans le village. Heureusement sans victime …  On ne rit pas, on respire et on se dit que finalement la journée a été assez bonne

Afghanistan, Kaboul J58 : Bêtisier et devoir de réserve

Chut, le devoir de réserve m’interdit de dire ce que tout le monde pense et écrit. Ce que même le chef de l’Etat a écrit dans le livre blanc : la France a préféré s’équiper de chars Leclerc contre le pacte de Varsovie qui n’existe plus, plutôt que de moyens aériens utiles contre un adversaire qui, lui, existe bien. Cette vidéo n’était pas préméditée ….

Afghanistan, Kaboul J55 : Caracal en Afghanistan : Kaboul-Kandahar-Kaboul

Rapide mission à Kandahar. Départ de Kaboul en Caracal, et retour par le même moyen. Nous sommes répartis dans les deux caracals. Vol à basse altitude tactique, les deux hélicoptères se suivant mais de façon décalée pour ne pas emprunter exactement le même chemin. Les hélicoptères sont protégés par deux mitrailleurs latéraux, les guneurs,et des commandos embarqués, assis sur les bords de l’appareil et chargés de protéger la zone d’atterrissage en cas de posé d’urgence. Les hélicoptères sont également protégés par leur type de vol, à basse altitude en collant le plus possible aux reliefs du sol : reliefs naturels (collines, arbres) et artificiels (maisons). Ils sont aussi protégés par les mesures de détection de tirs hostiles. Dans la vidéo, on comprend que ces mesures ont été déclenchées car on aperçoit les lancers de leurres, suivis d’une ascension très rapide de l’appareil pour se protéger d’autres tirs. Moments magnifiques au cours de ce vol. Ces hélicoptères sont utilisés pour les évacuations sanitaires, et peuvent l’être aussi pour des missions de combat. On passe sans cesse au dessus de troupeaux qui chaque fois s egayent par peur de nos appareils; Certains petits bergers nous jettent des pierres, d autres nous saluent… Peut etre les memes au fond. Ce pays est compliqué.

Afghanistan, Kaboul J54 : attaque des talibans contre un fortin américain

On en sait un peu plus sur les morts américains du week-end dernier.
Ce qui semble s’être passé ne correspond pas aux premières descriptions
faites par les premiers commentateurs.

Dimanche à 4h30 du matin, de très nombreux talibans, environ 200
selon le NY Times, ont attaqué un fortin situé dans l’ouest de la
province de Kunar près de la frontière avec le Pakistan. Ce fortin
était tenu par seulement 45 américains et 25 afghans de l’ANA. Le
combat qualifié de très violent a duré quatre heures pendant lesquelles
les talibans auraient tenté à plusieurs reprises d’investir la
position. Neuf américains ont été tués et au moins 15 blessés. Quatre
afghans de l’ANA ont été blessés.

Les forces américaines avaient commencé à s’installer la semaine
précédente dans ce fortin. Les défenses n’étaient pas toutes terminées,
selon un officiel. A tel point qu’en plusieurs endroits les soldats ont
du utiliser leurs véhicules comme remparts contre les tirs ennemis.

Hpim4807

Les insurgés avaient manifestement observé cette vulnérabilité
particulière de la position des américains et en ont profité en portant
leur attaque sur deux points en même temps, à l’ouest et au sud ouest
de l’enceinte de la position.

Plusieurs tirs de mortier et de grenades lancés depuis le hameau de Wanat,
un village éloigné de quelques centaines de mètres ont causé une partie
importante des victimes alliées. Les talibans avaient pris place tôt
dans la nuit dans les maisons, les échoppes et la mosquée, après avoir
fait partir les habitants. D’autres insurgés ont pu s’approcher de la
position américaine à la faveur de l’obscurité. « Quite clearly the wanted to overrun the outpost » a déclaré un officiel cité par un journaliste américain. Tamin Muristani,
ancien gouverneur de la région, a déclaré que plusieurs corps
d’insurgés avaient été retrouvés à l’intérieur de la position
fortifiée, témoignant que l’objectif de ceux-ci était bien d’investir
la base.

Une demande de soutien d’artillerie et par les hélicoptères aurait
été faite mais très peu de corps de talibans ont été retrouvés dans le
village.

Le nombre important d’assaillants, la faiblesse de la position,
l’effet de surprise expliquent le bilan particulièrement lourd de cette
attaque. Qui aurait bien sûr été plus lourd encore si la base avait été
investie.

Mais le plus important est que ce qui s’est passé témoigne d’une
modification des techniques de combat des talibans. Jusqu’ici, la
majorité de leurs attaques étaient réalisées à la roquette ou à l’IED,
visant particulièrement les convois ou les patrouilles. Les attaques
directes contre des positions alliées avec la volonté de mener un
assaut en masse et d’investir celles-ci sont donc tout à fait
inhabituelles. Après l’attaque de la prison de Kandahar, l’assaut du
week-end dernier est un fait suffisamment nouveau pour que je lui
consacre ici quelques lignes. La chute du fortin aurait été un
évènement médiatique majeur. Son attaque est déjà un évènement
politique majeur.

Les éléments rapportés ici peuvent être retrouvés dans le papier de
Carlotta Gall et Eric Schmitt, 15 juillet 2008, Boston.com, NY times
News Service « Taliban attack exploited weakness US defenses not fully in place ».

Afghanistan, Kaboul J53 : Quelles pathologies rencontrées ici à Warehouse, Kaboul ?

Afghanistan, Kaboul J52: Kaboul la nuit …

La nuit tombe vite à Kaboul. Vers 19h, il fait sombre. Le silence se fait aussi curieusement rapidement. Seul le vent et le muezzin se dégagent. Une certaine impression d’irréalité. Pas de bruit de fond. Kaboul n’est pas faite d’industries qui ronronnent de façon autonome. Quand les hommes s’endorment, le silence trouve une vraie place. Presque bruyante tellement l’absence de bruit tranche avec le murmure de la ruche humaine d’il y a quelques heures encore. Quelques morceaux de vie. MG, infirmière du GMC, vient gouter le silence. Je semble déranger. Et puis je n’avais pas encore présenté Jean-Philippe, chat afghan pur race de gouttière locale : la mascotte du GMC.

BFM TV : Reportage sur mes premiers jours à Kaboul


BFM TV
envoyé par juvin

Un journaliste de BFM TV m’a suivi durant mes premiers jours au camp.

Afghanistan, Kaboul J49 : Ambassade de France et HQ-ISAF

Aujourd’hui mission dans Kaboul à

l’ambassade de France et à l’HQ-ISAF. Il ne faut pas le répéter mais
nous avons profité de la virée pour aller déjeuner américain (cheese
burger, frites et glaces … délicieux malgré les 40°C) et écumer un
marché kabouli. Le marché est le seul endroit où il n’est pas
obligatoire de saluer un supérieur, comme en témoigne une des
photographies (no salute area). De l’adaptation des règlements à
l’hôtel de la consommation ! Mais le plus rejouissant est le spectacle
exotique de tous ces hommes qui font leur marché en armes, comme au far
west ! Et pourtant, lagré leurs pistolets et fusils, ils négocient (loi
y compris) à l euro pr^et…. Comme quoi, la loi du plus fort n est pas
toujours la meilleure ! Ou plus exactement, l arme, heureusement !, ne
facilite pas la discussion ! celle-ci reste toujours ardue mais fait
bien sur partie du jeu. Quelques autres images de la journée, et
quelques vidéos du voyage, en particulier faites depuis la voiture.
Plusieurs fois, un des marsouins situés à bord a du ouvrir sa portière
pour bloquer un véhicule qui nous collait un peu trop. Les afghans, qui
connaissent pourtant nos conditions de sécurité quand nous sommes en
convoi, et les risques qu’ils prennent à les transgresser, sont
décidément très joueurs.

Afghanistan, Kaboul J48 : Warehouse, Kabul

On m’interrogeait sur la formation spécifique que j’avais suivie avant de partir en Afghanistan… Et sur le moral des soldats présents. Réponses dans cette interview SIRPA.

Afghanistan, Kaboul J47 : appel à mes lecteurs

Départ de Warehouse tôt le matin. Deux voitures banalisées blindées. Direction l’ Ibn Sina Emergency hospital, qui est le plus centre de traumatologie afghan. Discussion avec les médecins. Et Visite. Une réanimation sans appareil de réanimation. Des malades dans des lits, soignés par des gens plus que dévoués, mais sans médicament ni matériel. Au bloc opératoire, les infirmiers me demandent si je sais faire fonctionner leur machine d’anesthésie. Je m’y essaie. Pour une, j’y parviens. Pour l’autre, non. Je pense qu’il faut déjà y brancher de l’oxygène sous pression. Qu’ils n’ont pas. Mais ils n’ont pas non plus le livret du fabricant. Je leur promets d’essayer de trouver ça sur internet. Aux lecteurs de cette note : pouvez-vous faire sur Google la recherche de ce livret pour moi ? L’appareil est sud coréen, et est de marque KOICA ? Sont inscrits à sa face antérieure les mots suivants : Royal 77, Anesthesia machine. Merci d’avance

Afghanistan, Kaboul J46 : Ambassade de l’Inde ce matin

Ce matin, je suis passé devant l’ambassade d’Inde qui a été la cible de
l’attentat d’hier. Comme on peut l’observer ici, rien ne reste du
bâtiment ancien. Témoignage de la violence de l’explosion. A la fin de
la courte vidéo, notez les prisonniers de droit commun en combinaison
orange, chargés du nettoyage. On les observe un peu partout en ville et
font office de cantonniers. Les cinq blessés de l’explosion que nous
avons pris en charge vont bien.

Afghanistan, Kaboul J45 : Waterloo par Stendhal

Revenons un moment sur l’attentat d’hier à Kaboul. Le hasard fit qu’au même moment, je me rendais à l’aéroport. Le hasard fit aussi que les chauffeurs se trompèrent de chemin et entrèrent dans Kaboul au moment de l’explosion. Nous étions probablement à quelques centaines de mètres de l’endroit où le suicide bomber s’est fait sauté. Or ce n’est que deux heures plus tard, en rentrant au camp, que j’appris l’attentat qui était déjà sur toutes les ondes françaises. Cela confirme la description de Waterloo par Stendhal : son héros bat la campagne belge durant toute la journée, et ne sait toujours pas dans la soirée s’il y a eu bataille ni qui l’a gagnée. Autrement dit, quand on est dans l’action, on ne voit rien. Alors, en contrepartie, quelques images de Kaboul prises de notre voiture. Les conditions locales m’interdisent d’ouvrir la fenêtre, ce qui explique le caractère « brumeux » de certaines images. Observez les beaux visages et les morceaux de vie.

Afghanistan, Kaboul J44 : attentat contre l’ambassade de l’Inde

Ce matin vers 8h30,

attentat contre l’ambassade de l’Inde dans Kaboul. Les blessés ont été
amenés à l’ANA hospital et là, ont été triés par un médecin américain,
semble-t-il. Il nous en a été adressé cinq. Dont deux gravement
blessés, polycriblés ave des lésions abdominales et orthopédiques. Un
des deux avait un garrot sur la fémorale gauche. A 19h, les deux
patients sont sortis du bloc, dans un état plutôt satisfaisant. Du
coup, l’exercice qui était prévu depuis hier d’une simulation d’un
afflux massif de patients a été annulé… La journée a été longue et
fatigante, d’autant qu’elle faisait suite à une nuit agitée qui avait
curieusement commencé. L’histoire est la suivante : hier après-midi, je
m’étais rendu dans un hôpital afghan civil comme je le fais
régulièrement (voir vidéo). Le but de ces visites est d’enquêter sur
les capacités sanitaires de Kaboul, et de faire remonter au
commandement quelques informations que je pourrais glaner. J’ajoute que
ces visites me permettent aussi des échanges intéressants sur la
situation afghane avec mes homologues locaux. Le directeur de l’hôpital
où je me trouvais me faisait donc visiter la salle de réveil. Et quelle
surprise d’y découvrir une patiente canadienne qui s’y trouvait
hospitalisée. Elle m’expliquait alors qu’elle était d’origine afghane
et qu’elle passait ses vacances à Kaboul. En guise de vacances, elle
avait été hospitalisée le matin pour une suspicion de péritonite. Le
directeur, qui était aussi chirurgien, m’informa qu’il allait
 »probablement » l’opérer. Le facies de la dame et deux ou trois signes
me faisaient penser que le plus tôt serait probablement le mieux …
D’ailleurs, en la quittant, je ne pus m’empêcher de lui souhaiter un
« good luck » peu déontologique que je regrettais déjà alors que je le
prononçais. Je laisse donc la canadienne à son sort et quitte
l’hôpital. Retour au GMC. Deux heures plus tard, A., l’infirmière,
vient me chercher. Une voiture civile était devant le GMC avec une
patiente à bord… Devinez qui . Ma canadienne. M’a-t-elle suivi ? Le
hasard ? Il faudra que je lui demande. Bref, la voilà amenée par son
mari et des amis qui ont réussi à entrer dans le camp grâce à leurs
papiers de « contractors », ces mercenaires employés par ces sociétés
privées de protection qui pullulent ici. Cette patiente de 30 ans est
alors opérée dans la nuit. Heureusement car elle présentait une nécrose
du grêle par embole d’origine mitral. Elle avait été opérée d’une valve
mécanique quelques années avant. Vingt-quatre heures plus tard, elle va
plutôt bien. J’attends que le vice-consul du Canada me rappelle pour
organiser un rapatriement rapide. Dernier point : c’était hier
l’anniversaire du caporal chef Lulu : le directeur de l’hôpital lui a
donc offert une rose. Voilà le pourquoi de la dernière photographie de
la vidéo.

A quoi sert le service de santé des armées ?

C’est une tradition française que de soigner ses soldats, mais également les civils et victimes des pays en guerre où la France intervient. L’image de la France n’en est que meilleure à l’étranger. Elle dépasse son poids réel en ce sens où la France, de par sa taille, est un pays moyen, mais reste aujourd’hui connsidérée comme une grande nation.

Afghanistan, Kaboul J39 : Suite de la visite de l’hôpital Ali Abad

Suite de la visite de
l’hôpital pour enfants Indira Gandhi. La vidéo montre un confrère
chirurgien me faisant visiter la réanimation néonatale. Quarante lits
sans infirmière, les soins étant assurés par les familles. Cette vidéo
permet de se rendre compte de l’extrème hétérogénéité des pathologies
(une invagination intestinale, deux méningoceles …) opérées par cet
habile praticien. Mais aussi un témoignage, à la fin du film, par la
vision de cette femme qui assure les soins de son petit-fils et qui se
plaint qu’elle n’a pu acheter les médicaments au bazar. En effet, ce
sont les familles qui fournissent tout. L’hôpital apportant le médecin
ou le chirurgien, et le lit. Je redis mon admiration aux médecins qui
travaillent dans ces conditions. Par contraste, chacun imagine donc
l’effet positif, dans la population, que produisent les soins donnés
par le service de santé des armées. Et l’image dont bénéficie ainsi la
France.

Visite de l’Hôpital Indira Ghandi – Afghanistan

Hier, visite de l’hôpital Indira Gandhi. Il est le plus grand hôpital pédiatrique d’Afghanistan. Les familles vont acheter au bazar local médicaments et instruments nécessaires au traitement de leurs enfants et viennent avec leur précieuse cargaison à l’hôpital. Car celui-ci ne dispose pas des ressources suffisantes pour traiter ses malades. De même, ce sont les familles qui assurent les soins infirmiers, comme on le voit sur la vidéo que je joins à cette note. J’y ai rencontré un chirurgien qui assurait toutes les spécialités à lui seul, neurochirurgie, chirurgie thoracique et abdominale, chirurgie pédiatrique comme néonatale…  Plus un peu de soins aux prématurés. L’hôpital est sale et dénué de matériel. On observera particulièrement sur la vidéo les lavabos pour les chirurgiens, privés d’eau après 9h. Mais la présence permanente des familles auprès des enfants et le dévouement de quelques praticiens rendent un peu d’humanité au sombre tableau général.

Humanitaire : J’ai l’impression d’être utile

Afghanistan - Humanitaire : J'ai l'impression d'être utile

Afghanistan, Kaboul J34 : Retour à Kaboul après les péripéties de Libé et de quelques fâcheux

Pourquoi les français sont-ils mieux acceptés par les populations que
les militaires d’autres nations ? En grande partie grâce à l’image du
service de santé des armées. Historiquement, la France a toujours
envoyé des médecins au-delà de ses frontières. Vision idyllique des

choses diront certains. Non, réalité de notre pays qui n’a jamais
imaginé sa présence au-delà de ses frontières sans une aide directe aux
populations civiles. Et les French doctors sont les petits-enfants des
médecins coloniaux. Même si certains d’entre eux professent un
antimilitarisme de principe, ils sont les dignes successeurs de leurs
aînés militaires. Cette réalité du rôle bénéfique du service de santé
des armées, toujours d’actualité, est primordiale pour la compréhension
du rôle de la France dans les conflits. Soigner, aider, custodere. Les
femmes et les hommes du service de santé des armées sont exceptionnels.
Ils se donnent aux autres. Et tous les militaires français que j’ai
rencontrés ici, au-delà du service de santé, ont la même foi en cette
certaine idée d’une France créée pour protéger ceux qui ne peuvent plus
se protéger eux-mêmes. Peut-on encore comprendre cela  en un temps où
l’individualisme prime ? Cette vidéo montre quelques sourires d’enfants
soignés qui suffisent à justifier la présence de l’armée française, en
Afghanistan et partout où elle est projetée.

Libé et RTL

Ce matin, article de Libé qui s’émeut de mon interview sur RTL. Au motif que je ne respecterais pas mon devoir de réserve lié à ma position sous les drapeaux. Ma première réaction est de me féliciter de l’intérêt nouveau de Libération pour la discipline dans les armées. Pour un journal dont l’antimilitarisme primaire est une constante depuis toujours, voilà qui est révolutionnaire. Puis suivent mes interrogations : pourquoi cet article ? Est-ce parce que Libé m’en veut d’avoir dit mon admiration pour les militaires présents sur le terrain ? Ou est-ce parce que j’ai souligné les insuffisances des matériels, comme tout le monde le fait ? Ou ne serait-ce pas plutôt parce que j’ai osé dire que le livre blanc apportait les bonnes réponses ? Quoi qu’il en soit, je remarque que Libé n’a pas été aussi critique vis-à-vis des généraux d’active qui se sont exprimés anonymement contre le Président de la République…Enfin, je rappelle que l’obligation de réserve n’a qu’une utilité : ne pas nuire à la cohésion des armées. Or, est-ce nuire à la cohésion des armées que de qualifier les militaires présents sur le terrain de « gens exceptionnels d’humanité ». Quant aux commentaires publiés sur le site web de Libé et dont certains en rajoutent dans la critique idiote à mon égard (par exemple en avouant ne même pas avoir entendu l’interview…), je leur dirai deux choses. Ne critiquez pas les réservistes qui viennent, sans rien attendre en retour, donner deux mois de leur temps à l’autre bout du monde. Car sans réserviste, plus de lien nation-armée. Et réjouissez-vous qu’il y ait encore des civils comme moi pour rendre hommage aux militaires, à leur mission et à leur honneur.

Philippe Juvin sur RTL Matin avec Christophe Hondelatte

J’étais ce matin (jeudi 26 juin) à 7h15 en direct sur RTL pour évoquer
avec Christophe Hondelatte, la situation en Afghanistan. L’émission
allie info, débats et échanges avec les auditeurs.

Afghanistan, Kaboul J32 : visite de l’hôpital Ali Abad

Aujourd’hui, visite de l’hôpital Ali Abad à Kaboul. Hôpital civil de 250 lits. Des médecins admirables. Qui croient en l’homme. Qui sont là pour les autres. Des sortes de saints. Pourquoi des saints ? Parce qu’ils se donnent aux autres sans beaucoup d’espoir, au moins immédiat. Le saint vit dans l’espoir futur.  Un dénuement matériel quasi-absolu comme en témoigne cette vidéo. Et ces médecins le savent, qui connaissent ce dont nous disposons et qui savent ce qu’ils n’ont pas. Ils sont contents pour les patients afghans que nous traitons. Et sans aucune amertume pour ceux qu’ils ne peuvent traiter.  Mais ils sont animés par une foi certaine dans l’avenir : demain ce sera mieux. La preuve ? Nous sommes là pour les entendre. Une leçon d’optimisme et d’humilité.