Philippe Juvin, le Blog
Député européen, Maire de La Garenne-Colombes
Président de la fédération Les Républicains des Hauts-de-Seine

Afghanistan | Philippe Juvin, le blog - Part 2

Actualités 'Afghanistan'

Diplomatie sanitaire, Médecine News

J’étais interviewé par Médecine News, la radio médicale sur internet. Les journalistes avaient souhaité m’interroger sur lAfghanistan. Ce que je fis. Mais ce fut aussi l’occasion pour moi d’évoquer la diplomatie sanitaire : ou comment, avec l’aide du Service de Santé des Armées, mais aussi grâce au travail de tous les humanitaires dans le domaine médical et des industriels de santé qui s’engagent dans des politiques en faveur des pays pauvres, la France est encore une grande puissance par cette fameuse "diplomatie sanitaire". Cliquer ici

France Inter

Logo_franceinter Je suis sur france inter ce soir à 19h00 dans le journal : sujet l’Afghanistan.

J’y répondais aux généraux d’opérette qui expliquent doctement ce que les militaires auraient dû faire … Et particulièrement à Pierre Lellouche, député UMP, qui nous avait habitué à mieux. Il y aura toujours des gens pour expliquer, après la bataille, que Waterloo était gagnable. Je les engage à aller donner un coup de main là-bas.

Afghanistan UMP : Communiqué de presse de l’AFP

PARIS, 25 août 2008 (AFP) – Des responsables de l’UMP ont jugé lundi "déplacé" de parler de "bourbier" en Afghanistan, comme l’ont fait des membres de l’opposition mais aussi, au sein même du parti majoritaire, le député Pierre Lellouche, la semaine dernière après la mort de dix soldats français. 

"La notion de bourbier est tout à fait déplacée", a jugé le secrétaire national Philippe Juvin, médecin de retour d’une mission à Kaboul auprès des troupes françaises, interrogé lors du point de presse hebdomadaire.

Dans la région qui est sous responsabilité française, "la Région Centre Capitale (RCC), les Français vont partout, donc ce n’est pas la définition d’un bourbier", a-t-il ajouté.

Il s’est dit "irrité" par "tous ces généraux d’opérette qui, au lendemain d’une tragédie", viennent "donner des leçons".

"Si demain, les alliés décident de partir, c’est la guerre civile immédiate, c’est un bain de sang immédiat", a estimé M. Juvin. "Nous sommes membre permanent du conseil de sécurité (de l’ONU), ça donne des droits, mais surtout des devoirs, qu’une population ne soit pas laissée à l’abandon".

     paj/swi/phi

   

AFP

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Afghanistan, premières réflexions à chaud

En Afghanistan, l’absence de contrôle politique des militaires américains est en train de nous faire perdre la guerre.

J’aime les Etats-Unis. Dans un pays comme la France, où un scepticisme à l’égard de notre voisin d’Amérique est classiquement de bon ton, une telle déclaration d’amitié est toujours un peu périlleuse. J’aime l’esprit de liberté qui y règne. Pour reprendre l’expression de Céline, j’aime ces villes qui se tiennent debout quand les nôtres sont couchées. J’aime l’idée que tout est possible à celui qui travaille, qui étudie et qui croit en l’avenir.

Mais après deux mois passés en Afghanistan, à cotoyer nos alliés américains, je suis obligé de témoigner que les militaires américains sont en train de nous faire perdre la guerre. Ni plus ni moins.

La décision du Président de la République de renforcer notre présence là-bas est justifiée : sans les troupes de l’OTAN, la guerre civile embraserait immédiatement le pays avec son cortège de souffrances pour les populations. Sans nous, les terroristes internationaux de toute nature retrouveraient aussi dans l’instant un terrain propice à la préparation de leurs actions contre nos pays. Pour cette raison, nous devons gagner la bataille d’Afghanistan.

Cette bataille ne se gagnera pas sur le terrain militaire. Il faut avant tout reconstruire le pays et un Etat, et donner à l’Afghanistan le leadership de quelques hommes éclairés et volontaristes. La conférence de Paris a beaucoup fait en la matière. C’est un élément essentiel.

Mais si elle ne peut pas se gagner sur le terrain militaire, la bataille d’Afghanistan peut s’y perdre. En deux mois de présence en Afghanistan, tous les témoignages que j’ai pu recueillir concordent. Quelles que soient les origines et la catégorie sociale de dizaines d’afghans interrogés, l’attitude brutale des militaires américains est désormais l’obstacle numéro 1 à la pacification. Les militaires américains font détester chaque jour un peu plus les occidentaux. Leur brutalité et leur absence de discernement dans leurs opérations est permanente. Je sais combien mon propos peut paraître excessif et je ne croyais pas un jour pouvoir écrire de tels mots que je croyais réservés aux spécialistes de l’antiaméricanisme dont je me sens si éloigné. Mais je pèse ces mots. La réalité est là, chaque jour un peu plus gravée dans la mémoire des afghans.

Chaque jour, des militaires sous commandement américain tuent des civils. Non pas en dommages collatéraux, comme chaque guerre en cause inévitablement. Mais par nonchalance, peur et bêtise dans les opérations militaires, et incompréhension des réalités politiques. Ainsi le 6 juillet dans la région de Kandahar. Une information parvient aux américains selon laquelle un insurgé se trouverait dans un village. Une maison est identifiée. Un bombardement décidé. Résultat : 43 femmes et enfants tués, dont la mariée. La maison abritait en effet un mariage. D’insurgé, point. La semaine dernière, deux enfants tués parce que leur père n’avait pas vu les signes que faisaient les soldats de l’OTAN. De tels témoignages sont multiples, quotidiens et connus de tous les acteurs sur le terrain. Qui sait cet ordre qui interdit absolument aux militaires américains de s’arrêter porter secours à un enfant qu’ils ont renversé le long d’une route ? Même si celui-ci est en danger de mort. Plus quotidiennement encore, il faut avoir vu la vitesse des convois américains en ville et l’agressivité continuelle de leurs soldats à l’égard de la population pour réaliser que ces idiots sont en train de nous faire perdre la bataille des coeurs.

Quelle est la raison de cette attitude de nos alliés ? La peur ? Qui fait que chaque afghan est désormais un terroriste en puissance. Mais, poussons le raisonnement, quelle serait alors notre légitimité à agir dans un pays où toute la population nous rejetterait ? Une culture militaire américaine différente de la notre et une  absence de contrôle politique de la mission fixée ? L’accueil chaleureux des afghans dans les régions sous contrôle français contraste de façon éclatante avec la tension permanente dans les zones américaines. Que la guerre soit une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires est connu depuis Clémenceau, et prend toute sa valeur en Afghanistan à propos des militaires américains. Ils sont là pour gagner une guerre alors que les français, dont la mission politique est sans cesse réaffirmée, y sont pour gagner la paix. Il manque au commandement américain un contrôle politique.

L’OTAN a un mandat de paix, mais les américains se vivent en armée d’occupation. Le cercle vicieux est en marche. La violence des américains nourrit l’agressivité de la population à leur égard, et bientôt à l’égard de toutes les forces de l’OTAN. Jusqu’ici, les français sont bien identifiés et échappent à l’amalgame. Mais pour combien de temps ? Cette agressivité justifie le renforcement des mesures militaires qui sont à leur tour source de violence. Ce manque de discernement des américains, qui voient désormais en chaque afghan un insurgé en puissance est tragique. Il va devenir particulièrement difficile de faire comprendre aux afghans que nous sommes là pour leur protection quand chaque jour nous tuons leurs enfants… Nous tombons dans le piège des insurgés qui veulent faire de nous les ennemis du peuple que nous devons protéger. Ce piège nous éloigne chaque jour de la victoire des coeurs.

Il est temps pour les américains de redonner un contrôle politique à l’action de leurs militaires. En Afghanistan, le commandement américain est en train de nous faire perdre la guerre. Ni plus. Ni moins. Puissent les élections présidentielles redonner un sens politique à leur action.

Afghanistan, Kaboul J65 : Deux nuits terribles

Deux nuits terribles. C’était Verdun. Avant-hier, quatre frères arrivent en même temps. Tous les quatre blessés par arme blanche. Deux avec un hémothorax massif, dont un avec également des plaies abdominales pénétrantes. Tous les deux ont été opérés très rapidement. Deux thoracotomies d’hémostase en même temps … Je n’ai jamais vu cela en France. Un des deux est décédé en sortie de bloc, après une transfusion massive. Il était en collapsus à  l’arrivée et une hémoglobine à moins de 2 g. Le second s’en est mieux tiré. Il est aujourd’hui extubé et nous venons d’organiser un convoi pour l’emmener au Wazir Akbar Khan Hospital, un des hôpitaux civils de Kaboul. J’avais eu l’heureuse idée de prendre contact avec eux en leur rendant visite il y a deux semaines. Le problème majeur que nous avons rencontré a concerné le sang. Difficile de vider notre petite banque du sang, absence de plaquettes, et nombre limité de plasma cryodesséchés. Du coup, nous avons fait ce que nous ne faisons pas en France : prélèvement de sang sur un des deux frères peu blessés et transfusion immédiate. La journée avait commencé à 4 h du matin. Nous nous sommes couchés à 3h.

Hier, suite avec un ressortissant turc qui travaillait sur une citerne. Explosion de la citerne : l’homme a été projeté et est tombé de trois mètres sur la tête. Il nous est arrivé deux ou trois heures après. Hématome extra dural, sous dural et intra-cérébral. Embarrure et pneumencéphalie … Trépanation à la volée avec le matériel de base. Le patient est décédé.

Afghanistan, Kaboul J64 : Deux brulés par explosion

Cette nuit, accueil de
deux patients afghans brûlés dans l’accident de leur voiture. Images de
l’arrivée du patient et de la douche. Le plus grave des deux avait 35-40% de SC au
second et troisième degrés. Un médecin qui l’avait reçu à son poste de
secours lui avait fait deux incisions de décharge sur les deux jambes.
Beau geste… Utile ? Je ne sais pas. Bonne prise en charge de sédation
avec kétamine et morphine. En revanche, le patient était un peu vide.
PA 80 à l’arrivée. PA 120 après deux litres en deux heures. Ne jamais
oublier de remplir les brûlés ! Les deux blessés vont bien, toujours
sédatés. Sur la vidéo, on voit les premières minutes de la réanimation
du plus graves des deux patients, puis sa douche pour aider à retirer
la peau brûlée, puis les pansements. On aperçoit au second plan la
prise en charge du second patient, un peu moins grave. Ils ont été
finalement transférés le matin dans un hôpital de Kaboul. Nous ne
pouvons garder ces patients lourds car ils vont rester longtemps,
amputant ainsi nos pauvres capacités d’hospitalisation ! Le pronostic
de 35% de SC brûlée en Afghanistan ? Je préfère ne pas trop savoir.

Afghanistan, Kaboul J62 : Attentat à Kandahar

Hier en fin de journée et nuit, beaucoup de travail. Explosion d’un IED à Kandahar, la ville où les talibans sont particulièrement actifs. Parmi les blessés, de nombreux civils. Les américains et les britanniques ont donné les premiers soins sur place, puis ont rapidement fait appel à nous pour prendre en charge plusieurs victimes. Motivés par le nombre important de victimes, et certains témoignages signalant d’importantes concentrations de talibans dans le coin. Transferts par black hawk (ou hawck ?) jusqu’à chez nous. La soirée n’a été que ballet d’hélicoptères. Premier blessé par éclat, plaie pulmonaire miraculeuse : l’éclat est entré sous la clavicule droite et a été retrouvé sous la peau dans le dos, au niveau de D10. Pas de plaie vasculaire … Le second, un enfant, présentait une plaie pulmonaire. Les deux vont bien aujourd’hui. Et ont eu beaucoup de chance. Ce soir, il paraît que du coté de chez nous aussi, d’importants groupes de talibans ont été signalés.

Afghanistan, Kaboul J61 : Hervé Morin et Philippe Folliot à Kaboul

Visite_dputs_gmc_2

Visite éclair d’Hervé
Morin à Warehouse. Discours assez plat du ministre, mais peut-être
était-ce le fait de s’être levé à 4 heures du matin après avoir passé
la nuit dans une fob. Son emploi du temps ne lui a pas permis de
visiter le GMC, qu’il connaissait en fait déjà. Quelle ne fut pas ma
surprise de rencontrer, l’accompagnant, Philippe Folliot. J’ai connu
Philippe Folliot il y a 15 ans, alors que j’étais président de l’UJP.
Il était un des vice-présidents. A l’époque, Philippe était un
anticonformiste de la politique, qui n’hésitait pas à dénoncer les
archaïsmes du RPR dans son département. Je me souviens qu’il m’avait
fallu le défendre contre les instances du RPR qui voulaient l’exclure.
Il était alors maire de St Pierre de Trivisy. Il est aujourd’hui député
du Tarn. Comme dans Dumas mais avec 5 ans de moins, il est toujours le
même. Philippe venait rendre visite aux militaires du RPIMa de Castres,
ville dont il est élu. J’ai été content de le revoir, et il m’a fait
l’amitié de visiter notre hôpital militaire. J’oubliais qu’il est un
homme à connaître, puisque il est le rapporteur pour avis du budget du service de santé des armées …

Afghanistan, Kaboul J60 : Aide à la population

Ce week-end, nous nous sommes rendus à deux médecins, un dentiste, une infirmière et une aide soignante plus notre escorte, dans un village situé dans une vallée entre Kaboul et Bagram. Avant de partir, je suis ravi des consignes de sécurité du jour. Elles nous sont rappelées intelligemment par un sergent chef, qui appelle à la modération dans notre attitude vis-à-vis des afghans sur la route. Cela ait du bien. Nous partons. Une bonne heure de route sans encombre. Arrivée au village, installation chez le Malek, le maire. Photos de Massoud et des ancêtres dans la salle qui nous est prêtée. C’est le Malek qui a choisi ceux de ses concitoyens qui pourront venir nous voir. Pendant trois à quatre heures, interrompues une fois par le traditionnel thé, nous avons vu 150 à 200 personnes. Peut-être plus. Nous ne comptions plus, la fatigue aidant. Des douleurs de tout type. Des diarrhées et des otites chez les enfants. Des cataractes chez les vieillards. Des petits bobos. Des plaies des pieds. Des douleurs abdominales. Des céphalées. Des fatigues et des lassitudes. Bref, un riche cortège fonctionnel. Nos deux malles de médicaments ont été largement utilisées. Les prescriptions se faisaient par plaquettes complètes de paracétamol, d’AINS ou de Mopral…  Quelques antibiotiques et des solutions de réhydratation. Avons-nous médicalement servi à quelque chose … ? A quatre ou cinq patients, certainement. Aux autres ? Ils sont partis avec des médicaments … Et surtout, ils auront une bonne idée des français. Et peut-être si demain une patrouille ne se fait pas tirer dessus dans ce village, pourrons-nous penser que nous n’y sommes pas totalement étrangers… J’oubliais : la chaleur a fait partir une balle de mitrailleuse dans le village. Heureusement sans victime …  On ne rit pas, on respire et on se dit que finalement la journée a été assez bonne

Afghanistan, Kaboul J58 : Bêtisier et devoir de réserve

Chut, le devoir de réserve m’interdit de dire ce que tout le monde pense et écrit. Ce que même le chef de l’Etat a écrit dans le livre blanc : la France a préféré s’équiper de chars Leclerc contre le pacte de Varsovie qui n’existe plus, plutôt que de moyens aériens utiles contre un adversaire qui, lui, existe bien. Cette vidéo n’était pas préméditée ….

Afghanistan, Kaboul J55 : Caracal en Afghanistan : Kaboul-Kandahar-Kaboul

Rapide mission à Kandahar. Départ de Kaboul en Caracal, et retour par le même moyen. Nous sommes répartis dans les deux caracals. Vol à basse altitude tactique, les deux hélicoptères se suivant mais de façon décalée pour ne pas emprunter exactement le même chemin. Les hélicoptères sont protégés par deux mitrailleurs latéraux, les guneurs,et des commandos embarqués, assis sur les bords de l’appareil et chargés de protéger la zone d’atterrissage en cas de posé d’urgence. Les hélicoptères sont également protégés par leur type de vol, à basse altitude en collant le plus possible aux reliefs du sol : reliefs naturels (collines, arbres) et artificiels (maisons). Ils sont aussi protégés par les mesures de détection de tirs hostiles. Dans la vidéo, on comprend que ces mesures ont été déclenchées car on aperçoit les lancers de leurres, suivis d’une ascension très rapide de l’appareil pour se protéger d’autres tirs. Moments magnifiques au cours de ce vol. Ces hélicoptères sont utilisés pour les évacuations sanitaires, et peuvent l’être aussi pour des missions de combat. On passe sans cesse au dessus de troupeaux qui chaque fois s egayent par peur de nos appareils; Certains petits bergers nous jettent des pierres, d autres nous saluent… Peut etre les memes au fond. Ce pays est compliqué.

Afghanistan, Kaboul J54 : attaque des talibans contre un fortin américain

On en sait un peu plus sur les morts américains du week-end dernier.
Ce qui semble s’être passé ne correspond pas aux premières descriptions
faites par les premiers commentateurs.

Dimanche à 4h30 du matin, de très nombreux talibans, environ 200
selon le NY Times, ont attaqué un fortin situé dans l’ouest de la
province de Kunar près de la frontière avec le Pakistan. Ce fortin
était tenu par seulement 45 américains et 25 afghans de l’ANA. Le
combat qualifié de très violent a duré quatre heures pendant lesquelles
les talibans auraient tenté à plusieurs reprises d’investir la
position. Neuf américains ont été tués et au moins 15 blessés. Quatre
afghans de l’ANA ont été blessés.

Les forces américaines avaient commencé à s’installer la semaine
précédente dans ce fortin. Les défenses n’étaient pas toutes terminées,
selon un officiel. A tel point qu’en plusieurs endroits les soldats ont
du utiliser leurs véhicules comme remparts contre les tirs ennemis.

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Les insurgés avaient manifestement observé cette vulnérabilité
particulière de la position des américains et en ont profité en portant
leur attaque sur deux points en même temps, à l’ouest et au sud ouest
de l’enceinte de la position.

Plusieurs tirs de mortier et de grenades lancés depuis le hameau de Wanat,
un village éloigné de quelques centaines de mètres ont causé une partie
importante des victimes alliées. Les talibans avaient pris place tôt
dans la nuit dans les maisons, les échoppes et la mosquée, après avoir
fait partir les habitants. D’autres insurgés ont pu s’approcher de la
position américaine à la faveur de l’obscurité. « Quite clearly the wanted to overrun the outpost » a déclaré un officiel cité par un journaliste américain. Tamin Muristani,
ancien gouverneur de la région, a déclaré que plusieurs corps
d’insurgés avaient été retrouvés à l’intérieur de la position
fortifiée, témoignant que l’objectif de ceux-ci était bien d’investir
la base.

Une demande de soutien d’artillerie et par les hélicoptères aurait
été faite mais très peu de corps de talibans ont été retrouvés dans le
village.

Le nombre important d’assaillants, la faiblesse de la position,
l’effet de surprise expliquent le bilan particulièrement lourd de cette
attaque. Qui aurait bien sûr été plus lourd encore si la base avait été
investie.

Mais le plus important est que ce qui s’est passé témoigne d’une
modification des techniques de combat des talibans. Jusqu’ici, la
majorité de leurs attaques étaient réalisées à la roquette ou à l’IED,
visant particulièrement les convois ou les patrouilles. Les attaques
directes contre des positions alliées avec la volonté de mener un
assaut en masse et d’investir celles-ci sont donc tout à fait
inhabituelles. Après l’attaque de la prison de Kandahar, l’assaut du
week-end dernier est un fait suffisamment nouveau pour que je lui
consacre ici quelques lignes. La chute du fortin aurait été un
évènement médiatique majeur. Son attaque est déjà un évènement
politique majeur.

Les éléments rapportés ici peuvent être retrouvés dans le papier de
Carlotta Gall et Eric Schmitt, 15 juillet 2008, Boston.com, NY times
News Service « Taliban attack exploited weakness US defenses not fully in place ».

Afghanistan, Kaboul J53 : Quelles pathologies rencontrées ici à Warehouse, Kaboul ?

Afghanistan, Kaboul J52: Kaboul la nuit …

La nuit tombe vite à Kaboul. Vers 19h, il fait sombre. Le silence se fait aussi curieusement rapidement. Seul le vent et le muezzin se dégagent. Une certaine impression d’irréalité. Pas de bruit de fond. Kaboul n’est pas faite d’industries qui ronronnent de façon autonome. Quand les hommes s’endorment, le silence trouve une vraie place. Presque bruyante tellement l’absence de bruit tranche avec le murmure de la ruche humaine d’il y a quelques heures encore. Quelques morceaux de vie. MG, infirmière du GMC, vient gouter le silence. Je semble déranger. Et puis je n’avais pas encore présenté Jean-Philippe, chat afghan pur race de gouttière locale : la mascotte du GMC.

BFM TV : Reportage sur mes premiers jours à Kaboul


BFM TV
envoyé par juvin

Un journaliste de BFM TV m’a suivi durant mes premiers jours au camp.

Afghanistan, Kaboul J49 : Ambassade de France et HQ-ISAF

Aujourd’hui mission dans Kaboul à

l’ambassade de France et à l’HQ-ISAF. Il ne faut pas le répéter mais
nous avons profité de la virée pour aller déjeuner américain (cheese
burger, frites et glaces … délicieux malgré les 40°C) et écumer un
marché kabouli. Le marché est le seul endroit où il n’est pas
obligatoire de saluer un supérieur, comme en témoigne une des
photographies (no salute area). De l’adaptation des règlements à
l’hôtel de la consommation ! Mais le plus rejouissant est le spectacle
exotique de tous ces hommes qui font leur marché en armes, comme au far
west ! Et pourtant, lagré leurs pistolets et fusils, ils négocient (loi
y compris) à l euro pr^et…. Comme quoi, la loi du plus fort n est pas
toujours la meilleure ! Ou plus exactement, l arme, heureusement !, ne
facilite pas la discussion ! celle-ci reste toujours ardue mais fait
bien sur partie du jeu. Quelques autres images de la journée, et
quelques vidéos du voyage, en particulier faites depuis la voiture.
Plusieurs fois, un des marsouins situés à bord a du ouvrir sa portière
pour bloquer un véhicule qui nous collait un peu trop. Les afghans, qui
connaissent pourtant nos conditions de sécurité quand nous sommes en
convoi, et les risques qu’ils prennent à les transgresser, sont
décidément très joueurs.

Afghanistan, Kaboul J48 : Warehouse, Kabul

On m’interrogeait sur la formation spécifique que j’avais suivie avant de partir en Afghanistan… Et sur le moral des soldats présents. Réponses dans cette interview SIRPA.

Afghanistan, Kaboul J47 : appel à mes lecteurs

Départ de Warehouse tôt le matin. Deux voitures banalisées blindées. Direction l’ Ibn Sina Emergency hospital, qui est le plus centre de traumatologie afghan. Discussion avec les médecins. Et Visite. Une réanimation sans appareil de réanimation. Des malades dans des lits, soignés par des gens plus que dévoués, mais sans médicament ni matériel. Au bloc opératoire, les infirmiers me demandent si je sais faire fonctionner leur machine d’anesthésie. Je m’y essaie. Pour une, j’y parviens. Pour l’autre, non. Je pense qu’il faut déjà y brancher de l’oxygène sous pression. Qu’ils n’ont pas. Mais ils n’ont pas non plus le livret du fabricant. Je leur promets d’essayer de trouver ça sur internet. Aux lecteurs de cette note : pouvez-vous faire sur Google la recherche de ce livret pour moi ? L’appareil est sud coréen, et est de marque KOICA ? Sont inscrits à sa face antérieure les mots suivants : Royal 77, Anesthesia machine. Merci d’avance

Afghanistan, Kaboul J46 : Ambassade de l’Inde ce matin

Ce matin, je suis passé devant l’ambassade d’Inde qui a été la cible de
l’attentat d’hier. Comme on peut l’observer ici, rien ne reste du
bâtiment ancien. Témoignage de la violence de l’explosion. A la fin de
la courte vidéo, notez les prisonniers de droit commun en combinaison
orange, chargés du nettoyage. On les observe un peu partout en ville et
font office de cantonniers. Les cinq blessés de l’explosion que nous
avons pris en charge vont bien.

Afghanistan, Kaboul J45 : Waterloo par Stendhal

Revenons un moment sur l’attentat d’hier à Kaboul. Le hasard fit qu’au même moment, je me rendais à l’aéroport. Le hasard fit aussi que les chauffeurs se trompèrent de chemin et entrèrent dans Kaboul au moment de l’explosion. Nous étions probablement à quelques centaines de mètres de l’endroit où le suicide bomber s’est fait sauté. Or ce n’est que deux heures plus tard, en rentrant au camp, que j’appris l’attentat qui était déjà sur toutes les ondes françaises. Cela confirme la description de Waterloo par Stendhal : son héros bat la campagne belge durant toute la journée, et ne sait toujours pas dans la soirée s’il y a eu bataille ni qui l’a gagnée. Autrement dit, quand on est dans l’action, on ne voit rien. Alors, en contrepartie, quelques images de Kaboul prises de notre voiture. Les conditions locales m’interdisent d’ouvrir la fenêtre, ce qui explique le caractère « brumeux » de certaines images. Observez les beaux visages et les morceaux de vie.

Afghanistan, Kaboul J44 : attentat contre l’ambassade de l’Inde

Ce matin vers 8h30,

attentat contre l’ambassade de l’Inde dans Kaboul. Les blessés ont été
amenés à l’ANA hospital et là, ont été triés par un médecin américain,
semble-t-il. Il nous en a été adressé cinq. Dont deux gravement
blessés, polycriblés ave des lésions abdominales et orthopédiques. Un
des deux avait un garrot sur la fémorale gauche. A 19h, les deux
patients sont sortis du bloc, dans un état plutôt satisfaisant. Du
coup, l’exercice qui était prévu depuis hier d’une simulation d’un
afflux massif de patients a été annulé… La journée a été longue et
fatigante, d’autant qu’elle faisait suite à une nuit agitée qui avait
curieusement commencé. L’histoire est la suivante : hier après-midi, je
m’étais rendu dans un hôpital afghan civil comme je le fais
régulièrement (voir vidéo). Le but de ces visites est d’enquêter sur
les capacités sanitaires de Kaboul, et de faire remonter au
commandement quelques informations que je pourrais glaner. J’ajoute que
ces visites me permettent aussi des échanges intéressants sur la
situation afghane avec mes homologues locaux. Le directeur de l’hôpital
où je me trouvais me faisait donc visiter la salle de réveil. Et quelle
surprise d’y découvrir une patiente canadienne qui s’y trouvait
hospitalisée. Elle m’expliquait alors qu’elle était d’origine afghane
et qu’elle passait ses vacances à Kaboul. En guise de vacances, elle
avait été hospitalisée le matin pour une suspicion de péritonite. Le
directeur, qui était aussi chirurgien, m’informa qu’il allait
 »probablement » l’opérer. Le facies de la dame et deux ou trois signes
me faisaient penser que le plus tôt serait probablement le mieux …
D’ailleurs, en la quittant, je ne pus m’empêcher de lui souhaiter un
« good luck » peu déontologique que je regrettais déjà alors que je le
prononçais. Je laisse donc la canadienne à son sort et quitte
l’hôpital. Retour au GMC. Deux heures plus tard, A., l’infirmière,
vient me chercher. Une voiture civile était devant le GMC avec une
patiente à bord… Devinez qui . Ma canadienne. M’a-t-elle suivi ? Le
hasard ? Il faudra que je lui demande. Bref, la voilà amenée par son
mari et des amis qui ont réussi à entrer dans le camp grâce à leurs
papiers de « contractors », ces mercenaires employés par ces sociétés
privées de protection qui pullulent ici. Cette patiente de 30 ans est
alors opérée dans la nuit. Heureusement car elle présentait une nécrose
du grêle par embole d’origine mitral. Elle avait été opérée d’une valve
mécanique quelques années avant. Vingt-quatre heures plus tard, elle va
plutôt bien. J’attends que le vice-consul du Canada me rappelle pour
organiser un rapatriement rapide. Dernier point : c’était hier
l’anniversaire du caporal chef Lulu : le directeur de l’hôpital lui a
donc offert une rose. Voilà le pourquoi de la dernière photographie de
la vidéo.

A quoi sert le service de santé des armées ?

C’est une tradition française que de soigner ses soldats, mais également les civils et victimes des pays en guerre où la France intervient. L’image de la France n’en est que meilleure à l’étranger. Elle dépasse son poids réel en ce sens où la France, de par sa taille, est un pays moyen, mais reste aujourd’hui connsidérée comme une grande nation.