Article Le Figaro : « Syrie : comme un air d’Afghanistan… » par Adrien Jaulmes

LE FIGARO – ARTICLE DU 20 OCTOBRE 2015 : « SYRIE: COMME UN AIR D’AFGHANISTAN » PAR ADRIEN JAULMES

DÉCRYPTAGE – Depuis l’intervention de Moscou, le conflit syrien présente plusieurs analogies troublantes avec la guerre qui se déroula dans les années 1980.

LA RUSSIE, engagée aux côtés d’une dictature dans une guerre civile brutale contre une guérilla d’obédience largement islamiste soutenue par des armes américaines livrées par l’intermédiaire de monarchies du Golfe : depuis l’intervention de Moscou, le conflit syrien présente un certain nombre d’analogies troublantes avec la guerre d’Afghanistan dans les années 1980.
À l’entrée en guerre de l’aviation russe ont répondu les livraisons massives de missiles antichars TOW par l’Arabie saoudite et le Qatar. Le plan de la CIA consiste à fournir aux rebelles des armes suffisamment puissantes pour leur permettre de tenir en échec l’armée régulière et forcer Bachar el-Assad à accepter un compromis, mais pas suffisamment pour leur permettre de prendre le pouvoir à Damas. Il rappelle la décision américaine de livrer des missiles antiaériens Stinger à la résistance afghane à partir de 1986, qui avait fait perdre la maîtrise du ciel aux Soviétiques, et précipité la fin de leur intervention.
À l’époque, le retrait russe n’avait pas permis l’émergence d’un pouvoir démocratique à Kaboul. Au contraire, le régime communiste afghan s’était maintenu trois ans contre une rébellion désunie, avant de s’effondrer, emportant avec lui l’État afghan, et précipitant une guerre civile qui avait abouti à la domination des talibans.
En Syrie, les armes antichars ont permis à la rébellion de percer dans le nord-ouest du pays. L’aviation russe, entrée massivement en action, a permis à l’armée syrienne de reprendre l’offensive. Les rebelles, eux, réclament des armes antiaériennes. L’aviation reste le principal atout de Bachar el-Assad. Ses bombardements de terreur contre les villes passées à la rébellion sont l’une des principales raisons de l’exode massif des populations civiles et de la radicalisation du soulèvement, et servent aux djihadistes à justifier tous leurs excès. Ni la création d’une zone d’interdiction de vol ni la livraison d’armes antiaériennes n’ont été encore décidées.

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