Afghanistan, Kaboul J44 : attentat contre l’ambassade de l’Inde

Ce matin vers 8h30,

attentat contre l’ambassade de l’Inde dans Kaboul. Les blessés ont été
amenés à l’ANA hospital et là, ont été triés par un médecin américain,
semble-t-il. Il nous en a été adressé cinq. Dont deux gravement
blessés, polycriblés ave des lésions abdominales et orthopédiques. Un
des deux avait un garrot sur la fémorale gauche. A 19h, les deux
patients sont sortis du bloc, dans un état plutôt satisfaisant. Du
coup, l’exercice qui était prévu depuis hier d’une simulation d’un
afflux massif de patients a été annulé… La journée a été longue et
fatigante, d’autant qu’elle faisait suite à une nuit agitée qui avait
curieusement commencé. L’histoire est la suivante : hier après-midi, je
m’étais rendu dans un hôpital afghan civil comme je le fais
régulièrement (voir vidéo). Le but de ces visites est d’enquêter sur
les capacités sanitaires de Kaboul, et de faire remonter au
commandement quelques informations que je pourrais glaner. J’ajoute que
ces visites me permettent aussi des échanges intéressants sur la
situation afghane avec mes homologues locaux. Le directeur de l’hôpital
où je me trouvais me faisait donc visiter la salle de réveil. Et quelle
surprise d’y découvrir une patiente canadienne qui s’y trouvait
hospitalisée. Elle m’expliquait alors qu’elle était d’origine afghane
et qu’elle passait ses vacances à Kaboul. En guise de vacances, elle
avait été hospitalisée le matin pour une suspicion de péritonite. Le
directeur, qui était aussi chirurgien, m’informa qu’il allait
 »probablement » l’opérer. Le facies de la dame et deux ou trois signes
me faisaient penser que le plus tôt serait probablement le mieux …
D’ailleurs, en la quittant, je ne pus m’empêcher de lui souhaiter un
« good luck » peu déontologique que je regrettais déjà alors que je le
prononçais. Je laisse donc la canadienne à son sort et quitte
l’hôpital. Retour au GMC. Deux heures plus tard, A., l’infirmière,
vient me chercher. Une voiture civile était devant le GMC avec une
patiente à bord… Devinez qui . Ma canadienne. M’a-t-elle suivi ? Le
hasard ? Il faudra que je lui demande. Bref, la voilà amenée par son
mari et des amis qui ont réussi à entrer dans le camp grâce à leurs
papiers de « contractors », ces mercenaires employés par ces sociétés
privées de protection qui pullulent ici. Cette patiente de 30 ans est
alors opérée dans la nuit. Heureusement car elle présentait une nécrose
du grêle par embole d’origine mitral. Elle avait été opérée d’une valve
mécanique quelques années avant. Vingt-quatre heures plus tard, elle va
plutôt bien. J’attends que le vice-consul du Canada me rappelle pour
organiser un rapatriement rapide. Dernier point : c’était hier
l’anniversaire du caporal chef Lulu : le directeur de l’hôpital lui a
donc offert une rose. Voilà le pourquoi de la dernière photographie de
la vidéo.