A lire absolument : une claque de culture et d’intelligence pour les amoureux de l’Europe.

Discours à la nation européenne, Julien Benda (le livre en version PDF)
« D’aucuns (i.e. Gide) vous ont prêché : C’est en étant le plus nationale qu’une œuvre sert le mieux l’universel.  Quoi de plus espagnol que Cervantes, de plus anglais que Shakespeare, de plus italien que Dante, de plus français que Voltaire ou Montaigne, que Descartes ou que Pascal… ; et quoi de plus universel lement humain que ceux‑là ? » — D’abord, est‑il bien sûr que tel écrivain de terroir et de renommée étroitement locale ne soit pas plus proprement fran çais que Pascal, plus proprement anglais que Sha kespeare, plus proprement espagnol que Cervantes ? Mais surtout, est‑il vrai que ce soit en étant nationaux que ces maîtres ont servi l’universel ? Non. Ils ont servi l’universel, parce qu’ils ont prêché l’uni versel, parce qu’ils ont parlé dans l’universel. S’ils avaient prêché le national, ils eussent eu beau être les plus nationaux des écrivains, ils eussent servi le national, et non l’universel. Treitschke et Barrès étaient éminemment nationaux ; ils n’ont nullement servi l’universel. Érasme et Spinoza l’ont servi, et n’avaient pas de nation. »

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